Misez sur le développement des opérateurs alternatifs

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AFONE
Le parcours boursier d'Afone, opérateur alternatif basé à Angers, est d'ores et déjà hors du commun, avec une progression de près de 227 % depuis la fin août 2004. Mais ce n'est sans doute pas fini, et il n'est pas encore trop tard pour se positionner sur le titre, compte tenu des projets de développement du groupe.
Créé en 1997, Afone se focalisait à l'origine sur la gestion des appels entrants des entreprises, notamment par le biais de numéros non géographiques débutant par 06 ou 08. Le groupe ne souhaitait alors pas se doter d'un réseau physique, dont la construction est trop gourmande en capitaux. Puis, fin 2003, Afone a commencé à s'intéresser aux communications sortantes, un marché d'une taille bien plus importante. C'est pourquoi la société a obtenu, en décembre 2004, une licence d'opérateur physique de télécommunications, qui lui permet de sécuriser des droits de passage sur des réseaux tiers (comme ceux de France Télécom ou de Completel). A l'issue d'une réflexion entamée par ses dirigeants pour identifier des sources de valeur ajoutée afin de s'immiscer sur ce marché des appels sortants avec un avantage concurrentiel, trois niches porteuses ont été répérées : la monétique, la sécurité/surveillance, toutes deux fortement consommatrices de communications, et les standards téléphoniques PABX (autocommutateurs). Ce qui a débouché sur plusieurs acquisitions, dont la société Cartes & Services en 2004, qui gère près de 30 % des terminaux de paiement pour cartes bancaires en France.
Cette stratégie d'acquisitions de sociétés oeuvrant sur des niches de marché citées plus haut est loin d'être achevée. Une dizaine de dossiers sont actuellement à l'étude.
C'est la raison pour laquelle Afone vient de lever 39 millions d'euros par le biais d'une augmentation de capital, après un premier appel au marché de 9,1 millions réalisé en janvier dernier. La participation des deux associés-fondateurs, Philip Fournier (président) et Eric Durand-Gasselin (directeur général), réduite de 62 % à 52 %, le flottant a par la même occasion été élargi à 49 % du capital. Afone possède donc désormais de quoi alimenter une croissance très dynamique et rentable. De 36 millions d'euros en 2004, ses ventes devraient atteindre 90 à 100 millions en 2005, grâce aux acquisitions réalisées l'année dernière.
Quant au résultat net, il devrait s'élever à près de 4 millions d'euros à l'issue de l'exercice en cours (contre 1,263 million en 2004). L'objectif pour 2006 est de dépasser 10 millions d'euros de résultat net, et de gagner 40.000 nouveaux clients dès cette année. Et, grâce aux levées de fonds successives, Afone affiche une structure financière particulièrement saine, avec des fonds propres renforcés à 55 millions d'euros, pour une dette nette qui n'excédait pas 6 millions au 31 décembre 2004.
> COMPLETEL Un ambitieux plan de développement
Après avoir confirmé son redressement et enfin généré des liquidités supérieures à ses besoins au cours du quatrième trimestre 2004 et des premiers mois de cette année, Completel Europe va de nouveau consommer de la trésorerie à partir du second semestre 2005, et ce pour une période de deux ans. Mais c'est pour la bonne cause. L'opérateur alternatif de télécommunications des entreprises, de droit néerlandais, a en effet mis sur pied un ambitieux plan de développement qui devra lui permettre, s'il atteint ses objectifs, de multiplier par trois son chiffre d'affaires au cours des cinq prochaines années.
Aujourd'hui présent dans neuf villes de France, Completel va déployer son réseau de fibres optiques dans pas moins de 80 communes, soit par rachat de réseaux existants, soit par la construction de nouveaux. Il va ainsi devenir un véritable opérateur national, et rejoindre dans cette catégorie France Télécom et l'opérateur issu de la fusion Cegetel/Neuf Télécom. « Nous prévoyions initialement, en rythme annuel, un chiffre d'affaires d'environ 180 millions d'euros, ce qui représente 7 % de notre marché adressable actuel. Nous voulons conserver cette part, mais sur un marché adressable dont la taille sera multipliée par trois après la mise en oeuvre de notre plan de développement », explique Alexandre Westphalen, directeur financier de Completel.
A l'issue du déploiement de son réseau, l'opérateur couvrira en effet 75 % du marché français, ce qui signifie que son marché adressable passera de 2 milliards à 6 milliards d'euros.
Bien entendu, ce développement à marche forcée a un coût. Completel va ainsi investir 84 millions d'euros dans l'extension de son réseau et l'accès aux sites de dégroupage (qui permettent de faire transiter la voix sur l'Internet), et 15 à 20 millions dans le développement de nouveaux produits destinés à sa clientèle d'entreprises.
