Douze sociétés qui investissent pour enrichir l'actionnaire

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ALES GROUPE
Le numéro un français de la restauration de concessions a mieux résisté à la conjoncture difficile dans son secteur que son concurrent Sodexho Alliance. Parallèlement, Elior a assaini son bilan en ramenant son endettement net à 85 % du montant de ses fonds propres au 30 septembre 2003, contre 140 % un an auparavant.
Après avoir retrouvé une marge de manoeuvre financière confortable, le groupe a multiplié les investissements (6 % du chiffre d'affaires) sur le segment de la concession (autoroutes, aéroports), qui est plus rentable que celui de la restauration collective (entreprises, enseignements). La société a notamment signé des contrats avec les aéroports de Roissy et de Madrid. Par ailleurs, le groupe a pris une participation de 75 % dans Dufry, un réseau de boutiques duty free, et a porté sa part dans le capital de la société italienne Mychef de 10 % à 40 %.
Cette stratégie devrait s'avérer payante, même si la branche restauration de concession (un tiers des ventes) a pâti, au cours du premier semestre (mois d'octobre à mars), des retombées négatives des attentats de Madrid. Toutefois, les comptes semestriels se sont soldés par un bénéfice net en hausse de 28,6 %, à 12,2 millions d'euros. Cette performance, dans un marché difficile, a été saluée par la Bourse, mais la valorisation d'Elior reste encore faible.
Sur la base de notre estimation de bénéfice net avant amortissement des survaleurs de 102 millions d'euros, le PER de 2004/2005 est de 8 fois, contre 18,5 fois pour son concurrent Sodexho Alliance. La valeur d'entreprise ne représente, par ailleurs, que la moitié du chiffre d'affaires estimé pour 2003/2004.
ERAMET > Montée en régime des investissements industriels en 2004.
Le groupe minier et métallurgique a accentué son effort d'investissement en 2004. Au total, Eramet aura déboursé 260 millions d'euros (entièrement autofinancés) pour développer ses trois branches d'activité : le nickel, le manganèse et les alliages. La société a notamment étendu la capacité de production de son usine métallurgique de Doniambo, en Nouvelle-Calédonie, de 20.000 tonnes à 30.000 tonnes, et celle de manganèse de Moanda, au Gabon, de 2 millions à 3 millions de tonnes.
L'environnement porteur dont bénéficient les métallurgistes ainsi que l'envolée des prix des minerais ont d'ores et déjà dopé les résultats du premier semestre. A l'issue de la première moitié de l'exercice 2004, le bénéfice net est ressorti à 127 millions d'euros, contre seulement 10 millions sur la même période en 2003.
Le groupe devrait continuer à profiter de cette tendance favorable au cours du second semestre, pour lequel la direction attend un résultat d'exploitation équivalent à celui de la première moitié de l'année.
Bien que le titre ait retrouvé un niveau de cours équivalent à celui du début de l'exercice 2000, la valorisation est encore faible et ne prend pas en compte les perspectives attrayantes présentées par le groupe. Pour l'ensemble de l'année, nous attendons un bénéfice net de 207 millions d'euros et escomptons un profit net de 215 millions d'euros en 2005. Sur cette base, les multiples de profit ressortent à seulement 8,1 fois et 7,8 fois. En outre, la société est très faiblement endettée.
ESSILOR > Le groupe veut accélérer son expansion géographique.
Essilor International dispose de moyens financiers très solides, puisque son endettement net, de 97 millions d'euros, représente à peine 8 % du montant de ses capitaux propres. La direction préfère consacrer les liquidités du groupe à des opérations de croissance externe plutôt que verser un dividende exceptionnel.
Ainsi, le numéro un mondial des verres optiques a renforcé ses positions géographiques par le biais d'acquisitions ciblées. Au cours du premier semestre, il a ainsi racheté un fabricant de verre en Italie et huit laboratoires indépendants aux Etats-Unis. Ces acquisitions apporteront un chiffre d'affaires supplémentaire de 100 millions d'euros en année pleine, à comparer à des ventes de 2,3 milliards pour le groupe.
