Six sociétés capables d'enrichir leurs actionnaires grâce à la croissance externe

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Faiblesse des taux d'intérêt, assainissement des structures de bilan, amélioration de la conjoncture économique, opportunités d'investissements plus favorables... Toutes les conditions sont réunies pour que nous assistions, dès cette année, à une reprise des opérations de croissance externe. Dans ce contexte, les sociétés qui se montreront les plus opportunistes en s'appuyant sur une stratégie d'acquisitions à la fois offensive et maîtrisée ne pourront que susciter les faveurs de la communauté financière. Nous avons sélectionné six sociétés qui bénéficient d'une structure financière saine et, pour certaines d'entre elles, d'expériences d'intégration réussies. Elles s'appuient sur un modèle économique suffisamment solide pour dynamiser leurs résultats par des acquisitions judicieuses.
BENETEAU
> Cap sur les bateaux à moteur
Plus de cent-vingt années se sont écoulées depuis que Benjamin Bénéteau, fondateur du groupe éponyme, commençait à se faire connaître des marins pêcheurs vendéens en construisant des chalutiers à voiles. Aujourd'hui, après s'être imposé comme le premier fabricant mondial de voiliers avec 25 % du marché, le plaisancier jette son dévolu sur le segment des embarcations à moteur, qui représente seulement un tiers de son chiffre d'affaires total (715,4 millions d'euros l'an dernier). L'objectif est clair : doubler les ventes de bateaux à moteur entre 2003 et 2008, et augmenter de 50 %, sur la même période, l'activité dans la voile. Selon la direction, cette croissance sera pour moitié soutenue par le développement du marché. Même si le plan de développement de Bénéteau ne prévoit pas de recours à la croissance externe, Bruno Cathelinais, son directeur général, n'exclut pas de réaliser, par ailleurs, une acquisition importante pour renforcer son assise sur le segment dynamique des bateaux à moteur de 9 à 15 mètres. « Si nous devions recourir à une opération de croissance externe, il nous paraîtrait plus sage d'envisager une acquisition significative », nous confiait encore Bruno Cathelinais en octobre 2004. Au vu de sa structure financière, le groupe serait susceptible de débourser plus de 100 millions d'euros pour mettre la main sur un fabricant. La direction espère en effet disposer d'une trésorerie nette positive d'environ 150 millions d'euros après prise en compte des investissements internes à l'issue de l'exercice qui sera clos le 31 août 2006. Béneteau, qui, historiquement, a démontré la pertinence de son modèle économique et fait preuve d'une gestion budgétaire rigoureuse, ne devrait pas mettre en péril ses équilibres financiers en cas d'opération de croissance externe d'envergure. A périmètre constant, les dirigeants tablent déjà sur un bénéfice net de 64,5 millions d'euros cette année et prévoient de franchir le cap du milliard de facturations en 2008. Nous conseillons de profiter de tout repli du titre vers 65 euros pour se positionner à l'achat, en visant 75 euros.
INTER PARFUMS
> Un bilan adapté au rachat de nouvelles licences
Produire des fragrances en respectant un cahier des charges défini par un contrat de licence signé avec un acteur de l'industrie du luxe. C'est sur ce concept que repose aujourd'hui l'activité d'Inter Parfums, qui vient une fois de plus de dépasser les attentes des investisseurs en publiant un bénéfice net annuel de 15,2 millions d'euros, en progression de 20 %, pour un chiffre d'affaires de 157,4 millions (+ 20 %). Ces bonnes performances résultent, entre autres, du renouvellement, au cours du second semestre 2004, de la licence Burberry (75,4 % des ventes) et de l'acquisition de la licence Lanvin. Outre des opérations de rachat ponctuelles comme la prise de participation majoritaire effectuée l'an passé dans la société spécialisée dans les soins Nickel, Inter Parfums axe son développement sur l'acquisition de nouvelles marques. « Nous pourrions autofinancer une opération de croissance externe d'un montant compris entre 20 et 30 millions d'euros, sachant que notre maison mère, Inter Parfums Inc., pourrait y participer à hauteur d'environ 20 millions d'euros », note Philippe Benacin, le président de la société. Doté d'une trésorerie nette positive qui devrait atteindre cette année entre 16 et 17 millions d'euros, le parfumeur étudie actuellement quelques dossiers pour des rachats oscillant « entre 1 et 1,5 fois le chiffre d'affaires ». Pour 2005, le doublement du budget médias à l'international et la répercussion sur une année pleine du nouveau taux de redevance Burberry devraient peser sur la marge d'exploitation, malgré la hausse de 10 à 15 % escomptée sur les prix de vente de cette marque. Nous attendons ainsi, cette année, un résultat net stable de l'ordre de 15 millions d'euros, mais pensons que les investissements commenceront à porter leurs fruits dès 2006 et que le groupe bénéficie d'une assise financière suffisamment solide pour pérenniser la viabilité de son modèle économique. On pourra mettre la valeur en portefeuille avec 36 euros comme objectif de cours.
