Quatre services vraiment utiles pour les actionnaires

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Les clubs d'actionnaires : un bon moyen pour rencontrer les dirigeants
Les clubs d'actionnaires n'ont généralement pas d'existence juridique car ils sont souvent créés au sein même des sociétés cotées. Ils se sont développés pendant les années 1990, la Société Générale ayant été pionnière en fondant le sien en 1992. Seules treize sociétés sur les quarante qui composent le CAC 40 ont mis en place un club pour leurs actionnaires individuels. Après un effet de mode, peu de groupes cotés envisagent aujourd'hui de créer de telles structures, car leur utilité réelle pour les porteurs est de plus en plus remise en question. Les clubs d'actionnaires, souvent accessibles avec seulement une action détenue, ne fournissent en effet que peu de vraies informations supplémentaires sur les sociétés, ce qui est normal, compte tenu du principe d'égalité face à la communication financière. Ils apportent essentiellement des cadeaux aux membres, comme ces articles griffés Louis Vuitton spécialement créés pour le club des actionnaires du groupe de luxe LVMH, des rabais tels que ceux pratiqués sur les vins millésimés détenus par le groupe d'assurances Axa, des points supplémentaires dans le cadre des programmes de fidélité du groupe hôtelier Accor ou du groupe pétrolier Total, et des accès à de multiples manifestations culturelles ou sportives soutenues par les grands établissements bancaires tels que Crédit Agricole ou Société Générale. Ces programmes ont au moins le mérite de fidéliser les actionnaires à l'aide, notamment, d'une batterie de supports de communication tels que des lettres sur les manifestations culturelles spécifiquement rédigées pour les membres du club, comme c'est le cas au très chic cercle des actionnaires de BNP Paribas. On reste toutefois bien loin de l'information financière. Le club n'a, selon nous, un intérêt réel que s'il permet d'accéder aisément à des réunions permettant aux actionnaires de rencontrer les dirigeants des sociétés. A la lumière de notre enquête, nous avons été agréablement surpris de constater que les sociétés qui proposent un club sont aussi les plus dynamiques et les plus volontaires pour organiser des réunions-débats et des visites de sites à leurs actionnaires individuels.
Hors les strass et les paillettes des cadeaux et visites culturelles, qui sont toutefois toujours agréables, les clubs constituent aujourd'hui le meilleur vecteur pour les particuliers qui souhaitent rencontrer les dirigeants des sociétés, leur poser librement des questions et obtenir des réponses sur la stratégie et les perspectives financières normalement réservées aux journalistes et aux analystes financiers. Un bémol toutefois : très peu d'entreprises publient sur leur site Internet ou dans leurs lettres destinées aux actionnaires des comptes rendus détaillés des débats qui ont été organisés.
Près des trois quarts des entreprises de notre échantillon organisent des rencontres entre leurs dirigeants et les actionnaires individuels. L'exercice a même ses champions : le Crédit Agricole organise chaque année une trentaine de réunions partout en France pour présenter ses données financières et sa stratégie de développement.
Les comités consultatifs, ou comment intégrer les actionnaires dans la vie de l'entreprise
Quatorze sociétés proposent à leurs actionnaires d'intégrer un comité consultatif (appelé aussi « comité de liaison » au Crédit Agricole). Peu connus, les comités consultatifs sont des organes internes aux sociétés destinés, comme leur nom l'indique, à recueillir les doléances, critiques et remarques des investisseurs individuels. Encore peu répandus, ils constituent pourtant, selon nous, un puissant outil de dialogue entre les actionnaires individuels et les directions des sociétés cotées en Bourse. Ils permettent, en effet, enfin aux porteurs individuels, souvent isolés et peu écoutés, de faire entendre leur voix et d'asseoir leur pouvoir légitime. Le précurseur du genre, Air Liquide, a créé son comité consultatif en 1987, pour être suivi dès 1988 par la Société Générale, puis par Dexia en 1992 et par Total en 1993. Selon nos informations, France Télécom étudierait actuellement la possibilité de mettre en place un comité qui servirait de porte-voix à ses actionnaires individuels. Mais l'idée, soulevée et défendue par Thierry Breton, qui a rejoint le ministère de l'Economie et des Finances entre-temps, n'est pas certaine d'aboutir avec la nouvelle direction du groupe de télécommunications. Les comités consultatifs comptent généralement une douzaine de membres et sont présidés par le dirigeant de l'entreprise, pour un mandat de trois ans en moyenne. Les conditions d'admission sont officiellement plutôt souples : il suffit d'être actionnaire et d'envoyer son curriculum vitæ à la société, qui convoque ensuite les candidats retenus pour un entretien individuel. La sélection est donc à la discrétion des dirigeants du groupe. La fonction implique de se rendre disponible en moyenne deux fois dans l'année pour assister aux réunions plénières du comité, les frais de déplacement et d'hébergement étant généralement pris en charge par la société. Certaines entreprises sont néanmoins plus exigeantes que d'autres pour sélectionner les membres de leur comité. Chez Dexia, les actionnaires intéressés doivent posséder au moins 60 actions. Chez Axa, il faut être membre du club des actionnaires et détenir au moins 100 titres du groupe d'assurances. Michelin n'exige aucun minimum d'actions détenues, mais sélectionne ses candidats comme s'il s'agissait d'une embauche : par l'intermédiaire d'un cabinet de recrutement ! Les comités apportent, selon nous, des voies intéressantes en matière de dialogue avec les actionnaires individuels. Les nombreux comptes rendus publiés sur le site Internet des sociétés concernées en sont une preuve bien concrète. Toutefois, la logique mériterait d'être poussée à son terme : les propriétaires de l'entreprise devraient être admis, selon nous, au sein des conseils d'administration. Là est leur vraie place.