C'est pourquoi le groupe vient de lever des fonds auprès d'investisseurs institutionnels : 40 millions d'euros par le biais d'une augmentation de capital (qui a permis de porter le flottant à 47 %, contre 40 % auparavant) et 80 millions sous forme d'emprunt.
Le montant total de l'opération, de 120 millions, qui excède les besoins immédiats de Completel, laisse une marge de manoeuvre financière au groupe en cas de besoin. « L'augmentation de capital a été effectuée sans décote, au prix du marché, ce qui illustre la confiance des investisseurs dans notre projet », souligne Alexandre Westphalen. D'autant qu'à l'issue de cette levée de fonds le ratio dette nette sur fonds propres n'excède pas aujourd'hui 12,5 %, ce qui semble tout à fait raisonnable au regard des perspectives de croissance et de retour, dans deux ans, à la génération de flux de trésorerie positifs.
D'ailleurs, Completel semble bel et bien engagé dans une dynamique vertueuse, puisque les résultats semestriels publiés la semaine dernière font apparaître un chiffre d'affaires de 91,527 millions d'euros en hausse de 18,5 %, avec un excédent brut d'exploitation de 25,9 millions d'euros, qui a progressé de 21 %. Du coup, la perte opérationnelle (après amortissements), de 1,089 million d'euros, a été divisée par 6, et la perte nette, de 764.000 euros, par 8.
> PHONE SYSTEMS & NETWORK Le spécialiste des communications Nord/Sud
Face aux géants des télécommunications comme France Télécom, à la force de frappe et aux possibilités d'investissement gigantesques, mieux vaut opter pour une stratégie de niche pour tirer son épingle du jeu lorsque l'on est un petit opérateur alternatif. C'est ce qu'a fait Phone Systems & Network, qui s'est focalisé sur les télécommunications sur l'axe Nord/Sud, principalement entre l'Europe et l'Afrique. La société est donc le fournisseur exclusif de 400 téléboutiques en France, où les clients viennent téléphoner, et de 100 téléboutiques en Afrique (essentiellement subsaharienne).
Mais, depuis deux ans, Phone Systems s'est axé sur la technologie de voix sur IP (par Internet), qui constitue désormais le pivot de sa stratégie. Le groupe a d'ailleurs conclu l'année dernière un partenariat avec Linksys, une filiale de Cisco, équipementier américain de télécommunications, pour exploiter une technologie permettant de transformer un téléphone classique en téléphone IP. Phone Systems vise ainsi les particuliers, mais aussi les petites entreprises (notamment celles du Sud). Ces dernières devraient d'ailleurs se voir proposer, à la fin de l'année, une offre fondée sur l'IP Centrex, qui remplace le standard téléphonique classique, dont les fonctionnalités sont alors gérées sur Internet. Phone Systems compte développer sa propre solution afin de pouvoir convertir la quasi-totalité du chiffre d'affaires généré par cette offre en marge pure.
C'est pourquoi, sur 30 salariés, la société compte 15 ingénieurs et techniciens. Jusqu'à présent, la croissance de Phone Systems était totalement autofinancée. En 2004, ses ventes se sont envolées de 116 % pour atteindre 11,936 millions d'euros, générant un résultat net de 261.000 euros.
Mais le groupe compte aujourd'hui, pour faire face à la concurrence, privilégier les investissements à la croissance et à la rentabilité immédiates. Le chiffre d'affaires devrait donc afficher en 2005 une moindre progression, et le résultat net sera tout juste à l'équilibre ou en légère perte. Cependant, avec une trésorerie nette comprise entre 0,5 et 1 million d'euros et des fonds propres de 0,6 million, Phone Systems a largement de quoi voir venir.
> NORMACTION L'alliance des télécommunications et de la sécurité informatique pour les PME
Trêve estivale et attentats de Londres obligent, Normaction n'a pu s'introduire sur Alternext en juillet dernier, et a dû se contenter d'une inscription a minima sur le Marché Libre, son président ayant cédé 5.315 actions au prix unitaire de 7,15 euros.
Pourtant, les résultats semestriels de ce petit opérateur, qui propose à ses clients (des PME) une solution globale de télécommunications, d'installation et de maintenance de centraux téléphoniques et de sécurité informatique, montrent la pertinence de son modèle de développement. Ses ventes ont en effet bondi de 90 %, pour atteindre 3,75 millions d'euros.
Normaction prévoit un chiffre d'affaires de 8,23 millions d'euros en 2005 et un résultat net de 0,66 million. La dette nette ne devrait pas dépasser 45 % des fonds propres à l'issue de l'exercice en cours.