Essilor International dispose d'une bonne visibilité sur ses perspectives de croissance. La direction s'attend à une progression de 10 % du chiffre d'affaires et table sur une évolution comparable du bénéfice net en 2004. La marge d'exploitation devrait s'établir dans le haut de la fourchette de prévision de la société comprise entre 16,5 et 17,5 %, contre 17,2 % en 2003.
Le leader mondial des verres correcteurs se paie 24,8 fois les bénéfices estimés pour 2004, ce qui est dans la moyenne du secteur. Compte tenu de ses bons fondamentaux et de la croissance régulière de ses résultats, nous restons positifs sur la valeur.
NATUREX > Une politique de croissance externe bien menée.
Le premier fabricant français d'extraits végétaux évolue sur un marché beaucoup plus porteur que celui des ingrédients de nature chimique. En rachetant au deuxième trimestre de cette année le numéro un américain du romarin naturel, Naturex dispose désormais du statut de leader mondial sur ce segment.
Cet investissement, de 2 millions de dollars, financé par emprunt, a été réalisé dans de bonnes conditions financières, puisque l'opération devrait avoir un impact positif sur le bénéfice net par action dès l'exercice en cours. Les comptes du premier semestre, publiés le 11 octobre, traduisent une intégration satisfaisante de cette nouvelle fililale, qui a apporté un chiffre d'affaires additionnel de 2,5 millions d'euros. Le groupe est en avance sur ses perspectives annuelles. Le résultat net est ressorti à 1,32 million d'euros, contre un profit de 900.000 euros un an auparavant. Pour l'ensemble de l'année, la direction estime pouvoir dépasser son objectif de croissance de 20 % du chiffre d'affaires. En outre, le bénéfice net devrait se situer dans le haut de la fourchette indiquée par la société, soit à 2,7 millions d'euros.
Compte tenu du niveau d'endettement net, qui reste limité à 40 % du montant des capitaux propres, la direction compte poursuivre la politique de croissance externe. En outre, la société souhaite verser un premier dividende à ses actionnaires, en 2005, au titre de l'exercice en cours.
SEB > Renforcement aux Etats-Unis dans le haut de gamme.
Alors que la morosité du secteur touche particulièrement les acteurs des biens de consommation, SEB prend l'offensive en relançant son créneau d'entrée de gamme, qui enregistre actuellement les plus forts taux de croissance.
Parallèlement, le numéro un mondial du petit électroménager a fait l'acquisition en août de la société américaine All-Clad, spécialisée dans les casseroles et ustensiles haut de gamme. Cet investissement, de 205 millions de dollars (11 fois l'excédent brut d'exploitation), constitue une opportunité. Le groupe pourra en effet augmenter la part de ses ventes aux Etats-Unis de 9,5 % à 13 %, et pallier la faiblesse de la consommation en Europe.
A la suite de la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre et des alertes des concurrents sur leurs résultats, l'action SEB a cédé 15 % en l'espace d'un mois. Toutefois, nous estimons que la sanction à l'égard de la valeur est excessive. En effet, la société a estimé que, en ce qui la concerne, le renchérissement du prix des matières premières n'aurait pas d'impact sur l'exercice 2004.
Par ailleurs, SEB se paie à peine 9 fois nos estimations de profit pour l'année en cours, et seulement 7,6 fois ceux de 2005. De même la valeur d'entreprise (capitalisation boursière + dette financière nette), représente seulement 60 % du chiffre d'affaires estimé pour 2004.
SOCIETE DU LOUVRE > Le groupe hôtelier est plus offensif qu'Accor.
Alors qu'en 2003 elle ne disposait pas d'une très bonne visibilité sur son activité, la Société du Louvre s'est montrée plus offensive que son concurrent Accor et a mieux résisté à la conjoncture.