Inscrivez vos titres au nominatif pour obtenir l'information à domicile et des tarifs de courtage parfois intéressants
L'inscription de ses titres au nominatif implique leur enregistrement dans les registres de la société, qui connaît alors ses actionnaires, à la différence des actions dites « au porteur », qui sont impersonnelles. Pour s'y inscrire, il faut faire parvenir à son intermédiaire financier une demande de transfert de ses titres au gestionnaire des actions au nominatif de la société concernée. Soit l'entreprise concernée choisit de déléguer la gestion des titres nominatifs à un établissement financier, auquel cas on parle de « nominatif administré ». Soit la société décide d'assurer elle-même la gestion des titres inscrits au nominatif.
On parle alors de « nominatif pur ». La formule est très avantageuse pour l'actionnaire individuel. Elle permet de recevoir à domicile toutes les documentations sur papier (lettres aux actionnaires, rapports annuels, convocations aux assemblées générales). L'ensemble des sociétés propose aujourd'hui ce service à ses investisseurs.
Lagardère et Michelin (deux sociétés en commandite par actions) font figure d'exception, puisque tous leurs actionnaires sont automatiquement inscrits au nominatif !
Autre avantage du nominatif : il exonère l'actionnaire des traditionnels droits de garde facturés par son intermédiaire financier habituel. De plus, les frais de transaction (ordres d'achat et de vente) des titres inscrits au nominatif sont moins chers qu'ailleurs : seulement 0,25 % hors taxes du montant de la transaction aux AGF sans minimum forfaitaire par ordre réalisé ! Nous recommandons néanmoins la prudence sur l'inscription au nominatif.
Celui-ci n'est intéressant que si les tarifs de courtage offerts sont réellement moins élevés que ceux qui vous sont proposés par votre intermédiaire financier habituel. Capgemini, Essilor International et Pernod-Ricard sont ainsi ceux dont les tarifs sont les plus élevés : 1 % hors taxes du montant de la transaction ! Parallèlement, l'inscription au nominatif permet, dans la plupart des cas, aux actionnaires inscrits de doubler leurs droits de vote après généralement deux années continues de détention de leurs actions (dix ans chez Pernod-Ricard).
On pourrait croire que le procédé confère aux investisseurs individuels un pouvoir supplémentaire, mais il permet en fait aux actionnaires majoritaires d'asseoir leur pouvoir dans le temps et de mieux faire approuver leurs résolutions lors des assemblées générales.
Guides des actionnaires et Internet : les meilleurs canaux pour se décider à investir
Internet est vraiment un outil formidable lorsque les sociétés se donnent la peine de bien développer leur site.
La Toile est en effet le média le plus facile (si on est équipé) pour obtenir à tout instant les informations financières ou stratégiques sur les sociétés cotées en Bourse. Toutes ont en effet sur leur site Internet une rubrique consacrée aux investisseurs individuels.
Il n'y a aucune restriction d'accès (aucun identifiant ni mot de passe ne sont exigés), et il est possible de télécharger tous les documents financiers souhaités (assemblées générales, présentations aux analystes financiers, communiqués sur les résultats, rapports annuels, etc.).
Il est même possible de voter aux assemblées en passant par Internet depuis la publication de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) du 15 mai 2001.
