Le spectre d'une rechute du billet vert inquiète

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> La flambée de l'or noir ne constituerait-elle plus la seule menace susceptible de peser sur les marchés d'actions européens au cours des prochains mois ? A en croire le mini-vent de panique qui a soufflé sur la Bourse de Paris en début de semaine, il semblerait que les craintes de rechute du dollar taraudent, à nouveau, l'esprit des investisseurs. L'indice CAC 40 a, en effet, décroché de 2,12 %, pour revenir à 3609,06 points au cours de la séance du lundi 25 octobre, et terminé par une légère progression hebdomadaire de 0,53 % sur fonds d'indicateurs économiques parfois contradictoires.
Plusieurs éléments militent, aujourd'hui, en faveur d'une dépréciation du billet vert dans les prochains mois. A commencer par les perspectives d'un ralentissement de la croissance économique américaine qui pourrait être provoqué par l'atonie du marché de l'emploi outre-Atlantique et, bien sûr, par les conséquences néfastes de la hausse de la facture énergétique sur la consommation des ménages. Sur ce dernier point, de nombreux experts pensent, d'ailleurs, que les prix du pétrole pourraient, à court, voire moyen terme, continuer de se maintenir à des niveaux élevés (le baril WTI a atteint un nouveau record historique à 55,87 dollars, le 22 octobre) compte tenu de la vigueur de la demande, notamment du côté des pays asiatiques. L'annonce décevante d'une hausse de seulement 3,7 % du PIB des Etats-Unis au troisième trimestre, contre 4,5 % attendus, n'a fait que renforcer les craintes des opérateurs.
Autre facteur potentiel de baisse du dollar : l'élargissement du déficit de la balance commerciale américaine, qui traduit le fait que les Etats-Unis continuent d'importer plus qu'ils n'exportent. Globalement, les économistes de la banque HSBC-CCF estiment que 1 euro pourrait valoir entre 1,33 à 1,36 dollar dans le courant du premier semestre 2005, contre une fourchette aujourd'hui comprise entre 1,27 et 1,28 dollar
Dans ce climat d'incertitude économique, les consommateurs ne savent plus sur quel pied danser comme l'illustrent les dernières publications de statistiques conjoncturelles. L'indice de confiance des ménages français du mois d'octobre a, en effet, chuté de 19 points, après un repli de 17 points en septembre. De leur côté, les entrepreneurs de l'Hexagone restent plus optimistes : l'indice qui jauge leur moral a, dans le même temps, atteint son meilleur niveau (108 points) depuis avril 2001.
Inquiétés par un possible fléchissement du dollar, les investisseurs se sont désengagés des valeurs les plus exposées aux variations de la devise américaine comme, Sodexho (-0,15 %), EADS (- 1,19 %). Par ailleurs, Sagem (- 10,57 %) a lourdement fait les frais de l'annonce de son projet de rapprochement avec la Snecma qui a laissé le marché perplexe.
Même si le pétrole et le dollar pourraient encore peser sur la tendance d'ici à la fin de l'année, certains ratios boursiers laissent penser que le compartiment des actions reste sous-évalué. La prime de risque (6,80 %) continue, en effet, d'évoluer à des niveaux élevés si on la compare à son niveau moyen de 4,7 %, entre 2000 et 2004.
