Les valeurs du secteur de l'électricité offrent un bon potentiel de valorisation

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SECHILIENNE-SIDEC ACHAT
Pour financer ces investissements, l'énergéticien peut s'appuyer sur un bilan sain, avec une trésorerie nette consolidée à fin 2004 de 220 millions d'euros, pour des fonds propres de 138 millions. Ces projets (dont les dirigeants ne souhaitent pas chiffrer les retombées attendues) donneront une nouvelle dynamique à des résultats déjà très solides, tirés à la fois par la hausse continue de la consommation d'électricité et par la maîtrise de la productivité. Le bénéfice net (part du groupe) a ainsi atteint l'année dernière 38,2 millions d'euros, en hausse de 6,1 %. Ces performances démontrent la résistance de la filiale à 75 % d'EDF à l'ouverture des marchés de l'énergie. Les PME-PMI, artisans ou autres collectivités locales alsaciennes éligibles à un autre distributeur lui sont en effet restés fidèles à 95 %. La seule déception est venue du dividende distribué : 2,20 euros par action, contre 4 euros en 2003. Mais des provisions pour le financement des retraites des employés ont dû être passées dans les comptes. Néanmoins, Electricité de Strasbourg devrait être en mesure, dès cette année, de reconstituer son potentiel de distribution. Au point que la société envisage même de verser un acompte.
Par ailleurs, le titre possède une véritable dimension spéculative, puisque EDF pourrait décider de retirer la société de la cote, ou de céder sa participation.
HYDRO-EXPLOITATIONS
Le dividende pourrait tomber à l'eau
> Fondé à Foix en 1954, ce minuscule producteur d'électricité exploite cinq barrages hydroélectriques situés aux confins des Pyrénées.
Un protocole d'accord pour l'achat d'une sixième chute, localisée à Rebouc, dans les Hautes-Pyrénées, a été signé. Mais la finalisation de la transaction bute pour l'heure sur certaines modalités.
Son montant devrait se situer entre trois et quatre fois le chiffre d'affaires de la centrale, qui apportera à Hydro-Exploitations un supplément de production de l'ordre de 25 %.
Toute l'électricité produite par la société est vendue à EDF, avec lequel court une convention de distribution jusqu'en 2012. Le prix est également fixé contractuellement, mais il peut être revu à la baisse, EDF ayant mis en place des normes de qualité à satisfaire.
Néanmoins, la visibilité sur l'activité apparaît bonne au moins jusqu'à cette échéance.
Les résultats de 2004 ne sont pas encore connus, mais ils devraient s'inscrire dans la lignée de ceux de l'exercice précédent, marqué par un résultat net de 0,29 million, pour un chiffre d'affaires supérieur à 1 million d'euros.
En dépit de ces performances somme toute de bonne facture (la marge nette atteint presque 30 %), la société pourrait déroger à sa réputation de générosité, et ne pas verser au titre de 2004 de dividende, ou au mieux, le diminuer sensiblement par rapport à 2003.
La cause : deux incidents (un incendie et un problème de maintenance sur une turbine) sont survenus sur des centrales au cours des derniers mois, et ont nécessité de puiser dans la trésorerie.
Mais tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement, et, dès 2006, le montant du coupon distribué pourrait avoisiner celui de 2003 (2,8 euros par action).
THEOLIA
Enfin le vent souffle dans les voiles
> Le vent tourne enfin dans le bon sens pour Théolia. Alors que seules ses deux centrales thermiques contribuaient jusqu'à présent aux résultats, deux fermes éoliennes, acquises récemment, Fonds de Fresnes (10 mégawatts) et Séglien (9 mégawatts), seront mises en service avant la fin de l'année civile.
Et les deux projets éoliens (26 mégawatts dans l'Aveyron et 6 mégawatts dans la Somme), prêts à être installés, dont Théolia a hérité de la société Ventura, rachetée au début du mois d'avril (et dont l'acquisition sera finalisée le 12 mai), devraient également sortir de terre d'ici au 30 juin 2006.