La Société du Louvre a continué à ouvrir des hôtels dans le segment économique (groupe Envergure), mais a également noué des partenariats avec Groupe Partouche dans le haut de gamme. L'ouverture de trois établissements de luxe, dont Le Palais de la Méditerranée, à Nice, devrait avoir rapidement un impact positif sur sa rentabilité. Entre 2002 et 2003, le montant des investissements est passé de 124 millions à 162 millions d'euros, et il atteint déjà 60 millions au premier semestre 2004.
Par ailleurs, la cession du pôle immobilier (huit actifs), des murs et fonds de commerce de 16 hôtels économiques non conformes aux exigences de marge du groupe, devrait rapporter de quoi financer l'acquisition du terrain de l'hôtel Concorde Lafayette (50 millions d'euros).
Malgré une saison d'été morose pour l'ensemble du secteur hôtelier, la société contrôlée par la famille Taittinger devrait améliorer sa rentabilité au second semestre. Elle profitera, entre autres, des synergies consécutives au rapprochement des enseignes Envergure et Concorde (9,4 millions d'euros d'économies au 30 août).
Sur le plan boursier, les actions Société du Louvre présentent toujours une décote supérieure à 33 % par rapport à l'actif net réévalué, que nous estimons à 120 euros.
STALLERGENES > Le laboratoire mise sur ses comprimés antiallergiques.
Ce laboratoire pharmaceutique spécialisé dans les médicaments de désensibilisation aux allergies a pour ambition de lancer, dans un horizon de deux ans, le premier comprimé au monde de traitement de fond des allergies.
Au premier semestre, le groupe a accru de 37 % ses dépenses de recherche-développement, qui se sont élevées à 5,7 millions d'euros, soit 12,2 % du chiffre d'affaires de la période, contre 8 % en 2003.
Ces investissements serviront essentiellement à la mise au point de ce produit de désensibilisation qui doit se substituer aux piqûres et aux traitements sublinguaux.
Les résultats du premier semestre reflètent l'essor du marché mondial des antiallergiques. Stallergènes a amélioré son bénéfice net de 33 %, pour le porter à 4,3 millions d'euros, tandis que son chiffre d'affaires a crû de 9 %, pour atteindre 46,3 millions d'euros. Pour l'ensemble de l'année, les dirigeants tablent sur une progression de 7 % de l'activité et sur une poursuite de l'amélioration de la marge opérationnelle.
Nous visons un bénéfice net de 8 millions d'euros, en hausse de 9,6 %. Bien que la société soit correctement valorisée en Bourse (20,2 fois les bénéfices estimés pour 2005), elle reste attrayante pour le moyen terme, compte tenu de l'expansion rapide du marché mondial de l'allergie.
STEDIM > Le rachat d'IBI dopera les ventes dès cette année.
Le fabricant de poches en plastique à usage médical Stedim a annoncé en juillet dernier l'acquisition de la société américaine Integrated Biosystems Inc. (IBI), leader mondial des machines de congélation-décongélation de protéines thérapeutiques.
Cet investissement, de 23,5 millions d'euros, se révèle très stratégique pour le groupe, qui ambitionne de devenir un équipementier global pour l'industrie de la biotechnologie. En effet, IBI constituerait un apport de chiffre d'affaires équivalent à la moitié de celui actuellement réalisé par Stedim et cette opération lui ouvre la voie du marché américain, qui représente les deux tiers du marché mondial des biotechnologies. En outre, le rachat d'IBI aura un impact positif sur le résultat net par action dès la première année de son intégration. L'endettement net du groupe resterait à un niveau raisonnable (76 % des capitaux propres) et pourrait être remboursé en cinq ans grâce à la génération d'autofinancement de Stedim.
Compte tenu de l'acquisition d'IBI, la direction a révisé à la hausse sa prévision annuelle de ventes à 61,5 millions d'euros et table sur un doublement de son résultat opérationnel, qui s'établirait à 12 % du montant des facturations.A un horizon de trois ans, la direction vise un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros et une marge d'exploitation de 15 %, contre 8 % en 2003.
Malgré le récent rebond du titre, le potentiel boursier de Stedim demeure attrayant, puisque la société se paie tout juste 14 fois les profits estimés pour 2005.