> AFONE Une croissance très dynamique et rentable
Le parcours boursier d'Afone, opérateur alternatif basé à Angers, est d'ores et déjà hors du commun, avec une progression de près de 227 % depuis la fin août 2004. Mais ce n'est sans doute pas fini, et il n'est pas encore trop tard pour se positionner sur le titre, compte tenu des projets de développement du groupe.
Créé en 1997, Afone se focalisait à l'origine sur la gestion des appels entrants des entreprises, notamment par le biais de numéros non géographiques débutant par 06 ou 08. Le groupe ne souhaitait alors pas se doter d'un réseau physique, dont la construction est trop gourmande en capitaux. Puis, fin 2003, Afone a commencé à s'intéresser aux communications sortantes, un marché d'une taille bien plus importante. C'est pourquoi la société a obtenu, en décembre 2004, une licence d'opérateur physique de télécommunications, qui lui permet de sécuriser des droits de passage sur des réseaux tiers (comme ceux de France Télécom ou de Completel). A l'issue d'une réflexion entamée par ses dirigeants pour identifier des sources de valeur ajoutée afin de s'immiscer sur ce marché des appels sortants avec un avantage concurrentiel, trois niches porteuses ont été répérées : la monétique, la sécurité/surveillance, toutes deux fortement consommatrices de communications, et les standards téléphoniques PABX (autocommutateurs). Ce qui a débouché sur plusieurs acquisitions, dont la société Cartes & Services en 2004, qui gère près de 30 % des terminaux de paiement pour cartes bancaires en France.
Cette stratégie d'acquisitions de sociétés oeuvrant sur des niches de marché citées plus haut est loin d'être achevée. Une dizaine de dossiers sont actuellement à l'étude.
C'est la raison pour laquelle Afone vient de lever 39 millions d'euros par le biais d'une augmentation de capital, après un premier appel au marché de 9,1 millions réalisé en janvier dernier. La participation des deux associés-fondateurs, Philip Fournier (président) et Eric Durand-Gasselin (directeur général), réduite de 62 % à 52 %, le flottant a par la même occasion été élargi à 49 % du capital. Afone possède donc désormais de quoi alimenter une croissance très dynamique et rentable. De 36 millions d'euros en 2004, ses ventes devraient atteindre 90 à 100 millions en 2005, grâce aux acquisitions réalisées l'année dernière.
Quant au résultat net, il devrait s'élever à près de 4 millions d'euros à l'issue de l'exercice en cours (contre 1,263 million en 2004). L'objectif pour 2006 est de dépasser 10 millions d'euros de résultat net, et de gagner 40.000 nouveaux clients dès cette année. Et, grâce aux levées de fonds successives, Afone affiche une structure financière particulièrement saine, avec des fonds propres renforcés à 55 millions d'euros, pour une dette nette qui n'excédait pas 6 millions au 31 décembre 2004.
> COMPLETEL Un ambitieux plan de développement
Après avoir confirmé son redressement et enfin généré des liquidités supérieures à ses besoins au cours du quatrième trimestre 2004 et des premiers mois de cette année, Completel Europe va de nouveau consommer de la trésorerie à partir du second semestre 2005, et ce pour une période de deux ans. Mais c'est pour la bonne cause. L'opérateur alternatif de télécommunications des entreprises, de droit néerlandais, a en effet mis sur pied un ambitieux plan de développement qui devra lui permettre, s'il atteint ses objectifs, de multiplier par trois son chiffre d'affaires au cours des cinq prochaines années.
Aujourd'hui présent dans neuf villes de France, Completel va déployer son réseau de fibres optiques dans pas moins de 80 communes, soit par rachat de réseaux existants, soit par la construction de nouveaux. Il va ainsi devenir un véritable opérateur national, et rejoindre dans cette catégorie France Télécom et l'opérateur issu de la fusion Cegetel/Neuf Télécom. « Nous prévoyions initialement, en rythme annuel, un chiffre d'affaires d'environ 180 millions d'euros, ce qui représente 7 % de notre marché adressable actuel. Nous voulons conserver cette part, mais sur un marché adressable dont la taille sera multipliée par trois après la mise en oeuvre de notre plan de développement », explique Alexandre Westphalen, directeur financier de Completel.
A l'issue du déploiement de son réseau, l'opérateur couvrira en effet 75 % du marché français, ce qui signifie que son marché adressable passera de 2 milliards à 6 milliards d'euros.
Bien entendu, ce développement à marche forcée a un coût. Completel va ainsi investir 84 millions d'euros dans l'extension de son réseau et l'accès aux sites de dégroupage (qui permettent de faire transiter la voix sur l'Internet), et 15 à 20 millions dans le développement de nouveaux produits destinés à sa clientèle d'entreprises.