Cependant, seules trois sociétés (Danone et France Télécom depuis 2003, BNP Paribas depuis l'année dernière) proposent aujourd'hui ce service à leurs actionnaires, car la mise en oeuvre technique du procédé est fastidieuse (le suivi de l'assemblée et le vote en direct impliquent de posséder du très haut débit, et la sécurité des procédés de cryptologie utilisés pour authentifier la signature électronique du votant a été récemment remise en cause) et trop peu d'investisseurs votent pour l'instant par l'intermédiaire de ce canal.
Ces contraintes ont obligé le groupe Lagardère à abandonner le procédé après avoir effectué un galop d'essai en 2003. Pour ceux qui préfèrent le papier à Internet, il existe de très beaux guides des actionnaires qui renferment toutes les informations nécessaires pour savoir comment comprendre le fonctionnement de la Bourse, passer ses ordres et les différents modes de détention des actions.
Si Carrefour et Casino ont pris l'initiative de proposer un guide depuis l'année dernière, seules 18 sociétés sur les 40 entreprises figurant au CAC 40 proposent ce précieux livret aux investisseurs intéressés par leurs actions.
Axa et Lagardère réfléchissent néanmoins à la possibilité d'éditer prochainement un tel outil.
Notre méthode d'évaluation
> Nous avons passé au crible les services dédiés aux actionnaires individuels des sociétés du CAC 40. Notre objectif a été de mesurer le degré d'utilité réelle des services proposés pour le porteur. Dans ce cadre, Le Journal des Finances a mis au point une grille de notation précise, qui attribue des points supplémentaires aux sociétés permettant à leurs actionnaires d'accéder à toutes les informations souhaitées ou à toutes les questions qu'ils se posent sans frais supplémentaires. L'actionnaire individuel n'a, selon nous, pas à supporter des frais indirects pour obtenir des renseignements et pour optimiser la gestion des parts de sociétés qu'il possède. Les points obtenus nous ont ensuite permis d'attribuer des étoiles. Plus leur nombre est élevé, plus la société notée a obtenu de points.
Les critères d'appréciation que nous avons retenus sont les suivants : rapidité de réaction et efficacité des réponses des services téléphoniques dédiés aux actionnaires, ergonomie et exhaustivité des sites Internet, rapidité d'accès à l'information.
Le contenu des services apportant une réelle valeur ajoutée à l'actionnaire a également été analysé : rencontres avec les dirigeants, participation à la vie de l'entreprise au sein d'un comité consultatif des actionnaires, dividendes majorés, frais de transaction réduits pour les détenteurs de parts inscrits au nominatif, vote par Internet...
Nous avons enfin attribué des points supplémentaires aux sociétés possédant des services uniques, comme le remboursement des frais de transfert des titres au nominatif, et encouragé celles qui ont fourni des efforts visibles depuis notre enquête de l'année dernière.
Alcatel, Arcelor, Bouygues, Casino et EADS reçoivent la palme de l'effort
> Plus d'un quart des sociétés du CAC 40 ont fourni de beaux efforts l'année dernière en direction de leurs actionnaires individuels. Parmi les onze sociétés auxquelles nous avons attribué entre cinq et dix points de bonus pour leur volontarisme en matière d'optimisation ou d'amélioration de leurs services, les palmes reviennent sans conteste à Alcatel, Arcelor, Bouygues, Casino et EADS.
Ces cinq sociétés offrent un accès gratuit par téléphone à l'ensemble de leurs actionnaires. Parallèlement, leur site Internet et leur guide actionnaires apportent toute l'information financière nécessaire à l'évaluation correcte d'une société cotée en Bourse. Outre une information particulièrement riche et dense, le site Internet d'Alcatel indique la liste des analystes financiers qui suivent la valeur ainsi que les appréciations des agences de notation financière sur la dette du groupe.
Arcelor organise un nombre croissant de réunions avec ses actionnaires et n'hésite pas à publier sur son site Internet des comptes rendus précis de ses assemblées générales. EADS, qui privilégiait jusqu'alors l'information en anglais de par son statut de groupe européen, a fortement développé l'information en français avec un site Internet entièrement dédié aux investisseurs situés dans l'Hexagone. L'information est également relativement exhaustive sur le site Internet du groupe Bouygues, qui a repensé ses rubriques pour faciliter les visites de ses actionnaires.
L'effort le plus représentatif a toutefois été signé par le groupe de distribution Casino, qui a tenu précisément ses engagements de l'année dernière.
Il a mis en place un site Internet dédié à l'information de ses actionnaires individuels, et édité de superbes supports de communication avec les porteurs au travers d'une lettre semestrielle et d'un guide actionnaires particulièrement complet, y compris sur les tarifs de transaction pratiqués par CCF-HSBC, son intermédiaire financier gérant les titres inscrits au nominatif.