ZODIAC > Multiplication des acquisitions malgré le manque de visibilité.
L'équipementier aéronautique a réalisé de nombreuses acquisitions malgré la faible visibilité dont a pâti le secteur depuis 2001.
Au cours des dix derniers mois, Zodiac a d'ores et déjà effectué six opérations de croissance externe dans des activités de niches. Ces sociétés contribueront à hauteur de 254 millions d'euros au chiffre d'affaires de 2004.
La dernière opération remonte au mois de mai et concerne la société américaine Scott Aviation, spécialisée dans les systèmes d'oxygène embarqués pour l'aéronautique civile et militaire. Ces rachats permettent de compenser en partie l'impact négatif du dollar (un tiers des facturations) et n'ont pas déséquilibré le niveau d'endettement net, que nous attendons autour de 1 fois les fonds propres en fin d'exercice.
En outre, Zodiac devrait profiter de la reprise du trafic aérien.
La direction estime que le bénéfice net par action restera stable cette année, en dépit de l'intégration de ces nouvelles sociétés.
Pour l'exercice clos le 30 août, nous anticipons un bénéfice net de 91 millions d'euros, contre 92,68 millions en 2002/2003.
Notre estimation est capitalisée 17,7 fois en Bourse, tandis que les profits attendus pour 2004/2005 font ressortir un multiple de capitalisation raisonnable de de 14,4 fois.
ACTIELEC TECHNOLOGIES > 22 % du chiffre d'affaires est consacré aux investissements.
A compter du 5 août 2005, tous les véhicules poids lourds devront être équipés des nouveaux chronotachygraphes électroniques, servant à mesurer, entre autres, la vitesse et le temps de conduite des chauffeurs. Actielec Technologies, qui fabrique des produits électroniques servant au recueil et au traitement de données techniques, est la première société à avoir obtenu une homologation pour ces appareils.
Cette réussite est la résultante d'un budget de recherche-développement élevé qui représente plus de 22 % du chiffre d'affaires. Un site basé en Tunisie est dédié pour moitié à la fabrication de ces instruments, dont les premiers modèles seraient livrés au printemps 2005. La société vise 30 % du marché européen. La commercialisation de ces appareils aura pour effet d'améliorer la rentabilité opérationnelle du groupe. La première année (2005), la marge opérationnelle des chronotachygraphes avoisinerait 18 %, selon la société, sur la base d'un prix de vente de 165 euros par machine. En 2006, grâce à une baisse de 10 % du prix d'achat des composants, la marge opérationnelle grimperait à 24 %, contre 6 % estimés pour les activités d'Actielec Technologies en 2004. L'investissement serait donc très rentable. La société procède actuellement à une augmentation de capital afin de lever 6,3 millions d'euros, ce qui ramènerait sa dette à hauteur de 90 % de ses fonds propres, contre 130 % avant l'opération.
Nous anticipons un résultat net annuel de 3,2 millions d'euros, qui est capitalisé 20 fois en Bourse (après augmentation de capital), ce qui paraît élevé. Cependant, en 2005, les premières livraisons de chronotachygraphes doivent permettre de générer un profit net de 4,5 millions d'euros qui fait tomber le PER à 14,3 fois. Par ailleurs, la valeur d'entreprise représente à peine 25 % du chiffre d'affaires estimé pour 2004.
ALES GROUPE > Augmentation de capital afin d'accélérer l'entrée aux Etats-Unis.
Le producteur de produits capillaires (marque Phyto) et de cosmétiques (Liérac) à base de plantes a mis le cap sur la croissance. En réalisant une augmentation de capital de 19,4 millions d'euros en mars dernier, Alès Groupe s'est donné les moyens d'accélérer son développement à l'international.
Dans la profession, la part de l'exportation avoisine 60 % en moyenne, tandis que le groupe dirigé par Patrick Alès ne réalise à ce jour que 50 % de ses ventes hors de France.