C'est pourquoi le groupe vient de lever des fonds auprès d'investisseurs institutionnels : 40 millions d'euros par le biais d'une augmentation de capital (qui a permis de porter le flottant à 47 %, contre 40 % auparavant) et 80 millions sous forme d'emprunt.
Le montant total de l'opération, de 120 millions, qui excède les besoins immédiats de Completel, laisse une marge de manoeuvre financière au groupe en cas de besoin. « L'augmentation de capital a été effectuée sans décote, au prix du marché, ce qui illustre la confiance des investisseurs dans notre projet », souligne Alexandre Westphalen. D'autant qu'à l'issue de cette levée de fonds le ratio dette nette sur fonds propres n'excède pas aujourd'hui 12,5 %, ce qui semble tout à fait raisonnable au regard des perspectives de croissance et de retour, dans deux ans, à la génération de flux de trésorerie positifs.
D'ailleurs, Completel semble bel et bien engagé dans une dynamique vertueuse, puisque les résultats semestriels publiés la semaine dernière font apparaître un chiffre d'affaires de 91,527 millions d'euros en hausse de 18,5 %, avec un excédent brut d'exploitation de 25,9 millions d'euros, qui a progressé de 21 %. Du coup, la perte opérationnelle (après amortissements), de 1,089 million d'euros, a été divisée par 6, et la perte nette, de 764.000 euros, par 8.
> PHONE SYSTEMS & NETWORK Le spécialiste des communications Nord/Sud
Face aux géants des télécommunications comme France Télécom, à la force de frappe et aux possibilités d'investissement gigantesques, mieux vaut opter pour une stratégie de niche pour tirer son épingle du jeu lorsque l'on est un petit opérateur alternatif. C'est ce qu'a fait Phone Systems & Network, qui s'est focalisé sur les télécommunications sur l'axe Nord/Sud, principalement entre l'Europe et l'Afrique. La société est donc le fournisseur exclusif de 400 téléboutiques en France, où les clients viennent téléphoner, et de 100 téléboutiques en Afrique (essentiellement subsaharienne).
Mais, depuis deux ans, Phone Systems s'est axé sur la technologie de voix sur IP (par Internet), qui constitue désormais le pivot de sa stratégie. Le groupe a d'ailleurs conclu l'année dernière un partenariat avec Linksys, une filiale de Cisco, équipementier américain de télécommunications, pour exploiter une technologie permettant de transformer un téléphone classique en téléphone IP. Phone Systems vise ainsi les particuliers, mais aussi les petites entreprises (notamment celles du Sud). Ces dernières devraient d'ailleurs se voir proposer, à la fin de l'année, une offre fondée sur l'IP Centrex, qui remplace le standard téléphonique classique, dont les fonctionnalités sont alors gérées sur Internet. Phone Systems compte développer sa propre solution afin de pouvoir convertir la quasi-totalité du chiffre d'affaires généré par cette offre en marge pure.
C'est pourquoi, sur 30 salariés, la société compte 15 ingénieurs et techniciens. Jusqu'à présent, la croissance de Phone Systems était totalement autofinancée. En 2004, ses ventes se sont envolées de 116 % pour atteindre 11,936 millions d'euros, générant un résultat net de 261.000 euros.
Mais le groupe compte aujourd'hui, pour faire face à la concurrence, privilégier les investissements à la croissance et à la rentabilité immédiates. Le chiffre d'affaires devrait donc afficher en 2005 une moindre progression, et le résultat net sera tout juste à l'équilibre ou en légère perte. Cependant, avec une trésorerie nette comprise entre 0,5 et 1 million d'euros et des fonds propres de 0,6 million, Phone Systems a largement de quoi voir venir.
> NORMACTION L'alliance des télécommunications et de la sécurité informatique pour les PME
Trêve estivale et attentats de Londres obligent, Normaction n'a pu s'introduire sur Alternext en juillet dernier, et a dû se contenter d'une inscription a minima sur le Marché Libre, son président ayant cédé 5.315 actions au prix unitaire de 7,15 euros.
Pourtant, les résultats semestriels de ce petit opérateur, qui propose à ses clients (des PME) une solution globale de télécommunications, d'installation et de maintenance de centraux téléphoniques et de sécurité informatique, montrent la pertinence de son modèle de développement. Ses ventes ont en effet bondi de 90 %, pour atteindre 3,75 millions d'euros.
Normaction prévoit un chiffre d'affaires de 8,23 millions d'euros en 2005 et un résultat net de 0,66 million. La dette nette ne devrait pas dépasser 45 % des fonds propres à l'issue de l'exercice en cours.
