Alternext devrait attirer de nouvelles affaires en Bourse et offrir des opportunités aux actionnaires

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ACCESS2NET : ACHAT SPECULATIF. Objectif de cours : 6,5 euros.)
Alternext sera un compartiment accessible à un grand nombre d'entreprises, dont la valeur boursière est comprise entre 10 et 80 millions d'euros. Selon Martine Charbonnier, directeur exécutif d'Euronext pour la cotation et les émetteurs, les frais de publication des comptes ou d'information à destination des actionnaires pour les sociétés inscrites sur Alternext représenteraient une économie comprise « entre et 40 % » par rapport à ceux consacrés à une inscription sur la cote officielle. Les conditions d'admission sont en effet peu restrictives. Pour effectuer leur entrée à la Bourse de Paris, les sociétés candidates doivent produire deux années de comptes qui ne sont pas nécessairement bénéficiaires. Ce compartiment étant non réglementé sur le plan juridique, les sociétés sont considérées comme non cotées comme c'est déjà le cas pour les entreprises figurant au Marché Libre. Ainsi, les candidates n'auront pas l'obligation de présenter leurs comptes consolidés en normes comptables IFRS, de publier leurs comptes au Balo (Bulletin d'annonces légales et obligatoires). Mais elles devront convoquer leurs actionnaires en assemblée générale et publier des comptes semestriels en rendant publique toute information susceptible d'avoir une incidence sur le cours de Bourse ainsi que les transactions sur le titre effectuées par les dirigeants.
> Deux types d'admission
A l'instar des conditions d'admission au Marché Libre, deux procédures d'inscription sur Alternext sont proposées aux sociétés candidates. La première consiste en une offre au public à prix minimal ou prix fixe. Dans ce cas, la société doit mettre à la disposition des investisseurs un minimum de 2,5 millions d'actions et publier un prospectus d'informations qui doit préalablement recevoir un visa de l'AMF (Autorité des marchés financiers). La seconde procédure vise un transfert d'une valeur déjà inscrite sur un marché non réglementé vers Alternext dans le cadre d'un placement privé. Auparavant, la société concernée devra justifier de deux années de présence sur un autre compartiment et avoir levé un minimum de 5 millions d'euros auprès d'au moins cinq investisseurs différents. Dans ce cadre, le visa de l'AMF n'est pas requis, mais un document d'information doit être tout de même publié.
> Plus liquide que le Marché Libre
Pour favoriser une meilleure liquidité (possibilité d'acheter ou vendre ses titres à tout moment) du marché, Alternext propose deux modes de cotation. Le premier est une cotation en continu calquée sur les méthodes anglo-saxonnes. Elle oblige les sociétés à nommer un teneur de marché, c'est-à-dire un professionnel chargé de proposer en permanence des prix d'achat et de vente sur la valeur suivie, les fourchettes de prix et les transactions devant être diffusées en continu. Le deuxième mode de cotation est au fixing : une cotation par jour à 16 h 30 avec un carnet d'ordres centralisé.
> Une protection a minima des minoritaires
Alternext apportera en revanche un peu plus de garanties que le Marché Libre. Afin de renforcer la sécurité des investisseurs, l'AMF fera évoluer son règlement pour sanctionner les abus de marché comme sur la cote officielle (manipulation de cours, diffusion de fausses informations, délit d'initié, publication de comptes erronés, etc.). Euronext a également tenté de garantir une certaine équité entre actionnaires minoritaires et majoritaires en autorisant la procédure de garantie de cours et en donnant aux actionnaires minoritaires d'une société la possibilité de bénéficier de la même prime que celle accordée au vendeur d'un bloc majoritaire. En revanche, un investisseur pourra prendre le contrôle d'une société inscrite sur Alternext sans être obligé de lancer une OPA et pourra effectuer une opération de retrait s'il détient au moins 95 % du capital. Les minoritaires se verront alors seulement proposer une offre dite de « désinteressement ».