L'enveloppe financière, qui devrait être utilisée en quatre ans, sera dédiée principalement à l'investissement commercial que nécessite la création d'une filiale en Espagne et le recrutement d'une équipe aux Etats-Unis.
Valeur montante des cosmétiques et des capillaires, Alès Groupe, consacre par ailleurs un budget de 3 à 4 millions d'euros en recherche-développement.
La société vient de publier des résultats de bonne facture au titre du premier semestre de l'exercice 2004. Son bénéfice net a bondi de 58,9 %, pour s'établir à 5,99 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en hausse de 9,1 %.
La qualité des résultats est le fruit de deux années de réorganisation, axée notamment sur la rationalisation des achats. Au cours du troisième trimestre, la tendance de l'activité est semblable.
Pour l'ensemble de l'année, nous attendons un chiffre d'affaires en hausse d'environ 10 %, compte tenu du succès du lancement de la ligne antirides Liérac Executive.
Le bénéfice net estimé 9 millions d'euros pour 2004, est capitalisé à peine 6,7 fois en Bourse tandis que Clarins se paie 21,5 fois les profits estimés pour 2004).
CARBONE LORRAINE > Vers un doublement des ventes en Asie en cinq ans.
Le leader mondial des composants électriques et des matériaux de haute technologie a fait appel au marché au début du mois d'octobre pour lever 63 millions d'euros afin de financer sa croissance.
Plombé par un fort endettement de 220 millions d'euros, qui représentait 1,06 fois le montant de ses capitaux propres, Carbone Lorraine voulait se donner les moyens de réaliser des acquisitions. Ces opérations visent à étendre les positions du groupe tant au plan géographique que dans les activités où il est faiblement spécialisé. La direction s'est imposé comme condition que ces investissements assurent une rentabilité des capitaux employés d'au moins 20 %.
Le marché très porteur de l'Asie, dont le potentiel s'élève à 1,3 milliard d'euros, est une des priorités du groupe. En l'espace de cinq ans, Carbone Lorraine devrait ainsi doubler ses ventes dans cette région, qui représente 10 % des facturations à ce jour. Au total, sur cette période, le groupe espère générer un chiffre d'affaires additionnel de 150 millions d'euros, soit une croissance de l'ordre de 4 à 5 % par an.
En attendant que Carbone Lorraine tire les fruits de ses investissements, dès 2005, les actionnaires se verront octroyer un dividende qui devrait assurer, au titre de l'exercice 2004, un rendement net de l'ordre de 4 %. La valorisation actuelle de Carbone Lorraine est peu élevée, à l'aune des bénéfices attendus pour 2005 (PER de 11,2 fois).
ELIOR > Les efforts sont concentrés sur le segment plus rentable de la concession.
Le numéro un français de la restauration de concessions a mieux résisté à la conjoncture difficile dans son secteur que son concurrent Sodexho Alliance. Parallèlement, Elior a assaini son bilan en ramenant son endettement net à 85 % du montant de ses fonds propres au 30 septembre 2003, contre 140 % un an auparavant.
Après avoir retrouvé une marge de manoeuvre financière confortable, le groupe a multiplié les investissements (6 % du chiffre d'affaires) sur le segment de la concession (autoroutes, aéroports), qui est plus rentable que celui de la restauration collective (entreprises, enseignements). La société a notamment signé des contrats avec les aéroports de Roissy et de Madrid. Par ailleurs, le groupe a pris une participation de 75 % dans Dufry, un réseau de boutiques duty free, et a porté sa part dans le capital de la société italienne Mychef de 10 % à 40 %.
Cette stratégie devrait s'avérer payante, même si la branche restauration de concession (un tiers des ventes) a pâti, au cours du premier semestre (mois d'octobre à mars), des retombées négatives des attentats de Madrid. Toutefois, les comptes semestriels se sont soldés par un bénéfice net en hausse de 28,6 %, à 12,2 millions d'euros. Cette performance, dans un marché difficile, a été saluée par la Bourse, mais la valorisation d'Elior reste encore faible.
