« Nous entendons renouer avec une marge d'exploitation de 8 % dès que possible »

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LE JOURNAL DES FINANCES : Sopra Group signe l'une des plus belles performances du secteur des services informatiques au titre de l'année 2004. Comment l'expliquez-vous ?
Pierre Pasquier : - La hausse de 9,4 %, à 629,2 millions d'euros, du chiffre d'affaires de Sopra Group s'explique en grande partie par le dynamisme de notre activité d'intégration de systèmes en France et en Europe, qui représente 80 % de notre activité. Cette croissance s'est faite grâce à la position historique de Sopra Group chez ses grands clients. Il faut rappeler qu'elle intervient après deux années de crise marquées par une forte dégradation de la situation. Il s'agit d'une croissance robuste que nous n'attribuons pas à notre profil cyclique, notre filiale de conseil et notre filiale d'édition de progiciels d'intégration Axway ayant vu leurs recettes décélérer sur l'ensemble de l'exercice. Un renversement de tendance est toutefois en train de s'opérer sur ces deux métiers.
La marge d'exploitation de Sopra Group s'est améliorée, pour atteindre 6,4 % du montant des facturations. A quoi l'attribuez-vous ?
- Le redressement des marges provient essentiellement de notre activité de conseil et de notre activité d'intégration de systèmes en Europe. Les filiales européennes, pour la plupart déficitaires en 2003, ont toutes retrouvé un résultat positif grâce à la reprise de la demande, que nous jugeons durable, et bénéficient par là même d'un effet de comparaison favorable. Les marges obtenues en France, à 6,9 %, n'ont pas été améliorées alors que nous le pensions possible. Notre activité a été marquée par le recours accru à la sous-traitance, qui a doublé par rapport à l'an dernier, pour atteindre près de 40 millions d'euros (soit 7 % du chiffre d'affaires). Aujourd'hui, nous avons repris la situation en main. En 2005, nous allons continuer à avoir recours à la sous-traitance, qui reste un moyen efficace de flexibilité. Mais nous serons très vigilants sur les prix. Nous pouvons donc affirmer que notre branche d'intégration de systèmes en France verra de nouveau sa marge d'exploitation progresser cette année.
Votre filiale d'édition de logiciels d'intégration Axway, historiquement rémunératrice, a également connu des difficultés, avec une légère baisse de son chiffre d'affaires comme de sa rentabilité...
- Nous sommes un peu déçus car nous pensions être en mesure de dégager de la croissance organique. Nous pensions réaliser 2 à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire. Nous avons par ailleurs beaucoup investi dans le développement des logiciels et dans leur mise en place sur le marché. Nos équipes commerciales se sont renforcées, ainsi que nos partenariats.
Aujourd'hui, le développement d'Axway constitue une de nos priorités. Nous allons d'abord amplifier nos partenariats, notamment en Asie. Nous comptons également réaliser des opérations de croissance externe. Nous serions très intéressés par l'Europe, mais aussi par les Etats-Unis. Notre objectif est de réaliser 150 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2007, contre 73,7 millions d'euros en 2004. Pour 2005, les niveaux historiques de rentabilité d'Axway nous semblent de nouveau accessibles.
Votre activité de conseil a retrouvé le chemin de la croissance. Ce rebond va-t-il se poursuivre ?
- L'activité d'Orga Consultants (5,5 % des recettes du groupe) s'est clairement ressaisie au quatrième trimestre, même si elle affiche une baisse de 4,2 % sur l'ensemble de l'année. Les entreprises commencent à réinvestir après avoir gelé leurs budgets pendant deux ans. Nous avons également renouvelé le management. La société de conseil technologique Valoris (3,6 % des recettes du groupe), consolidée à partir du second semestre 2004, affiche une marge comparable à celle de Sopra Group, à 6,2 %. L'entrée dans l'année 2005 se passe très bien. La croissance du chiffre d'affaires de l'activité de conseil sera de l'ordre de celle du quatrième trimestre 2004, soit environ 10 %. Sa rentabilité opérationnelle devrait également progresser de manière significative.
Quelles sont vos perspectives pour 2005 ?