> Déjà vingt candidats
Selon nos informations, une vingtaine de candidats se seraient déjà officiellement déclarés intéressés par Alternext. Parmi eux figure la société de courtage de crédits sur Internet Meilleurtaux.com, qui fera office de pionnier. Il sera suivi par le transfert du fournisseur d'électricité Poweo, dirigé par le très médiatique Charles Beigbeder et actuellement inscrit au Marché Libre. D'autres apparitions sont prévues par la suite, mais nous ne disposons pas encore d'éléments financiers suffisamment probants pour prendre une position sur ces futures valeurs. En revanche, Le Journal des Finances a obtenu des informations sur les sociétés intéressées par un transfert du Marché Libre vers Alternext. Sur les dix sociétés identifiées, sept méritent de figurer en portefeuille : Access2Net, Adomos, Corep Lighting, Euroland Finance, CTM, Olmix et Pronuptia. Si aucune de ces sociétés n'a pour l'instant élargi son flottant, toutes devraient bénéficier sur Alternext d'une meilleure liquidité et d'une plus grande visibilité vis-à-vis des investisseurs.
ACCESS2NET
> Les investissements commencent à payer
- Date du transfert : pas de calendrier retenu
- Flottant : 52 %
Cette société d'investissement en capital-risque, caractérisée par son statut de commandite par action, est spécialisée dans des participations dans les sociétés de logiciels. Selon son représentant, Pierre-Yves Dargaud, président de la société Actif Management qui gère la commandite Access2Net, la participation de 30,21 % que détient Fi System dans le capital d'Access2Net devrait être cédée à un repreneur avant la fin de l'année, ce qui améliorera la liquidité de la valeur. Pierre-Yves Dargaud n'est pas pressé de transférer la société, sur Alternext. Il compte d'abord convaincre les dirigeants de plusieurs des 31 sociétés dans lesquelles Access2Net a pris une participation (comprise entre 10 et 15 % du capital) d'inscrire eux-mêmes leurs affaires sur Alternext. La première d'entre elles est Side Trade, dans laquelle Access2Net détient 14,5 % du capital.
Si l'opération est concluante, deux autres sociétés du portefeuille de participation d'Access2Net, Navigaia et Finance Active pourraient rejoindre Alternext. « Ces trois sociétés, qui affichent une marge nette comprise entre 5 et 10 %, et dont l'activité a grimpé de 35 % l'an dernier, concentrent 85 % de notre actif », affirme Pierre-Yves Dargaud. Selon lui, l'actif net réévalué d'Access2Net atteignait au moins 8,6 euros par action au 31 décembre 2004, de sorte que le cours de Bourse actuel décoterait d'environ 50 %.
ADOMOS
> Une marge nette supérieure à 10 %
- Date du transfert : « Le plus rapidement possible. »
- Flottant : 33 %
Ce distributeur d'immobilier d'investissement sur Internet met en relation les promoteurs immobiliers avec les investisseurs par l'intermédiaire de son site Internet et se rémunère en prélevant des commissions perçues par ces mêmes promoteurs. L'an dernier, son chiffre d'affaires a bondi de 79 %, pour atteindre 9,7 millions d'euros, tandis que le bénéfice net s'est envolé de 83 %, pour s'établir à 1 million d'euros. Elle profite particulièrement de l'engouement pour l'investissement locatif, favorisé notamment par le dispositif fiscal Robien. Le portefeuille de réservations a plus que doublé au cours du premier trimestre 2005, avec 380 unités réservées, ce qui nous permet de tabler sur une croissance des ventes de l'ordre de 80 % cette année, assortie d'un bond de 91 % du bénéfice net, à 2 millions d'euros.
La société affirme qu'elle ne fera pas appel au marché. « Excepté pour financer une acquisition », précise Fabrice Rosset, président d'Adomos. La situation financière a été renforcée l'an dernier (2,3 millions d'euros de fonds propres, pour 0,14 million d'endettement net au 31 décembre 2004), après l'émission d'obligations à bons de souscription d'actions pour 2,3 millions d'euros et une augmentation de capital de 1,5 million d'euros.