LINEDATA SERVICES
> L'abandon du rachat de FMC ouvre de nouvelles pistes
La relance des investissements informatiques observée dans les entreprises ouvre, après trois années difficiles, de nouvelles perspectives de développement aux éditeurs de logiciels, qui doivent maintenant disposer d'une taille suffisante pour remporter d'importants appels d'offres. Face à ce constat, Linedata Services s'est porté candidat au rachat du canadien FMC (Financial Models Company), pour un montant de 154 millions de dollars canadiens (environ 100 millions d'euros), dans le but de devenir le troisième spécialiste mondial de l'édition et de l'intégration de solutions logicielles pour les professionnels de la finance. Le groupe a malheureusement dû déposer les armes après la surenchère effectuée par l'américain SS&C Technologies pour mettre la main sur FMC. Reste que Linedata ne devrait pas tarder à rebondir, après avoir levé 21 millions d'euros via une augmentation de capital réservée en juin 2004, qui était destinée à financer partiellement l'opération. « Nous continuons d'étudier une, voire deux opportunités de croissance externe qui porteraient sur un chiffre d'affaires total d'environ 50 millions d'euros, à condition qu'elles ne remettent pas en cause notre objectif d'un ratio d'endettement sur fonds propres postopération de 50 % et qu'elles ne s'éloignent pas trop de nos propres niveaux de valorisation », tempère-t-on à la direction de la communication. En refusant de surpayer le rachat de FMC, le groupe a manqué l'occasion de renforcer significativement sa position sur le marché des logiciels financiers, mais n'en a pas moins affiché sa volonté de préserver ses marges selon des critères de gestion prudentielle et d'éviter ainsi de replonger dans les excès des années d'euphorie Internet. Ce constat renforce notre confiance dans la capacité de la société à effectuer des opérations positives pour ses résultats. En 2004, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 113,1 millions et devrait, sur la même période, dégager une marge d'exploitation proche de 15 %. Nous renforçons notre position en visant un objectif de cours de 21 euros.
MAUREL & PROM
> En quête de nouvelles terres à explorer
Quoi de plus normal pour une société d'exploration et de production pétrolière que de se lancer à la conquête de nouveaux gisements d'or noir au moment où tout porte à croire que les cours du baril devraient rester durablement élevés dans les mois qui viennent. Surtout lorsque, comme pour Maurel & Prom, dont plus de 90 % des sources de revenus proviennent du Congo, la diversification du risque pays devient une priorité. Ainsi, le groupe pétrolier a-t-il décidé de lancer une émission d'Océanes (Obligations convertibles et/ou échangeables en actions) de 375 millions d'euros, qui a remporté un vif succès auprès des investisseurs institutionnels, pour couvrir ses projets de croissance externe. « Nous pouvons aujourd'hui mobiliser environ 600 millions d'euros pour financer une, voire deux acquisitions, qui pourraient notamment nous permettre d'opérer dans les domaines de l'extraction offshore et du gaz. L'opération se fera sur la base de multiples n'excédant pas 11 fois le bénéfice net et devra avoir un impact positif sur nos résultats dès la première année », précise Frédéric Boulet, le directeur général de Maurel & Prom. Deux cibles, une petite compagnie sud-américaine et une société pétrolière indépendante européenne opérant en mer du Nord, seraient d'ores et déjà en ligne de mire. Si tel était le cas, Maurel & Prom deviendrait, avec une production de 20.000 à 30.000 barils par jour et une réserve additionnelle de 100 à 150 millions de barils, le premier groupe pétrolier indépendant en Europe. Pour l'exercice clos le 31 décembre 2004, nous prévoyons un quasi-triplement du résultat net, à 65 millions, qui repose, entre autres, sur une production de 22.000 barils par jour à fin 2004. Le bénéfice net pourrait, selon nous, être porté à 150 millions d'euros en 2005, grâce à un fort accroissement des volumes produits.