Sur la base de notre estimation de bénéfice net avant amortissement des survaleurs de 102 millions d'euros, le PER de 2004/2005 est de 8 fois, contre 18,5 fois pour son concurrent Sodexho Alliance. La valeur d'entreprise ne représente, par ailleurs, que la moitié du chiffre d'affaires estimé pour 2003/2004.
ERAMET > Montée en régime des investissements industriels en 2004.
Le groupe minier et métallurgique a accentué son effort d'investissement en 2004. Au total, Eramet aura déboursé 260 millions d'euros (entièrement autofinancés) pour développer ses trois branches d'activité : le nickel, le manganèse et les alliages. La société a notamment étendu la capacité de production de son usine métallurgique de Doniambo, en Nouvelle-Calédonie, de 20.000 tonnes à 30.000 tonnes, et celle de manganèse de Moanda, au Gabon, de 2 millions à 3 millions de tonnes.
L'environnement porteur dont bénéficient les métallurgistes ainsi que l'envolée des prix des minerais ont d'ores et déjà dopé les résultats du premier semestre. A l'issue de la première moitié de l'exercice 2004, le bénéfice net est ressorti à 127 millions d'euros, contre seulement 10 millions sur la même période en 2003.
Le groupe devrait continuer à profiter de cette tendance favorable au cours du second semestre, pour lequel la direction attend un résultat d'exploitation équivalent à celui de la première moitié de l'année.
Bien que le titre ait retrouvé un niveau de cours équivalent à celui du début de l'exercice 2000, la valorisation est encore faible et ne prend pas en compte les perspectives attrayantes présentées par le groupe. Pour l'ensemble de l'année, nous attendons un bénéfice net de 207 millions d'euros et escomptons un profit net de 215 millions d'euros en 2005. Sur cette base, les multiples de profit ressortent à seulement 8,1 fois et 7,8 fois. En outre, la société est très faiblement endettée.
ESSILOR > Le groupe veut accélérer son expansion géographique.
Essilor International dispose de moyens financiers très solides, puisque son endettement net, de 97 millions d'euros, représente à peine 8 % du montant de ses capitaux propres. La direction préfère consacrer les liquidités du groupe à des opérations de croissance externe plutôt que verser un dividende exceptionnel.
Ainsi, le numéro un mondial des verres optiques a renforcé ses positions géographiques par le biais d'acquisitions ciblées. Au cours du premier semestre, il a ainsi racheté un fabricant de verre en Italie et huit laboratoires indépendants aux Etats-Unis. Ces acquisitions apporteront un chiffre d'affaires supplémentaire de 100 millions d'euros en année pleine, à comparer à des ventes de 2,3 milliards pour le groupe.
Essilor International dispose d'une bonne visibilité sur ses perspectives de croissance. La direction s'attend à une progression de 10 % du chiffre d'affaires et table sur une évolution comparable du bénéfice net en 2004. La marge d'exploitation devrait s'établir dans le haut de la fourchette de prévision de la société comprise entre 16,5 et 17,5 %, contre 17,2 % en 2003.
Le leader mondial des verres correcteurs se paie 24,8 fois les bénéfices estimés pour 2004, ce qui est dans la moyenne du secteur. Compte tenu de ses bons fondamentaux et de la croissance régulière de ses résultats, nous restons positifs sur la valeur.
NATUREX > Une politique de croissance externe bien menée.
Le premier fabricant français d'extraits végétaux évolue sur un marché beaucoup plus porteur que celui des ingrédients de nature chimique. En rachetant au deuxième trimestre de cette année le numéro un américain du romarin naturel, Naturex dispose désormais du statut de leader mondial sur ce segment.
