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Le CAC 40 prend la route des 4.500 points

23/07/2005 00:00 - JDF

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Rien ne semble en mesure d'inverser le courant acheteur à la Bourse de Paris, dont l'indice de référence a franchi, cette semaine, la barre de 4.400 points pour la première fois depuis mai 2002. Pas même la vague d'attentats qui a sévi à deux reprises à Londres, ni le maintien à des niveaux très élevés du prix du baril de pétrole, dont l'impact sur les coûts des sociétés n'est pourtant pas neutre. Il faut dire qu'en dépit d'une croissance molle en Europe les entreprises, désormais restructurées et focalisées sur les cash-flows, continuent de délivrer de bonnes performances. Les résultats semestriels que publieront des groupes comme Renault, EADS, Publicis, France Télécom, ou encore Saint-Gobain, la semaine prochaine, devraient en témoigner.

Deuxième argument en faveur des actions : la faiblesse historique des taux d'intérêt et, par conséquent, de la rémunération des placements monétaires, qui incite les investisseurs à se détourner du marché obligataire pour accroître leurs positions sur les actions, ainsi que sur l'immobilier. L'abaissement à 2 % de la rémunération du Livret A en France, à partir du 1er août, devrait à cet égard provoquer de nouveaux arbitrages.

Troisième moteur de la progression des cours, la recrudescence des opérations de fusion-acquisition de part et d'autre de l'Atlantique. Au cours de la seule dernière semaine, on a ainsi vu l'empire Taittinger basculer dans le giron du fonds Starwood Capital, tandis que France Télécom est parti à l'assaut du troisième opérateur téléphonique espagnol Amena, pour 10 milliards d'euros, et que Saint-Gobain s'est montré très intéressé par le rachat du leader mondial de la plaque de plâtre, BPB. Pendant ce temps, Danone tentait le tout pour le tout pour organiser sa défense face à un éventuel raid du géant américain Pepsi-Co. Autant de manoeuvres qui devraient entretenir la spéculation au cours des prochaines semaines.

Pour clore le tout, le contexte monétaire, marqué par le rebond du dollar par rapport à l'euro, est clairement redevenu favorable aux valeurs européennes. Mais la décision des autorités chinoises de réévaluer le yuan par rapport au dollar est peut-être encore plus lourde de conséquences. L'ajustement est symbolique dans un premier temps, puisque la monnaie chinoise, qui sera désormais rattachée à un panier de devises, avec le dollar pour pivot, ne s'est appréciée que de 2,1 % par rapport au billet vert. Mais il ne fait aucun doute que cette décision se traduira à terme par une réévaluation plus significative du yuan. Les experts de Goldman Sachs tablent ainsi sur un affaiblissement de 10 % du dollar par rapport au yuan d'ici un an. Voilà qui devrait entretenir la vigueur de la croissance américaine et favoriser toutes les sociétés exposées à la demande intérieure chinoise. C'est le cas de celles des secteurs de la consommation (Pernod Ricard, Danone, Rémy Cointreau) et surtout du luxe (LVMH, Hermès), secteur où les sociétés produisent essentiellement avec des coûts en euros. Notons également que l'appréciation du yuan devrait alléger la facture « matières premières » des industriels chinois. En conséquence, la demande pour les produits de base pourrait augmenter et favoriser des producteurs comme BHP Billiton, Rio Tinto ou encore Eramet.

Reste à savoir si, après une hausse de près de 16 % depuis le début de l'année, les valeurs cotées à Paris ne sont pas devenues trop chères et si le marché n'est pas en train de connaître les mêmes excès qu'au moment de la bulle spéculative de la fin des années 1990. Tel ne semble pas être le cas aujourd'hui, ce qui n'empêche pas de maintenir une stratégie d'investissement rigoureuse et sélective.

par BRUNO KUS