Nous réitérons notre confiance dans le potentiel du titre en visant un objectif de cours de 20 euros à moyen terme.
NATUREX
> Une dynamique de croissance externe maîtrisée
Certaines sociétés peuvent parfois bénéficier à la fois d'un marché porteur et d'une stratégie de croissance externe offensive. Naturex en est un bon exemple. Après deux intégrations de sociétés réussies en 2002 et en 2004, ce fabricant d'ingrédients naturels pour les industries alimentaires (colorants, arômes, antioxydants) et la nutraceutique vient en effet de lancer avec succès une augmentation de capital de 10,7 millions d'euros dans le but de financer la reprise de son programme d'acquisitions. Grâce aux fonds levés, le groupe a abaissé son ratio d'endettement net sur fonds propres (33,4 millions d'euros) de 53,4 % à 6,6 %, et cherche à acquérir des sociétés présentes sur des marchés en Europe et aux Etats-Unis et sur des métiers sur lesquels il opère déjà. En absorbant de nouvelles entités, Naturex gagne ainsi de nouveaux clients en évitant, dans le même temps, les processus d'accréditation qui sont souvent longs pour des matières aussi sensibles que des ingrédients alimentaires. « Notre objectif est d'acquérir 20 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire par croissance externe à un horizon de deux à trois ans. Nous ciblons des sociétés qui réalisent des facturations variant entre quelques dizaines de milliers et plusieurs millions d'euros », affirme Jacques Dikansky, le président de Naturex. Le groupe n'en est pas à son premier coup d'essai et la solidité de ses comptes témoigne de la pertinence des choix effectués dans le passé. En 2004, les ventes ont bondi de 23,7 %, pour s'établir à 34,8 millions d'euros, et le résultat net devrait, pour la même année, osciller entre 2,6 et 2,7 millions. D'une manière générale, la direction projette de gagner un point de marge nette par an, pour atteindre 10 % dans trois ans.
Nous restons acheteurs sur la valeur avec un objectif de cours de 34 euros.
NET2S
> Vers un enrichissement de l'offre
Peu de petites sociétés de services informatiques peuvent, comme Net2S, se targuer d'avoir survécu aux quatre années de crise qui ont suivi l'effondrement de la nouvelle économie tout en disposant d'un trésor de guerre presque équivalent au montant de son chiffre d'affaires. Ce spécialiste du conseil en réseaux télécoms, qui a, en 2004, affiché un chiffre d'affaires de 39 millions d'euros (+ 7,7 %) et se rapproche progressivement de l'équilibre (- 0,36 million d'euros), semble aujourd'hui mieux armé pour financer son développement. Après deux années consacrées à l'abaissement de son point mort, Net2S a racheté, fin 2004, CyberNetworks, une société opérant dans la sécurité informatique et réalisant un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, pour enrichir son offre. Selon Marc Cabaret, le directeur financier, « l'opération sera relutive dès 2005 ». Le dirigeant dit rester « à l'écoute de nouvelles opportunités sans qu'il faille pour autant réaliser coûte que coûte une opération de croissance externe ». Force est d'admettre que les 20 millions de trésorerie nette positive inscrits dans le bilan au 31 décembre 2004, après la prise en compte du rachat de CyberNetworks, permettent au groupe d'appréhender l'avenir avec sérénité. Il n'est d'ailleurs pas exclu que le retour aux profits de la société (2,5 % de marge d'exploitation au quatrième trimestre) constitue un facteur de relance des investissements. « Si nous réalisons une acquisition, nous nous en tiendrons aux multiples du secteur, sachant que le rachat devra très rapidement être positif pour les résultats de Net2S », ajoute Marc Cabaret. Nous pensons que le groupe est susceptible de renouer cette année avec un résultat net positif de 0,5 million d'euros, grâce au redressement de l'activité et à la rationalisation des frais de structure.