Cet investissement, de 2 millions de dollars, financé par emprunt, a été réalisé dans de bonnes conditions financières, puisque l'opération devrait avoir un impact positif sur le bénéfice net par action dès l'exercice en cours. Les comptes du premier semestre, publiés le 11 octobre, traduisent une intégration satisfaisante de cette nouvelle fililale, qui a apporté un chiffre d'affaires additionnel de 2,5 millions d'euros. Le groupe est en avance sur ses perspectives annuelles. Le résultat net est ressorti à 1,32 million d'euros, contre un profit de 900.000 euros un an auparavant. Pour l'ensemble de l'année, la direction estime pouvoir dépasser son objectif de croissance de 20 % du chiffre d'affaires. En outre, le bénéfice net devrait se situer dans le haut de la fourchette indiquée par la société, soit à 2,7 millions d'euros.
Compte tenu du niveau d'endettement net, qui reste limité à 40 % du montant des capitaux propres, la direction compte poursuivre la politique de croissance externe. En outre, la société souhaite verser un premier dividende à ses actionnaires, en 2005, au titre de l'exercice en cours.
SEB > Renforcement aux Etats-Unis dans le haut de gamme.
Alors que la morosité du secteur touche particulièrement les acteurs des biens de consommation, SEB prend l'offensive en relançant son créneau d'entrée de gamme, qui enregistre actuellement les plus forts taux de croissance.
Parallèlement, le numéro un mondial du petit électroménager a fait l'acquisition en août de la société américaine All-Clad, spécialisée dans les casseroles et ustensiles haut de gamme. Cet investissement, de 205 millions de dollars (11 fois l'excédent brut d'exploitation), constitue une opportunité. Le groupe pourra en effet augmenter la part de ses ventes aux Etats-Unis de 9,5 % à 13 %, et pallier la faiblesse de la consommation en Europe.
A la suite de la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre et des alertes des concurrents sur leurs résultats, l'action SEB a cédé 15 % en l'espace d'un mois. Toutefois, nous estimons que la sanction à l'égard de la valeur est excessive. En effet, la société a estimé que, en ce qui la concerne, le renchérissement du prix des matières premières n'aurait pas d'impact sur l'exercice 2004.
Par ailleurs, SEB se paie à peine 9 fois nos estimations de profit pour l'année en cours, et seulement 7,6 fois ceux de 2005. De même la valeur d'entreprise (capitalisation boursière + dette financière nette), représente seulement 60 % du chiffre d'affaires estimé pour 2004.
SOCIETE DU LOUVRE > Le groupe hôtelier est plus offensif qu'Accor.
Alors qu'en 2003 elle ne disposait pas d'une très bonne visibilité sur son activité, la Société du Louvre s'est montrée plus offensive que son concurrent Accor et a mieux résisté à la conjoncture.
La Société du Louvre a continué à ouvrir des hôtels dans le segment économique (groupe Envergure), mais a également noué des partenariats avec Groupe Partouche dans le haut de gamme. L'ouverture de trois établissements de luxe, dont Le Palais de la Méditerranée, à Nice, devrait avoir rapidement un impact positif sur sa rentabilité. Entre 2002 et 2003, le montant des investissements est passé de 124 millions à 162 millions d'euros, et il atteint déjà 60 millions au premier semestre 2004.
Par ailleurs, la cession du pôle immobilier (huit actifs), des murs et fonds de commerce de 16 hôtels économiques non conformes aux exigences de marge du groupe, devrait rapporter de quoi financer l'acquisition du terrain de l'hôtel Concorde Lafayette (50 millions d'euros).
Malgré une saison d'été morose pour l'ensemble du secteur hôtelier, la société contrôlée par la famille Taittinger devrait améliorer sa rentabilité au second semestre. Elle profitera, entre autres, des synergies consécutives au rapprochement des enseignes Envergure et Concorde (9,4 millions d'euros d'économies au 30 août).
Sur le plan boursier, les actions Société du Louvre présentent toujours une décote supérieure à 33 % par rapport à l'actif net réévalué, que nous estimons à 120 euros.
STALLERGENES > Le laboratoire mise sur ses comprimés antiallergiques.
Ce laboratoire pharmaceutique spécialisé dans les médicaments de désensibilisation aux allergies a pour ambition de lancer, dans un horizon de deux ans, le premier comprimé au monde de traitement de fond des allergies.
