Une carotte fiscale pour Alternext
Obtenir une réduction d'impôt en investissant sur des sociétés cotées : un rêve d'actionnaire surtaxé ! Avec un impôt sur les plus-values à 27 %, un seuil de cession de seulement 15.000 euros et un PEA dont les avantages se réduisent comme peau de chagrin, il fallait bien trouver un moteur pour que les épargnants acceptent d'investir sur des placements à risques.
Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie a eu l'idée de recourir à la bonne vieille méthode de la niche fiscale, pourtant régulièrement brocardée par ceux-là mêmes qui les superposent.
Mais ne boudons pas notre plaisir d'investisseur. Le ministre, invité cette semaine par Jean-François Théodore, président d'Euronext, a salué la récente création d'Alternext.
Et pour encourager l'investissement sur les valeurs moyennes, il a annoncé la création d'une nouvelle réduction d'impôt à l'attention des personnes physiques. Les particuliers pourront déduire du montant de leur impôt 25 % de leur investissement sur les sociétés cotées sur Alternext, que celles-ci soient détenues majoritairement par des personnes physiques ou par des fonds d'investissement.
Cet avantage était jusqu'à présent strictement limité aux sociétés non cotées sur un marché réglementé et dont plus de 50 % des droits sociaux étaient détenus par des personnes physiques ou des sociétés familiales. Les versements sont retenus dans la limite annuelle de 20.000 euros pour les célibataires, veufs ou divorcés et 40.000 euros pour les contribuables mariés ou pacsés. Concrètement, la réduction d'impôt maximale annuelle pour un couple s'élève à 10.000 euros par an (40.000 x 25 %) quel que soit le montant de son investissement. La fraction de l'investissement excédant cette limite donne cependant droit à la réduction d'impôt dans les mêmes conditions les trois années suivantes.
Les institutionnels bénéficient également d'un régime de faveur : les plus-values de cession sur des titres de participation, mis sur le marché sur Alternext, sont exonérées à compter de la date de création de ce marché.
Ces avancées fiscales doivent être saluées. « Elles contribuent à créer un cercle vertueux où les allègements fiscaux accordés aux investisseurs renforcent l'attrait des sociétés cotées, la liquidité de leurs titres en Bourse et leur capacité de levée de capitaux », se félicite Euronext.
Tout cela est vrai, mais les actionnaires ne doivent pas verser dans un enthousiasme excessif sous prétexte que le montant de l'avantage fiscal réduit leur prix de revient. Vous retrouverez chaque semaine dans notre rubrique « Admission sur Alternext » des conseils sur chaque société ainsi qu'un suivi régulier des valeurs.