CIE FINANCIERE DE DEAUVILLE
> Le cours est proche de l'actif net réévalué
- Date du transfert : septembre-octobre 2005
- Flottant : 44,5 %
Cette société d'investissements atypique ne se concentre pas sur un type d'actifs précis. Elle possède en effet trois pôles d'activités : la gestion financière, avec une gamme de produits centrés sur les valeurs moyennes, les prises de participation (5,06 % de Bourse Direct, 6 % d'Access2Net, 5,8 % d'Adomos), et l'immobilier (un ensemble situé à Deauville, et un immeuble à Paris, en face de la Bourse, loué au groupe Le Nouvel Observateur). La société sera par ailleurs le teneur de marché d'Adomos et d'Access2Net pour leur entrée sur Alternext.
N'étant pas encore rentable, elle devrait afficher de légers bénéfices sur l'exercice en cours. Ses activités vont devoir s'élargir pour étoffer les actifs gérés et quelques opérations de désinvestissement sont à prévoir pour désendetter le groupe. L'endettement net représentait 155 % des fonds propres (8,78 millions d'euros à fin 2004), après une augmentation de capital de 18,2 millions d'euros, effectuée l'an dernier. Au cours actuel, la société est valorisée à un niveau proche de l'actif net réévalué (13,5 euros par action).
COREP LIGHTNING
> Vers de nouvelles acquisitions
- Date du transfert : été 2005
- Flottant : 23 %
Cette société bordelaise, qui a fait son apparition au Marché Libre de la Bourse de Paris en décembre 2003, est une véritable valeur de croissance spécialisée dans la fabrication de luminaires de décoration. André-Jean Goimard, président du directoire de la société, souhaite un transfert sur Alternext « l'été prochain ». Cette opération pourrait s'effectuer par l'intermédiaire d'une augmentation de capital, en vue d'élargir le flottant de la société, les principaux actionnaires étant « prêts à accepter une dilution de leur participation pour financer la croissance ». Après avoir enregistré un chiffre d'affaires de 21,1 millions d'euros en 2004 et un résultat net de 0,9 million d'euros, Corep Lighting devrait afficher une progression à deux chiffres de ses ventes cette année.
Les luminaires sont en effet en vogue dans les habitations européennes, portés par un marché de la décoration intérieure en plein boom. Le transfert sur Alternext devrait permettre de financer la croissance soutenue et de réduire l'endettement, qui atteignait 98 % des fonds propres (4,4 millions d'euros) à fin 2004.
CTM
> Une valorisation ridicule
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 1,96 %
CTM (Chaudronnerie Tuyauterie Montage) fournit des services de maintenance industrielle pour les entreprises, fabrique des pièces mécaniques, des systèmes thermiques et des équipements de traitement des rejets industriels (filtres à fumées, etc.). La spécialité de son président, Patrick Eskenazi, est de racheter des sociétés en difficulté « au maximum au quart de leur valeur », afin d'ajouter des compétences à son groupe. L'ensemble totalise aujourd'hui treize structures, dont quatre ont été acquises l'an dernier sur fonds propres.
La société vient de signer un contrat de 12 millions d'euros pour moderniser une centrale de chauffage, ce qui représente plus d'un tiers de son chiffre d'affaires annuel (31 millions d'euros pour de « légers » bénéfices) ! L'essentiel de ce chiffre d'affaires sera engrangé au cours des exercices 2006 et 2007, sur lesquels les bénéfices devraient enregistrer un fort rebond. Avec une capitalisation ridicule (0,1 fois le chiffre d'affaires), la société dispose avec son transfert sur Alternext d'un important potentiel de rebond en Bourse.
