Stock-options pour initiés
> L'Autorité des marchés financiers (AMF) a donc lancé une procédure
de sanctions à l'encontre, notamment, du président
de Vivendi Universal,
Jean-René Fourtou, dans
le cadre de son enquête
sur les conditions d'émission d'obligations remboursables en actions en novembre 2002. Le dirigeant est soupçonné par le gendarme de la Bourse d'avoir bénéficié d'informations privilégiées.
Si l'on ne peut que se féliciter qu'un délit d'initié au plus haut niveau puisse être sanctionné (bien que
le président de VU ait
sans doute une autre interprétation des faits),
la notion de « patron bénéficiant d'informations privilégiées » laisse songeur.
Qui voudrait investir, en effet, dans une entreprise
dont le dirigeant n'est pas parfaitement informé de tout ce qui a trait, de près ou
de loin, à la vie de sa société ? Le problème n'est donc pas tant qu'un patron soit un « initié » (une condition sine qua non à la bonne marche
de l'entreprise), mais l'usage qu'il fait de ses informations. On peut éventuellement
miser sur le caractère fondamentalement bon
de l'être humain pour qu'il ne
les utilise pas à des fins personnelles, au détriment
de l'entreprise et des actionnaires. On peut aussi éviter de le soumettre à la tentation en lui interdisant toute opération sur le capital de la société qu'il dirige,
à moins qu'il n'en soit,
bien sûr, le fondateur
et l'actionnaire de référence. Mais cela signifierait la fin des désormais sacro-saintes stock-options. Même si elles n'ont jamais, du point de vue de l'actionnaire minoritaire, fait la preuve de leur efficacité, gageons que cette piste de réflexion ne sera jamais suivie.