L'installation de fermes éoliennes mobilise beaucoup de capitaux : 13 millions d'euros pour un parc de 10 mégawatts, mais ces installations fonctionnent ensuite de manière automatisée. Les kilowatts produits sont par ailleurs rachetés par EDF à un tarif garanti (8 centimes par kilowatt en moyenne sur quinze ans, soit 60 % de plus que le prix habituellement payé).
De ce fait, la rentabilité des projets est quasi assurée, chaque ferme de 10 mégawatts devant dégager en moyenne 2 millions d'euros de produits d'exploitation et 1 million de capacité d'auto-financement par an.
Mais les ambitions de Théolia ne s'arrêtent pas à la seule utilisation de la mécanique du vent. La société aixoise se diversifie dans les activités liées à l'environnement, avec un premier projet consistant à mettre en place, dans le cadre d'une délégation de service public de dix-huit ans, une usine de traitement des déchets à Beaucaire (dans le Gard). Elle sera opérationnelle le 1er octobre prochain.
Afin de financer cette forte expansion, trois augmentations de capital successives, pour un montant total de 22,8 millions d'euros, ont été lancées et souscrites par des investisseurs institutionnels français et étrangers.
POWEO
Un cours sous tension
> Le succès auprès des investisseurs du courtier en électricité tient-il à la pertinence du plan d'affaires ou à la personnalité de son fondateur, Charles Beigbeder, auteur d'une belle plus-value lors de la revente de sa précédente start-up, Self Trade ?
Une chose est sûre : le succès commercial semble au rendez-vous et le projet tient la route. Le métier de Poweo est de revendre de l'électricité achetée sur le marché à des PME-PMI ou à des artisans-commerçants, en leur proposant un rabais allant jusqu'à 10 % par rapport aux tarifs bleus d'EDF (destinés aux petits consommateurs). Ces conditions avantageuses sont rendues possibles grâce à la faiblesse des coûts de structure de la société.
A la fin de 2004, Poweo revendiquait ainsi 17.500 sites clients, dont les stations de ski de La Plagne et des Arcs, ou encore l'Opéra de Paris.
Son objectif est d'atteindre 100.000 comptes à la fin de l'année en cours, qui devraient générer un chiffre d'affaires de 165 millions d'euros et une perte nette de 1,7 million (après un déficit de 9,3 millions sur l'exercice allant du 1er juillet 2003 au 31 décembre 2004). Le premier exercice bénéficiaire est attendu en 2006.
Mais la société n'est pas sans risques. Outre sa cotation au Marché Libre qui ne protège pas l'investisseur particulier, Poweo brûle beaucoup de liquidités, et a dû en conséquence procéder en décembre 2004 à une nouvelle levée de fonds, après celle qui a suivi son introduction en Bourse. Par ailleurs, le courtier achète l'électricité à des prix de marché qui dépendent de la conjoncture économique.
Or, en période de vague de froid, comme cela a été le cas cet hiver, les prix peuvent flamber, ce qui a pour effet d'éroder ses marges.
SECHILIENNE-SIDEC
Des kilowattheures pour les îles exotiques
> Après avoir longtemps vécu dans l'ombre d'Air Liquide, sa maison mère (qui possède 39,5 du capital), Séchilienne-Sidec connaît une véritable consécration boursière, avec un cours multiplié par plus de dix en un peu plus de cinq ans.
Il faut dire que le producteur d'électricité, dont le modèle économique s'apparente à une activité de concession, est assis sur une véritable rente de situation. Séchilienne-Sidec exploite une centrale thermique en France métropolitaine dédiée à une usine de Rhodia et, surtout, des centrales de bioénergie situées à la Guadeloupe, la Réunion et sur l'île Maurice. Ces dernières fonctionnent en cogénération (production d'énergie et de vapeur) avec la bagasse (résidu de canne à sucre) ou le charbon comme combustible. Le courant produit est entièrement revendu à EDF, et à son équivalent mauricien, dans le cadre de contrats à long terme (vingt-cinq ans sur l'île Maurice et trente-cinq ans à la Réunion et à la Guadeloupe).
Les prix sont indexés sur les coûts des matières premières, du fret, ainsi que sur les variations de change, et sont révisés tous les mois. La société ne supporte donc aucun risque lié à l'environnement économique, et peut compter ainsi sur des revenus quasi garantis.