- Nous tablons sur un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros en 2005, en hausse de 7 % à périmètre comparable. L'intégration de systèmes, en France comme en Europe, continuera d'afficher des rythmes de croissance soutenus. Mais les plus forts relais de croissance proviendront de notre activité de conseil et de notre filiale Axway. Ces deux branches contribueront également fortement à l'amélioration de la rentabilité, que nous entendons amener à 8 % pour l'ensemble du groupe dès que possible.
Ces deux métiers sont très rémunérateurs et la croissance attendue de leur activité devrait leur permettre de retrouver leur niveau de marge historique, qui se situe autour de 15 % chacun. A plus long terme, nous comptons porter le chiffre d'affaires à 1 milliard d'euros pour l'ensemble du groupe.
Quelles sont vos ambitions à l'international ?
- Nous comptons mener une politique active de croissance externe. Les acquisitions devraient apporter 150 millions d'euros de recettes d'ici deux ans. La priorité est de nous renforcer en Grande-Bretagne ainsi qu'en Espagne.
L'idéal serait de générer entre 30 et 50 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire dans chacun de ces deux pays. Nous sommes à la recherche de sociétés rentables.
Il n'est pas question que nos prochaines acquisitions entravent notre objectif d'amélioration des marges. Le financement pourrait se faire en liquidités, compte tenu de l'endettement limité de Sopra Group, qui représente à la fin de l'année, 45 % des fonds propres, mais aussi en titres. Un appel au marché est envisageable. Le mode de financement, néanmoins, dépendra du vendeur.
Avez-vous déjà pensé à votre départ du groupe ? Avez-vous envisagé un adossement de Sopra Group à un autre acteur du secteur ?
- Oui, évidemment. Mais avant de passer le relais opérationnel dans les prochaines années, Sopra Group doit bouger pour renforcer son positionnement. A terme, mon rôle opérationnel diminuera, mais je resterai présent dans la société au sein du conseil de surveillance.
Des changements au sein du capital de Sopra GMT sont, certes, intervenus en fin d'année 2004, François Odin, le cofondateur du groupe, ayant vendu 20 % de ses titres au fonds d'investissement Caravelle, mais d'autres mouvements dans le tour de table ne sont pas prévus dans l'immédiat. Nous avons été approchés par des groupes américains et européens, mais, je le répète, Sopra Group n'est pas à vendre. Cependant, le mouvement de concentration au sein du secteur a un sens et nous paraît logique : de nombreuses opérations ont eu lieu ces trois dernières années, à l'instar de Capgemini-Transiciel ou Atos-Sema.
Vous avez démontré une certaine générosité en décidant de distribuer un dividende de 0,80 euro. Est-ce en réponse à la suppression de l'avoir fiscal ?
- Le montant du dividende est significatif, puisqu'il correspond à un taux de distribution de 37 %, contre 33 % en 2003.
La suppression de l'avoir fiscal a été soulignée en conseil de surveillance, mais il ne s'agit pas de la première motivation du groupe. Avec une augmentation de près de 80 % du résultat net, il était normal de récompenser l'actionnaire. Il a été suggéré de distribuer un dividende équivalent à celui versé en 2001, et cela dès le 3 juin prochain.
Son dernier cours
> Après la forte hausse du cours de Bourse en 2004, le titre Sopra continue d'afficher une légère progression depuis le mois de janvier. L'action a été légèrement sanctionnée lors de la présentation des résultats annuels, mais évolue toujours autour de 45 euros.
Ses objectifs
> Les prévisions de la direction du groupe sont encourageantes, puisque Sopra table sur un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros à périmètre constant en 2005 et de 1 milliard d'euros en 2007. L'équipe dirigeante souhaite également retrouver une marge d'exploitation supérieure à 8 % le plus rapidement possible.
Son dernier cours
> Après la forte hausse du cours de Bourse en 2004, le titre Sopra continue d'afficher une légère progression depuis le mois de janvier. L'action a été légèrement sanctionnée lors de la présentation des résultats annuels, mais évolue toujours autour de 45 euros.
Ses objectifs
> Les prévisions de la direction du groupe sont encourageantes, puisque Sopra table sur un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros à périmètre constant en 2005 et de 1 milliard d'euros en 2007. L'équipe dirigeante souhaite également retrouver une marge d'exploitation supérieure à 8 % le plus rapidement possible.