Axa, Carrefour, Essilor International, Lafarge, Lagardère et Thomson se sont également vus attribuer des points supplémentaires, car ils ont ajouté quelques services ou supports d'information nouveaux par rapport à l'année dernière.
Notons ainsi le superbe et complet guide des actionnaires de Carrefour, et les efforts réalisés par Essilor International, qui a intégré le CAC 40 l'année dernière, avec déjà deux personnes en interne chargées de répondre aux questions des actionnaires individuels.
Notre méthode d'évaluation
> Nous avons passé au crible les services dédiés aux actionnaires individuels des sociétés du CAC 40. Notre objectif a été de mesurer le degré d'utilité réelle des services proposés pour le porteur. Dans ce cadre, Le Journal des Finances a mis au point une grille de notation précise, qui attribue des points supplémentaires aux sociétés permettant à leurs actionnaires d'accéder à toutes les informations souhaitées ou à toutes les questions qu'ils se posent sans frais supplémentaires. L'actionnaire individuel n'a, selon nous, pas à supporter des frais indirects pour obtenir des renseignements et pour optimiser la gestion des parts de sociétés qu'il possède. Les points obtenus nous ont ensuite permis d'attribuer des étoiles. Plus leur nombre est élevé, plus la société notée a obtenu de points.
Les critères d'appréciation que nous avons retenus sont les suivants : rapidité de réaction et efficacité des réponses des services téléphoniques dédiés aux actionnaires, ergonomie et exhaustivité des sites Internet, rapidité d'accès à l'information.
Le contenu des services apportant une réelle valeur ajoutée à l'actionnaire a également été analysé : rencontres avec les dirigeants, participation à la vie de l'entreprise au sein d'un comité consultatif des actionnaires, dividendes majorés, frais de transaction réduits pour les détenteurs de parts inscrits au nominatif, vote par Internet...
Nous avons enfin attribué des points supplémentaires aux sociétés possédant des services uniques, comme le remboursement des frais de transfert des titres au nominatif, et encouragé celles qui ont fourni des efforts visibles depuis notre enquête de l'année dernière.
Alcatel, Arcelor, Bouygues, Casino et EADS reçoivent la palme de l'effort
> Plus d'un quart des sociétés du CAC 40 ont fourni de beaux efforts l'année dernière en direction de leurs actionnaires individuels. Parmi les onze sociétés auxquelles nous avons attribué entre cinq et dix points de bonus pour leur volontarisme en matière d'optimisation ou d'amélioration de leurs services, les palmes reviennent sans conteste à Alcatel, Arcelor, Bouygues, Casino et EADS.
Ces cinq sociétés offrent un accès gratuit par téléphone à l'ensemble de leurs actionnaires. Parallèlement, leur site Internet et leur guide actionnaires apportent toute l'information financière nécessaire à l'évaluation correcte d'une société cotée en Bourse. Outre une information particulièrement riche et dense, le site Internet d'Alcatel indique la liste des analystes financiers qui suivent la valeur ainsi que les appréciations des agences de notation financière sur la dette du groupe.
Arcelor organise un nombre croissant de réunions avec ses actionnaires et n'hésite pas à publier sur son site Internet des comptes rendus précis de ses assemblées générales. EADS, qui privilégiait jusqu'alors l'information en anglais de par son statut de groupe européen, a fortement développé l'information en français avec un site Internet entièrement dédié aux investisseurs situés dans l'Hexagone. L'information est également relativement exhaustive sur le site Internet du groupe Bouygues, qui a repensé ses rubriques pour faciliter les visites de ses actionnaires.
L'effort le plus représentatif a toutefois été signé par le groupe de distribution Casino, qui a tenu précisément ses engagements de l'année dernière.
Il a mis en place un site Internet dédié à l'information de ses actionnaires individuels, et édité de superbes supports de communication avec les porteurs au travers d'une lettre semestrielle et d'un guide actionnaires particulièrement complet, y compris sur les tarifs de transaction pratiqués par CCF-HSBC, son intermédiaire financier gérant les titres inscrits au nominatif.
Axa, Carrefour, Essilor International, Lafarge, Lagardère et Thomson se sont également vus attribuer des points supplémentaires, car ils ont ajouté quelques services ou supports d'information nouveaux par rapport à l'année dernière.
Notons ainsi le superbe et complet guide des actionnaires de Carrefour, et les efforts réalisés par Essilor International, qui a intégré le CAC 40 l'année dernière, avec déjà deux personnes en interne chargées de répondre aux questions des actionnaires individuels.