Qui plus est, sur ce socle vient désormais se greffer la mise en service de nouvelles infrastructures. Une unité de production de vapeur et d'électricité à la Réunion et quatre champs d'éoliennes dans le Nord-Pas-de-Calais ont ainsi démarré leur activité à la fin de l'année. Et d'autres projets vont suivre. En trois ans, les capacités de production devraient ainsi augmenter de plus de 70 %.
Toutes ces nouvelles centrales assureront une croissance régulière des résultats, qui ont déjà fortement progressé en 2004. Le bénéfice net est ainsi passé de 16,75 millions d'euros à 22,63 millions, grâce principalement au rachat des intérêts minoritaires dans trois des centrales du groupe.
ELECTRICITE DE STRASBOURG
Des ambitions hors de son territoire historique
> C'est un nouveau tournant qu'Electricité de Strasbourg a décidé d'opérer. Depuis 1954, date à laquelle EDF a acquis la participation de la ville de Strasbourg, l'activité de la société, créée en 1899, était exclusivement concentrée sur la distribution et la commercialisation d'électricité. Elle a récemment décidé d'effectuer son grand retour dans le champ de la production. Une enveloppe de 100 millions d'euros sera consacrée à cet effet dans les quatre années qui viennent sous forme de prises de participation dans des centrales existantes ou en construction. Et cela hors de son territoire historique, le Bas-Rhin, ce qui marque une autre petite révolution.
Pour financer ces investissements, l'énergéticien peut s'appuyer sur un bilan sain, avec une trésorerie nette consolidée à fin 2004 de 220 millions d'euros, pour des fonds propres de 138 millions. Ces projets (dont les dirigeants ne souhaitent pas chiffrer les retombées attendues) donneront une nouvelle dynamique à des résultats déjà très solides, tirés à la fois par la hausse continue de la consommation d'électricité et par la maîtrise de la productivité. Le bénéfice net (part du groupe) a ainsi atteint l'année dernière 38,2 millions d'euros, en hausse de 6,1 %. Ces performances démontrent la résistance de la filiale à 75 % d'EDF à l'ouverture des marchés de l'énergie. Les PME-PMI, artisans ou autres collectivités locales alsaciennes éligibles à un autre distributeur lui sont en effet restés fidèles à 95 %. La seule déception est venue du dividende distribué : 2,20 euros par action, contre 4 euros en 2003. Mais des provisions pour le financement des retraites des employés ont dû être passées dans les comptes. Néanmoins, Electricité de Strasbourg devrait être en mesure, dès cette année, de reconstituer son potentiel de distribution. Au point que la société envisage même de verser un acompte.
Par ailleurs, le titre possède une véritable dimension spéculative, puisque EDF pourrait décider de retirer la société de la cote, ou de céder sa participation.
HYDRO-EXPLOITATIONS
Le dividende pourrait tomber à l'eau
> Fondé à Foix en 1954, ce minuscule producteur d'électricité exploite cinq barrages hydroélectriques situés aux confins des Pyrénées.
Un protocole d'accord pour l'achat d'une sixième chute, localisée à Rebouc, dans les Hautes-Pyrénées, a été signé. Mais la finalisation de la transaction bute pour l'heure sur certaines modalités.
Son montant devrait se situer entre trois et quatre fois le chiffre d'affaires de la centrale, qui apportera à Hydro-Exploitations un supplément de production de l'ordre de 25 %.
Toute l'électricité produite par la société est vendue à EDF, avec lequel court une convention de distribution jusqu'en 2012. Le prix est également fixé contractuellement, mais il peut être revu à la baisse, EDF ayant mis en place des normes de qualité à satisfaire.
Néanmoins, la visibilité sur l'activité apparaît bonne au moins jusqu'à cette échéance.
Les résultats de 2004 ne sont pas encore connus, mais ils devraient s'inscrire dans la lignée de ceux de l'exercice précédent, marqué par un résultat net de 0,29 million, pour un chiffre d'affaires supérieur à 1 million d'euros.
En dépit de ces performances somme toute de bonne facture (la marge nette atteint presque 30 %), la société pourrait déroger à sa réputation de générosité, et ne pas verser au titre de 2004 de dividende, ou au mieux, le diminuer sensiblement par rapport à 2003.