Nous sommes acheteurs à titre spéculatif sur le titre, avec 5 euros en ligne de mire.
BENETEAU
> Cap sur les bateaux à moteur
Plus de cent-vingt années se sont écoulées depuis que Benjamin Bénéteau, fondateur du groupe éponyme, commençait à se faire connaître des marins pêcheurs vendéens en construisant des chalutiers à voiles. Aujourd'hui, après s'être imposé comme le premier fabricant mondial de voiliers avec 25 % du marché, le plaisancier jette son dévolu sur le segment des embarcations à moteur, qui représente seulement un tiers de son chiffre d'affaires total (715,4 millions d'euros l'an dernier). L'objectif est clair : doubler les ventes de bateaux à moteur entre 2003 et 2008, et augmenter de 50 %, sur la même période, l'activité dans la voile. Selon la direction, cette croissance sera pour moitié soutenue par le développement du marché. Même si le plan de développement de Bénéteau ne prévoit pas de recours à la croissance externe, Bruno Cathelinais, son directeur général, n'exclut pas de réaliser, par ailleurs, une acquisition importante pour renforcer son assise sur le segment dynamique des bateaux à moteur de 9 à 15 mètres. « Si nous devions recourir à une opération de croissance externe, il nous paraîtrait plus sage d'envisager une acquisition significative », nous confiait encore Bruno Cathelinais en octobre 2004. Au vu de sa structure financière, le groupe serait susceptible de débourser plus de 100 millions d'euros pour mettre la main sur un fabricant. La direction espère en effet disposer d'une trésorerie nette positive d'environ 150 millions d'euros après prise en compte des investissements internes à l'issue de l'exercice qui sera clos le 31 août 2006. Béneteau, qui, historiquement, a démontré la pertinence de son modèle économique et fait preuve d'une gestion budgétaire rigoureuse, ne devrait pas mettre en péril ses équilibres financiers en cas d'opération de croissance externe d'envergure. A périmètre constant, les dirigeants tablent déjà sur un bénéfice net de 64,5 millions d'euros cette année et prévoient de franchir le cap du milliard de facturations en 2008. Nous conseillons de profiter de tout repli du titre vers 65 euros pour se positionner à l'achat, en visant 75 euros.
INTER PARFUMS
> Un bilan adapté au rachat de nouvelles licences
Produire des fragrances en respectant un cahier des charges défini par un contrat de licence signé avec un acteur de l'industrie du luxe. C'est sur ce concept que repose aujourd'hui l'activité d'Inter Parfums, qui vient une fois de plus de dépasser les attentes des investisseurs en publiant un bénéfice net annuel de 15,2 millions d'euros, en progression de 20 %, pour un chiffre d'affaires de 157,4 millions (+ 20 %). Ces bonnes performances résultent, entre autres, du renouvellement, au cours du second semestre 2004, de la licence Burberry (75,4 % des ventes) et de l'acquisition de la licence Lanvin. Outre des opérations de rachat ponctuelles comme la prise de participation majoritaire effectuée l'an passé dans la société spécialisée dans les soins Nickel, Inter Parfums axe son développement sur l'acquisition de nouvelles marques. « Nous pourrions autofinancer une opération de croissance externe d'un montant compris entre 20 et 30 millions d'euros, sachant que notre maison mère, Inter Parfums Inc., pourrait y participer à hauteur d'environ 20 millions d'euros », note Philippe Benacin, le président de la société. Doté d'une trésorerie nette positive qui devrait atteindre cette année entre 16 et 17 millions d'euros, le parfumeur étudie actuellement quelques dossiers pour des rachats oscillant « entre 1 et 1,5 fois le chiffre d'affaires ». Pour 2005, le doublement du budget médias à l'international et la répercussion sur une année pleine du nouveau taux de redevance Burberry devraient peser sur la marge d'exploitation, malgré la hausse de 10 à 15 % escomptée sur les prix de vente de cette marque. Nous attendons ainsi, cette année, un résultat net stable de l'ordre de 15 millions d'euros, mais pensons que les investissements commenceront à porter leurs fruits dès 2006 et que le groupe bénéficie d'une assise financière suffisamment solide pour pérenniser la viabilité de son modèle économique. On pourra mettre la valeur en portefeuille avec 36 euros comme objectif de cours.