EUROLAND FINANCE
> Le transfert sur Alternext va permettre d'élargir le flottant à 30 %
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 7 %
Ce spécialiste de l'ingénierie financière cumule les succès. En seulement six ans d'existence, cette structure, menée tambour battant par Marc Fiorentino, se serait arrogée 35 % de parts de marché des opérations financières impliquant des sociétés entrepreneuriales. Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2005 s'est inscrit en hausse de 110 %, grâce à plusieurs opérations significatives, dont le rapprochement de Groupe Open avec Teamlog, ainsi que l'augmentation de capital de Finuchem. Son carnet de commandes s'est aussi garni de trois introductions en Bourse prévues pour le second semestre 2005. La société se présente également comme un animateur de marché.
Elle a ainsi pris une participation de 7,6 % dans le capital d'Actus, une société de communication financière qui fait figure de référence dans le domaine, afin d'offrir aux petites et moyennes valeurs toute une gamme de services. Euroland va également proposer dès septembre prochain une plate-forme de réponses pour les questions financières des particuliers en coopération avec Prosodie. Marc Fiorentino compte élargir le flottant du capital à 30 %, avec son transfert sur Alternext.
OLMIX
> Un potentiel énorme dans les nanotechnologies
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 0,16 %
Cette petite société bretonne spécialisée dans les additifs naturels pour l'alimentation animale n'a pas vraiment réussi son inscription au Marché Libre le 29 mars. Son président, Hervé Balusson, voulait lever 10 millions d'euros en Bourse, mais l'opération d'inscription au Marché Libre n'a permis d'inscrire que 760 titres à 52,50 euros l'unité. Alternext devrait donner à la société l'occasion d'élargir son flottant à environ 10 % ou 12 % du capital. Avec ses seuls additifs naturels, qui permettent notamment aux cimentiers de neutraliser les effets nocifs pour l'être humain et l'environnement, la société a réalisé l'an dernier 7,46 millions d'euros de chiffre d'affaires et un bénéfice net de 176.000 euros.
Mais la structure dispose d'un fabuleux relais de croissance : une particule fabriquée à base de couches d'argile et d'algues (celles qui occupent les plages bretonnes au grand désespoir des baigneurs), 100 % naturelle, qui permet de rendre moins inflammables tous types de matériaux, perméable aux gaz. Les applications de cette nanotechnologie, dont les brevets ont été déposés l'an dernier, sont immenses. Elles permettraient de réduire l'utilisation de matière plastique de 10 % à 40 % dans les pare-chocs automobiles. En validation chez quatre partenaires mondiaux, la commercialisation de la technologie pourrait démarrer en mars ou avril 2006. Olmix compte réaliser 30,7 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an prochain, avec un bénéfice net de 186.000 euros.
POWEO
> Le premier transfert sur Alternext
- Date du transfert : fin mai 2005
- Flottant : 57 %
Ce fournisseur indépendant d'électricité aux entreprises a doublé le nombre de ses clients en seulement trois mois au cours du premier trimestre 2005, pour porter son portefeuille total à 32.500.
Il faut dire que la société, créée à l'initiative de l'ancien dirigeant du courtier en ligne Self Trade, recrute des commerciaux à tour de bras pour gagner des parts de marché sur l'opérateur historique, EDF.
Avec un chiffre d'affaires qui devrait s'établir à 165 millions d'euros cette année (20,2 millions d'euros en 2004), le groupe va néanmoins doubler ses pertes par rapport à sa prévision initiale de 7,7 millions d'euros. En cause : la hausse des prix de l'énergie, et le constant besoin d'accroître les frais de structure pour répondre à la forte demande du secteur.
Afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs d'électricité, le groupe souhaite construire sa propre centrale à gaz pour fournir ses clients, et participer au projet du futur réacteur nucléaire EPR.
En dépit de ses pertes importantes, la société bénéficie en Bourse d'un capital de confiance incroyable de par la forte personnalité de son dirigeant, Charles Beigbeder.
Sa seule volonté de se porter candidat à la présidence du Medef a fait grimper le cours de Bourse plus de 10 % !
PRONUPTIA
> Le roi du mariage vise l'international
- Date du transfert : avant fin 2005
- Flottant : 75 %
Jean-Paul Gaillard veut-il réitérer avec Pronuptia ses succès obtenus précédemment ? C'est lui qui a créé la ligne de vêtements Marlboro Classics, et les cafetières à capsule Nespresso.