La cause : deux incidents (un incendie et un problème de maintenance sur une turbine) sont survenus sur des centrales au cours des derniers mois, et ont nécessité de puiser dans la trésorerie.
Mais tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement, et, dès 2006, le montant du coupon distribué pourrait avoisiner celui de 2003 (2,8 euros par action).
THEOLIA
Enfin le vent souffle dans les voiles
> Le vent tourne enfin dans le bon sens pour Théolia. Alors que seules ses deux centrales thermiques contribuaient jusqu'à présent aux résultats, deux fermes éoliennes, acquises récemment, Fonds de Fresnes (10 mégawatts) et Séglien (9 mégawatts), seront mises en service avant la fin de l'année civile.
Et les deux projets éoliens (26 mégawatts dans l'Aveyron et 6 mégawatts dans la Somme), prêts à être installés, dont Théolia a hérité de la société Ventura, rachetée au début du mois d'avril (et dont l'acquisition sera finalisée le 12 mai), devraient également sortir de terre d'ici au 30 juin 2006.
L'installation de fermes éoliennes mobilise beaucoup de capitaux : 13 millions d'euros pour un parc de 10 mégawatts, mais ces installations fonctionnent ensuite de manière automatisée. Les kilowatts produits sont par ailleurs rachetés par EDF à un tarif garanti (8 centimes par kilowatt en moyenne sur quinze ans, soit 60 % de plus que le prix habituellement payé).
De ce fait, la rentabilité des projets est quasi assurée, chaque ferme de 10 mégawatts devant dégager en moyenne 2 millions d'euros de produits d'exploitation et 1 million de capacité d'auto-financement par an.
Mais les ambitions de Théolia ne s'arrêtent pas à la seule utilisation de la mécanique du vent. La société aixoise se diversifie dans les activités liées à l'environnement, avec un premier projet consistant à mettre en place, dans le cadre d'une délégation de service public de dix-huit ans, une usine de traitement des déchets à Beaucaire (dans le Gard). Elle sera opérationnelle le 1er octobre prochain.
Afin de financer cette forte expansion, trois augmentations de capital successives, pour un montant total de 22,8 millions d'euros, ont été lancées et souscrites par des investisseurs institutionnels français et étrangers.
POWEO
Un cours sous tension
> Le succès auprès des investisseurs du courtier en électricité tient-il à la pertinence du plan d'affaires ou à la personnalité de son fondateur, Charles Beigbeder, auteur d'une belle plus-value lors de la revente de sa précédente start-up, Self Trade ?
Une chose est sûre : le succès commercial semble au rendez-vous et le projet tient la route. Le métier de Poweo est de revendre de l'électricité achetée sur le marché à des PME-PMI ou à des artisans-commerçants, en leur proposant un rabais allant jusqu'à 10 % par rapport aux tarifs bleus d'EDF (destinés aux petits consommateurs). Ces conditions avantageuses sont rendues possibles grâce à la faiblesse des coûts de structure de la société.
A la fin de 2004, Poweo revendiquait ainsi 17.500 sites clients, dont les stations de ski de La Plagne et des Arcs, ou encore l'Opéra de Paris.
Son objectif est d'atteindre 100.000 comptes à la fin de l'année en cours, qui devraient générer un chiffre d'affaires de 165 millions d'euros et une perte nette de 1,7 million (après un déficit de 9,3 millions sur l'exercice allant du 1er juillet 2003 au 31 décembre 2004). Le premier exercice bénéficiaire est attendu en 2006.
Mais la société n'est pas sans risques. Outre sa cotation au Marché Libre qui ne protège pas l'investisseur particulier, Poweo brûle beaucoup de liquidités, et a dû en conséquence procéder en décembre 2004 à une nouvelle levée de fonds, après celle qui a suivi son introduction en Bourse. Par ailleurs, le courtier achète l'électricité à des prix de marché qui dépendent de la conjoncture économique.
Or, en période de vague de froid, comme cela a été le cas cet hiver, les prix peuvent flamber, ce qui a pour effet d'éroder ses marges.