LINEDATA SERVICES
> L'abandon du rachat de FMC ouvre de nouvelles pistes
La relance des investissements informatiques observée dans les entreprises ouvre, après trois années difficiles, de nouvelles perspectives de développement aux éditeurs de logiciels, qui doivent maintenant disposer d'une taille suffisante pour remporter d'importants appels d'offres. Face à ce constat, Linedata Services s'est porté candidat au rachat du canadien FMC (Financial Models Company), pour un montant de 154 millions de dollars canadiens (environ 100 millions d'euros), dans le but de devenir le troisième spécialiste mondial de l'édition et de l'intégration de solutions logicielles pour les professionnels de la finance. Le groupe a malheureusement dû déposer les armes après la surenchère effectuée par l'américain SS&C Technologies pour mettre la main sur FMC. Reste que Linedata ne devrait pas tarder à rebondir, après avoir levé 21 millions d'euros via une augmentation de capital réservée en juin 2004, qui était destinée à financer partiellement l'opération. « Nous continuons d'étudier une, voire deux opportunités de croissance externe qui porteraient sur un chiffre d'affaires total d'environ 50 millions d'euros, à condition qu'elles ne remettent pas en cause notre objectif d'un ratio d'endettement sur fonds propres postopération de 50 % et qu'elles ne s'éloignent pas trop de nos propres niveaux de valorisation », tempère-t-on à la direction de la communication. En refusant de surpayer le rachat de FMC, le groupe a manqué l'occasion de renforcer significativement sa position sur le marché des logiciels financiers, mais n'en a pas moins affiché sa volonté de préserver ses marges selon des critères de gestion prudentielle et d'éviter ainsi de replonger dans les excès des années d'euphorie Internet. Ce constat renforce notre confiance dans la capacité de la société à effectuer des opérations positives pour ses résultats. En 2004, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 113,1 millions et devrait, sur la même période, dégager une marge d'exploitation proche de 15 %. Nous renforçons notre position en visant un objectif de cours de 21 euros.
MAUREL & PROM
> En quête de nouvelles terres à explorer
Quoi de plus normal pour une société d'exploration et de production pétrolière que de se lancer à la conquête de nouveaux gisements d'or noir au moment où tout porte à croire que les cours du baril devraient rester durablement élevés dans les mois qui viennent. Surtout lorsque, comme pour Maurel & Prom, dont plus de 90 % des sources de revenus proviennent du Congo, la diversification du risque pays devient une priorité. Ainsi, le groupe pétrolier a-t-il décidé de lancer une émission d'Océanes (Obligations convertibles et/ou échangeables en actions) de 375 millions d'euros, qui a remporté un vif succès auprès des investisseurs institutionnels, pour couvrir ses projets de croissance externe. « Nous pouvons aujourd'hui mobiliser environ 600 millions d'euros pour financer une, voire deux acquisitions, qui pourraient notamment nous permettre d'opérer dans les domaines de l'extraction offshore et du gaz. L'opération se fera sur la base de multiples n'excédant pas 11 fois le bénéfice net et devra avoir un impact positif sur nos résultats dès la première année », précise Frédéric Boulet, le directeur général de Maurel & Prom. Deux cibles, une petite compagnie sud-américaine et une société pétrolière indépendante européenne opérant en mer du Nord, seraient d'ores et déjà en ligne de mire. Si tel était le cas, Maurel & Prom deviendrait, avec une production de 20.000 à 30.000 barils par jour et une réserve additionnelle de 100 à 150 millions de barils, le premier groupe pétrolier indépendant en Europe. Pour l'exercice clos le 31 décembre 2004, nous prévoyons un quasi-triplement du résultat net, à 65 millions, qui repose, entre autres, sur une production de 22.000 barils par jour à fin 2004. Le bénéfice net pourrait, selon nous, être porté à 150 millions d'euros en 2005, grâce à un fort accroissement des volumes produits.