Le dirigeant, arrivé en 2002 à la tête de cette entreprise familiale spécialisée dans les vêtements de mariage, s'est d'abord attaqué aux dysfonctionnements qui pénalisaient la société. Le nombre de produits a été ramené à 125, contre 220 auparavant, afin de réduire les coûts de fabrication. Parallèlement, et afin d'améliorer l'image trop traditionnelle et bas de gamme de Pronuptia, des robes de mariée « couture » ont été lancées à 5.000 euros, alors que le prix moyen oscille entre 750 et 800 euros.
Enfin, le nombre de magasins a été réduit à 65 points de vente. Jean-Paul Gaillard compte maintenant faire distribuer la marque Pronuptia dans plusieurs grands magasins (elle est déjà présente au Printemps) ainsi qu'à l'international, avec notamment le Japon en ligne de mire. Le chiffre d'affaires évolue toujours autour de 20 millions d'euros, mais la société est à peine bénéficiaire.
BODY ONE
> La lingerie sexy en pleine forme
- Date du transfert : avant mai 2006
- Flottant : 25 %
Marc Seroussi, président de ce concepteur de lingerie féminine inscrit au Marché Libre depuis fin octobre 2004, qui distribue ses produits à son propre réseau de 104 magasins franchisés, compte améliorer la visibilité de sa société vis-à-vis des investisseurs en la transférant sur Alternext. Pour cela, il n'hésitera pas à élargir le flottant de la société « entre 5 et 8 % supplémentaires ». Avec des conditions d'accès simples au réseau de franchise (un droit d'entrée de 25.000 euros), et des produits vendus avec une forte marge brute (2,5 fois le prix d'achat pour les franchisés), le dirigeant a relevé son objectif d'ouvertures de magasins de 35 à 50 au cours de l'exercice 2005/2006 qui sera clos le 31 mars 2006.
Même si le budget en communication de la société reste « élevé », la marge nette devrait s'établir à 8,5 % du chiffre d'affaires attendu, autour de 12,6 millions d'euros au titre de l'exercice 2004/2005. Marc Seroussi table sur un chiffre d'affaires de 18 à 19 millions d'euros sur l'exercice suivant, assorti d'une marge nette qui devrait atteindre 12 % (soit un bénéfice de l'ordre de 2,2 millions d'euros). Le développement international de l'enseigne va démarrer, avec des projets en Chine.
ACCESS2NET
> Les investissements commencent à payer
- Date du transfert : pas de calendrier retenu
- Flottant : 52 %
Cette société d'investissement en capital-risque, caractérisée par son statut de commandite par action, est spécialisée dans des participations dans les sociétés de logiciels. Selon son représentant, Pierre-Yves Dargaud, président de la société Actif Management qui gère la commandite Access2Net, la participation de 30,21 % que détient Fi System dans le capital d'Access2Net devrait être cédée à un repreneur avant la fin de l'année, ce qui améliorera la liquidité de la valeur. Pierre-Yves Dargaud n'est pas pressé de transférer la société, sur Alternext. Il compte d'abord convaincre les dirigeants de plusieurs des 31 sociétés dans lesquelles Access2Net a pris une participation (comprise entre 10 et 15 % du capital) d'inscrire eux-mêmes leurs affaires sur Alternext. La première d'entre elles est Side Trade, dans laquelle Access2Net détient 14,5 % du capital.
Si l'opération est concluante, deux autres sociétés du portefeuille de participation d'Access2Net, Navigaia et Finance Active pourraient rejoindre Alternext. « Ces trois sociétés, qui affichent une marge nette comprise entre 5 et 10 %, et dont l'activité a grimpé de 35 % l'an dernier, concentrent 85 % de notre actif », affirme Pierre-Yves Dargaud. Selon lui, l'actif net réévalué d'Access2Net atteignait au moins 8,6 euros par action au 31 décembre 2004, de sorte que le cours de Bourse actuel décoterait d'environ 50 %.