Au premier semestre, le groupe a accru de 37 % ses dépenses de recherche-développement, qui se sont élevées à 5,7 millions d'euros, soit 12,2 % du chiffre d'affaires de la période, contre 8 % en 2003.
Ces investissements serviront essentiellement à la mise au point de ce produit de désensibilisation qui doit se substituer aux piqûres et aux traitements sublinguaux.
Les résultats du premier semestre reflètent l'essor du marché mondial des antiallergiques. Stallergènes a amélioré son bénéfice net de 33 %, pour le porter à 4,3 millions d'euros, tandis que son chiffre d'affaires a crû de 9 %, pour atteindre 46,3 millions d'euros. Pour l'ensemble de l'année, les dirigeants tablent sur une progression de 7 % de l'activité et sur une poursuite de l'amélioration de la marge opérationnelle.
Nous visons un bénéfice net de 8 millions d'euros, en hausse de 9,6 %. Bien que la société soit correctement valorisée en Bourse (20,2 fois les bénéfices estimés pour 2005), elle reste attrayante pour le moyen terme, compte tenu de l'expansion rapide du marché mondial de l'allergie.
STEDIM > Le rachat d'IBI dopera les ventes dès cette année.
Le fabricant de poches en plastique à usage médical Stedim a annoncé en juillet dernier l'acquisition de la société américaine Integrated Biosystems Inc. (IBI), leader mondial des machines de congélation-décongélation de protéines thérapeutiques.
Cet investissement, de 23,5 millions d'euros, se révèle très stratégique pour le groupe, qui ambitionne de devenir un équipementier global pour l'industrie de la biotechnologie. En effet, IBI constituerait un apport de chiffre d'affaires équivalent à la moitié de celui actuellement réalisé par Stedim et cette opération lui ouvre la voie du marché américain, qui représente les deux tiers du marché mondial des biotechnologies. En outre, le rachat d'IBI aura un impact positif sur le résultat net par action dès la première année de son intégration. L'endettement net du groupe resterait à un niveau raisonnable (76 % des capitaux propres) et pourrait être remboursé en cinq ans grâce à la génération d'autofinancement de Stedim.
Compte tenu de l'acquisition d'IBI, la direction a révisé à la hausse sa prévision annuelle de ventes à 61,5 millions d'euros et table sur un doublement de son résultat opérationnel, qui s'établirait à 12 % du montant des facturations.A un horizon de trois ans, la direction vise un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros et une marge d'exploitation de 15 %, contre 8 % en 2003.
Malgré le récent rebond du titre, le potentiel boursier de Stedim demeure attrayant, puisque la société se paie tout juste 14 fois les profits estimés pour 2005.
ZODIAC > Multiplication des acquisitions malgré le manque de visibilité.
L'équipementier aéronautique a réalisé de nombreuses acquisitions malgré la faible visibilité dont a pâti le secteur depuis 2001.
Au cours des dix derniers mois, Zodiac a d'ores et déjà effectué six opérations de croissance externe dans des activités de niches. Ces sociétés contribueront à hauteur de 254 millions d'euros au chiffre d'affaires de 2004.
La dernière opération remonte au mois de mai et concerne la société américaine Scott Aviation, spécialisée dans les systèmes d'oxygène embarqués pour l'aéronautique civile et militaire. Ces rachats permettent de compenser en partie l'impact négatif du dollar (un tiers des facturations) et n'ont pas déséquilibré le niveau d'endettement net, que nous attendons autour de 1 fois les fonds propres en fin d'exercice.
En outre, Zodiac devrait profiter de la reprise du trafic aérien.
La direction estime que le bénéfice net par action restera stable cette année, en dépit de l'intégration de ces nouvelles sociétés.
Pour l'exercice clos le 30 août, nous anticipons un bénéfice net de 91 millions d'euros, contre 92,68 millions en 2002/2003.
Notre estimation est capitalisée 17,7 fois en Bourse, tandis que les profits attendus pour 2004/2005 font ressortir un multiple de capitalisation raisonnable de de 14,4 fois.