Nous réitérons notre confiance dans le potentiel du titre en visant un objectif de cours de 20 euros à moyen terme.
NATUREX
> Une dynamique de croissance externe maîtrisée
Certaines sociétés peuvent parfois bénéficier à la fois d'un marché porteur et d'une stratégie de croissance externe offensive. Naturex en est un bon exemple. Après deux intégrations de sociétés réussies en 2002 et en 2004, ce fabricant d'ingrédients naturels pour les industries alimentaires (colorants, arômes, antioxydants) et la nutraceutique vient en effet de lancer avec succès une augmentation de capital de 10,7 millions d'euros dans le but de financer la reprise de son programme d'acquisitions. Grâce aux fonds levés, le groupe a abaissé son ratio d'endettement net sur fonds propres (33,4 millions d'euros) de 53,4 % à 6,6 %, et cherche à acquérir des sociétés présentes sur des marchés en Europe et aux Etats-Unis et sur des métiers sur lesquels il opère déjà. En absorbant de nouvelles entités, Naturex gagne ainsi de nouveaux clients en évitant, dans le même temps, les processus d'accréditation qui sont souvent longs pour des matières aussi sensibles que des ingrédients alimentaires. « Notre objectif est d'acquérir 20 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire par croissance externe à un horizon de deux à trois ans. Nous ciblons des sociétés qui réalisent des facturations variant entre quelques dizaines de milliers et plusieurs millions d'euros », affirme Jacques Dikansky, le président de Naturex. Le groupe n'en est pas à son premier coup d'essai et la solidité de ses comptes témoigne de la pertinence des choix effectués dans le passé. En 2004, les ventes ont bondi de 23,7 %, pour s'établir à 34,8 millions d'euros, et le résultat net devrait, pour la même année, osciller entre 2,6 et 2,7 millions. D'une manière générale, la direction projette de gagner un point de marge nette par an, pour atteindre 10 % dans trois ans.
Nous restons acheteurs sur la valeur avec un objectif de cours de 34 euros.
NET2S
> Vers un enrichissement de l'offre
Peu de petites sociétés de services informatiques peuvent, comme Net2S, se targuer d'avoir survécu aux quatre années de crise qui ont suivi l'effondrement de la nouvelle économie tout en disposant d'un trésor de guerre presque équivalent au montant de son chiffre d'affaires. Ce spécialiste du conseil en réseaux télécoms, qui a, en 2004, affiché un chiffre d'affaires de 39 millions d'euros (+ 7,7 %) et se rapproche progressivement de l'équilibre (- 0,36 million d'euros), semble aujourd'hui mieux armé pour financer son développement. Après deux années consacrées à l'abaissement de son point mort, Net2S a racheté, fin 2004, CyberNetworks, une société opérant dans la sécurité informatique et réalisant un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, pour enrichir son offre. Selon Marc Cabaret, le directeur financier, « l'opération sera relutive dès 2005 ». Le dirigeant dit rester « à l'écoute de nouvelles opportunités sans qu'il faille pour autant réaliser coûte que coûte une opération de croissance externe ». Force est d'admettre que les 20 millions de trésorerie nette positive inscrits dans le bilan au 31 décembre 2004, après la prise en compte du rachat de CyberNetworks, permettent au groupe d'appréhender l'avenir avec sérénité. Il n'est d'ailleurs pas exclu que le retour aux profits de la société (2,5 % de marge d'exploitation au quatrième trimestre) constitue un facteur de relance des investissements. « Si nous réalisons une acquisition, nous nous en tiendrons aux multiples du secteur, sachant que le rachat devra très rapidement être positif pour les résultats de Net2S », ajoute Marc Cabaret. Nous pensons que le groupe est susceptible de renouer cette année avec un résultat net positif de 0,5 million d'euros, grâce au redressement de l'activité et à la rationalisation des frais de structure.
Nous sommes acheteurs à titre spéculatif sur le titre, avec 5 euros en ligne de mire.