ADOMOS
> Une marge nette supérieure à 10 %
- Date du transfert : « Le plus rapidement possible. »
- Flottant : 33 %
Ce distributeur d'immobilier d'investissement sur Internet met en relation les promoteurs immobiliers avec les investisseurs par l'intermédiaire de son site Internet et se rémunère en prélevant des commissions perçues par ces mêmes promoteurs. L'an dernier, son chiffre d'affaires a bondi de 79 %, pour atteindre 9,7 millions d'euros, tandis que le bénéfice net s'est envolé de 83 %, pour s'établir à 1 million d'euros. Elle profite particulièrement de l'engouement pour l'investissement locatif, favorisé notamment par le dispositif fiscal Robien. Le portefeuille de réservations a plus que doublé au cours du premier trimestre 2005, avec 380 unités réservées, ce qui nous permet de tabler sur une croissance des ventes de l'ordre de 80 % cette année, assortie d'un bond de 91 % du bénéfice net, à 2 millions d'euros.
La société affirme qu'elle ne fera pas appel au marché. « Excepté pour financer une acquisition », précise Fabrice Rosset, président d'Adomos. La situation financière a été renforcée l'an dernier (2,3 millions d'euros de fonds propres, pour 0,14 million d'endettement net au 31 décembre 2004), après l'émission d'obligations à bons de souscription d'actions pour 2,3 millions d'euros et une augmentation de capital de 1,5 million d'euros.
CIE FINANCIERE DE DEAUVILLE
> Le cours est proche de l'actif net réévalué
- Date du transfert : septembre-octobre 2005
- Flottant : 44,5 %
Cette société d'investissements atypique ne se concentre pas sur un type d'actifs précis. Elle possède en effet trois pôles d'activités : la gestion financière, avec une gamme de produits centrés sur les valeurs moyennes, les prises de participation (5,06 % de Bourse Direct, 6 % d'Access2Net, 5,8 % d'Adomos), et l'immobilier (un ensemble situé à Deauville, et un immeuble à Paris, en face de la Bourse, loué au groupe Le Nouvel Observateur). La société sera par ailleurs le teneur de marché d'Adomos et d'Access2Net pour leur entrée sur Alternext.
N'étant pas encore rentable, elle devrait afficher de légers bénéfices sur l'exercice en cours. Ses activités vont devoir s'élargir pour étoffer les actifs gérés et quelques opérations de désinvestissement sont à prévoir pour désendetter le groupe. L'endettement net représentait 155 % des fonds propres (8,78 millions d'euros à fin 2004), après une augmentation de capital de 18,2 millions d'euros, effectuée l'an dernier. Au cours actuel, la société est valorisée à un niveau proche de l'actif net réévalué (13,5 euros par action).
COREP LIGHTNING
> Vers de nouvelles acquisitions
- Date du transfert : été 2005
- Flottant : 23 %
Cette société bordelaise, qui a fait son apparition au Marché Libre de la Bourse de Paris en décembre 2003, est une véritable valeur de croissance spécialisée dans la fabrication de luminaires de décoration. André-Jean Goimard, président du directoire de la société, souhaite un transfert sur Alternext « l'été prochain ». Cette opération pourrait s'effectuer par l'intermédiaire d'une augmentation de capital, en vue d'élargir le flottant de la société, les principaux actionnaires étant « prêts à accepter une dilution de leur participation pour financer la croissance ». Après avoir enregistré un chiffre d'affaires de 21,1 millions d'euros en 2004 et un résultat net de 0,9 million d'euros, Corep Lighting devrait afficher une progression à deux chiffres de ses ventes cette année.
Les luminaires sont en effet en vogue dans les habitations européennes, portés par un marché de la décoration intérieure en plein boom. Le transfert sur Alternext devrait permettre de financer la croissance soutenue et de réduire l'endettement, qui atteignait 98 % des fonds propres (4,4 millions d'euros) à fin 2004.
CTM
> Une valorisation ridicule
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 1,96 %
CTM (Chaudronnerie Tuyauterie Montage) fournit des services de maintenance industrielle pour les entreprises, fabrique des pièces mécaniques, des systèmes thermiques et des équipements de traitement des rejets industriels (filtres à fumées, etc.). La spécialité de son président, Patrick Eskenazi, est de racheter des sociétés en difficulté « au maximum au quart de leur valeur », afin d'ajouter des compétences à son groupe. L'ensemble totalise aujourd'hui treize structures, dont quatre ont été acquises l'an dernier sur fonds propres.
La société vient de signer un contrat de 12 millions d'euros pour moderniser une centrale de chauffage, ce qui représente plus d'un tiers de son chiffre d'affaires annuel (31 millions d'euros pour de « légers » bénéfices) ! L'essentiel de ce chiffre d'affaires sera engrangé au cours des exercices 2006 et 2007, sur lesquels les bénéfices devraient enregistrer un fort rebond. Avec une capitalisation ridicule (0,1 fois le chiffre d'affaires), la société dispose avec son transfert sur Alternext d'un important potentiel de rebond en Bourse.
EUROLAND FINANCE
> Le transfert sur Alternext va permettre d'élargir le flottant à 30 %
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 7 %
Ce spécialiste de l'ingénierie financière cumule les succès. En seulement six ans d'existence, cette structure, menée tambour battant par Marc Fiorentino, se serait arrogée 35 % de parts de marché des opérations financières impliquant des sociétés entrepreneuriales. Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2005 s'est inscrit en hausse de 110 %, grâce à plusieurs opérations significatives, dont le rapprochement de Groupe Open avec Teamlog, ainsi que l'augmentation de capital de Finuchem. Son carnet de commandes s'est aussi garni de trois introductions en Bourse prévues pour le second semestre 2005. La société se présente également comme un animateur de marché.
Elle a ainsi pris une participation de 7,6 % dans le capital d'Actus, une société de communication financière qui fait figure de référence dans le domaine, afin d'offrir aux petites et moyennes valeurs toute une gamme de services. Euroland va également proposer dès septembre prochain une plate-forme de réponses pour les questions financières des particuliers en coopération avec Prosodie. Marc Fiorentino compte élargir le flottant du capital à 30 %, avec son transfert sur Alternext.
OLMIX
> Un potentiel énorme dans les nanotechnologies
- Date du transfert : non fixée
- Flottant : 0,16 %
Cette petite société bretonne spécialisée dans les additifs naturels pour l'alimentation animale n'a pas vraiment réussi son inscription au Marché Libre le 29 mars. Son président, Hervé Balusson, voulait lever 10 millions d'euros en Bourse, mais l'opération d'inscription au Marché Libre n'a permis d'inscrire que 760 titres à 52,50 euros l'unité. Alternext devrait donner à la société l'occasion d'élargir son flottant à environ 10 % ou 12 % du capital. Avec ses seuls additifs naturels, qui permettent notamment aux cimentiers de neutraliser les effets nocifs pour l'être humain et l'environnement, la société a réalisé l'an dernier 7,46 millions d'euros de chiffre d'affaires et un bénéfice net de 176.000 euros.
Mais la structure dispose d'un fabuleux relais de croissance : une particule fabriquée à base de couches d'argile et d'algues (celles qui occupent les plages bretonnes au grand désespoir des baigneurs), 100 % naturelle, qui permet de rendre moins inflammables tous types de matériaux, perméable aux gaz. Les applications de cette nanotechnologie, dont les brevets ont été déposés l'an dernier, sont immenses. Elles permettraient de réduire l'utilisation de matière plastique de 10 % à 40 % dans les pare-chocs automobiles. En validation chez quatre partenaires mondiaux, la commercialisation de la technologie pourrait démarrer en mars ou avril 2006. Olmix compte réaliser 30,7 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an prochain, avec un bénéfice net de 186.000 euros.
POWEO
> Le premier transfert sur Alternext
- Date du transfert : fin mai 2005
- Flottant : 57 %
Ce fournisseur indépendant d'électricité aux entreprises a doublé le nombre de ses clients en seulement trois mois au cours du premier trimestre 2005, pour porter son portefeuille total à 32.500.
Il faut dire que la société, créée à l'initiative de l'ancien dirigeant du courtier en ligne Self Trade, recrute des commerciaux à tour de bras pour gagner des parts de marché sur l'opérateur historique, EDF.
Avec un chiffre d'affaires qui devrait s'établir à 165 millions d'euros cette année (20,2 millions d'euros en 2004), le groupe va néanmoins doubler ses pertes par rapport à sa prévision initiale de 7,7 millions d'euros. En cause : la hausse des prix de l'énergie, et le constant besoin d'accroître les frais de structure pour répondre à la forte demande du secteur.
Afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs d'électricité, le groupe souhaite construire sa propre centrale à gaz pour fournir ses clients, et participer au projet du futur réacteur nucléaire EPR.
En dépit de ses pertes importantes, la société bénéficie en Bourse d'un capital de confiance incroyable de par la forte personnalité de son dirigeant, Charles Beigbeder.
Sa seule volonté de se porter candidat à la présidence du Medef a fait grimper le cours de Bourse plus de 10 % !
PRONUPTIA
> Le roi du mariage vise l'international
- Date du transfert : avant fin 2005
- Flottant : 75 %
Jean-Paul Gaillard veut-il réitérer avec Pronuptia ses succès obtenus précédemment ? C'est lui qui a créé la ligne de vêtements Marlboro Classics, et les cafetières à capsule Nespresso.
Le dirigeant, arrivé en 2002 à la tête de cette entreprise familiale spécialisée dans les vêtements de mariage, s'est d'abord attaqué aux dysfonctionnements qui pénalisaient la société. Le nombre de produits a été ramené à 125, contre 220 auparavant, afin de réduire les coûts de fabrication. Parallèlement, et afin d'améliorer l'image trop traditionnelle et bas de gamme de Pronuptia, des robes de mariée « couture » ont été lancées à 5.000 euros, alors que le prix moyen oscille entre 750 et 800 euros.
Enfin, le nombre de magasins a été réduit à 65 points de vente. Jean-Paul Gaillard compte maintenant faire distribuer la marque Pronuptia dans plusieurs grands magasins (elle est déjà présente au Printemps) ainsi qu'à l'international, avec notamment le Japon en ligne de mire. Le chiffre d'affaires évolue toujours autour de 20 millions d'euros, mais la société est à peine bénéficiaire.
BODY ONE
> La lingerie sexy en pleine forme
- Date du transfert : avant mai 2006
- Flottant : 25 %
Marc Seroussi, président de ce concepteur de lingerie féminine inscrit au Marché Libre depuis fin octobre 2004, qui distribue ses produits à son propre réseau de 104 magasins franchisés, compte améliorer la visibilité de sa société vis-à-vis des investisseurs en la transférant sur Alternext. Pour cela, il n'hésitera pas à élargir le flottant de la société « entre 5 et 8 % supplémentaires ». Avec des conditions d'accès simples au réseau de franchise (un droit d'entrée de 25.000 euros), et des produits vendus avec une forte marge brute (2,5 fois le prix d'achat pour les franchisés), le dirigeant a relevé son objectif d'ouvertures de magasins de 35 à 50 au cours de l'exercice 2005/2006 qui sera clos le 31 mars 2006.
Même si le budget en communication de la société reste « élevé », la marge nette devrait s'établir à 8,5 % du chiffre d'affaires attendu, autour de 12,6 millions d'euros au titre de l'exercice 2004/2005. Marc Seroussi table sur un chiffre d'affaires de 18 à 19 millions d'euros sur l'exercice suivant, assorti d'une marge nette qui devrait atteindre 12 % (soit un bénéfice de l'ordre de 2,2 millions d'euros). Le développement international de l'enseigne va démarrer, avec des projets en Chine.
