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Treize valeurs dont le statut boursier profitera de la réforme de la cote

09/10/2004 00:00 - JDF

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A partir de janvier 2005, les Premier, Second et Nouveau Marchés fusionneront, pour donner naissance à un seul marché réglementé. Les valeurs de la cote, regroupées sous le nom d'Eurolist, seront classées par ordre alphabétique. Elles seront désormais toutes soumises aux mêmes règles de communication financière, établies par l'Autorité des marchés financiers, et les futures introductions obéiront aux mêmes conditions, notamment en matière de liquidité (flottant minimal de 25 %).

Une classification par tailles de capitalisation

Après une étude menée par Euronext auprès des actionnaires individuels, il est apparu que 50 % d'entre eux utilisaient régulièrement le critère de la capitalisation boursière dans leurs choix d'investissements. Aussi, afin d'améliorer la visibilité de la nouvelle cote, les sociétés seront réparties en trois catégories : les capitalisations boursières supérieures à 1 milliard d'euros (catégorie 1), celles comprises entre 150 millions et 1 milliard d'euros (catégorie 2) et, enfin, les valeurs dont la capitalisation est inférieure à 150 millions d'euros (catégorie 3).

Par ailleurs, la réforme prévoit la création de deux compartiments supplémentaires destinés aux valeurs de la zone euro et aux valeurs internationales. Quant au compartiment spécial, qui existe déjà pour le Nouveau Marché, il regroupera toutes les sociétés faisant l'objet d'une procédure judiciaire. L'objectif clairement défini par Euronext, et qui n'est pas sans rappeler celui qui a motivé la création du Second Marché en 1983, est de créer un dispositif favorable aux petites et moyennes capitalisations. Dans cette optique, la réforme prévoit la mise en place de moyens destinés à améliorer la visibilité et la liquidité de ces valeurs. Les intermédiaires financiers spécialisés dans l'étude et le suivi des valeurs moyennes se verront attribuer un label d'expert. Pour mériter ce label, les sociétés de Bourse s'engageront à suivre au moins soixante valeurs, dont vingt appartenant à la catégorie 3.

Parallèlement, Euronext va lancer une nouvelle gamme d'indices, dont un composé d'une centaine de valeurs moyennes et un dédié à 90 capitalisations inférieures à 150 millions d'euros. L'indice CAC 40 et le Service de Règlement Différé (SRD) ne sont pas concernés par la réforme.

Enfin, le dernier volet de ce vaste remaniement consiste en la mise en place d'un marché non réglementé, une sorte de Marché Libre amélioré, baptisé AlterNext, sur lequel pourront s'inscrire les sociétés désireuses de lever des capitaux mais ne remplissant pas toutes les conditions nécessaires pour s'introduire sur le marché réglementé. Contrairement à ce qui se passe aujourd'hui sur le Marché Libre, Alternext obligera les sociétés à fournir un minimum d'informations financières et à apporter des garanties aux actionnaires minoritaires en cas de changement de contrôle.

Certaines sociétés devraient pâtir de cette réforme en profondeur de la cote. Environ 80 sociétés du Premier Marché, regroupant une bonne partie des ex-valeurs de l'ancien marché au comptant, vont rejoindre la catégorie 3 des petites capitalisations boursières, alors qu'elles côtoient aujourd'hui les plus grandes valeurs françaises. Ce sera le cas notamment de Penauille Polyservices, de Baccarat ou du Crédit Foncier de France. Des groupes comme Bongrain, valeur phare de la cote parisienne dans les années 1980, ou Club Méditerranée rejoindront le rang des valeurs moyennes. A l'inverse, un certain nombre de sociétés du Nouveau Marché, qui pâtissent de la défiance des investisseurs à l'égard de ce compartiment, pourraient profiter de ce changement de cotation.

Une dizaine d'entre elles vont pouvoir accéder à la catégorie des valeurs moyennes, qui constituera un vivier important pour de nombreux fonds d'investissement. Sans toutefois perdre de vue que les meilleurs critères pour investir en Bourse restent l'analyse fondamentale et les perspectives de croissance d'une société, quel que soit le marché ou la catégorie à laquelle elle appartient.

Sept sociétés du Second Marché dans la cour des grandes

> Créé en 1983 pour permettre aux petites et moyennes entreprises de lever en Bourse les capitaux nécessaires au financement de leur croissance, le Second Marché compte aujourd'hui près de 300 valeurs de tailles très différentes.

Sept d'entre elles, qui disposent, au cours actuel, d'une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard d'euros, devraient donc rejoindre en janvier prochain la catégorie des cent plus grandes capitalisations françaises.

C'est le cas notamment d'Hermès, qui, avec une capitalisation boursière supérieure à 5 milliards d'euros, aurait dû figurer depuis longtemps au Premier Marché.

Ce changement de catégorie ne devrait pas changer la façon de communiquer de cette société toujours très discrète, mais il devrait officialiser le statut d'Hermès au rang de deuxième valeur française du luxe, derrière LVMH.

Depuis dix ans, Hermès améliore de façon régulière ses résultats et dégage des marges élevées. L'action souffre toutefois d'un handicap lié à la faiblesse du flottant, qui se situe autour de 10 %. Cette situation pourrait d'ailleurs être amenée à évoluer à terme.

Dans le domaine de la distribution, le changement de statut boursier de Rallye peut lui permettre de mieux se faire connaître des actionnaires individuels. D'autant que la valeur offre un rendement net élevé, attendu autour de 4,7 % pour 2004, ce qui constitue un critère attrayant pour de nombreux portefeuilles boursiers.

A l'instar d'Hermès, la société, dont le principal actif reste sa participation de 51 % dans le capital dans Casino, est assez discrète. Dans un secteur de la distribution, très attaqué récemment, Casino bénéficie d'un atout majeur que constitue sa bonne implantation dans le hard discount avec les marques Leader Price et Franprix.

Eligible au SRD, le constructeur de bateaux Bénéteau fait partie des valeurs moyennes qui font l'objet d'un suivi régulier de la part des analystes financiers.

Son accès dans la catégorie des plus grandes capitalisations de la cote, si le cours se maintient, est donc plutôt symbolique, mais il pourrait coïncider avec une éventuelle acquisition majeure dans le secteur des bateaux à moteur, aujourd'hui en forte croissance, qui offrirait au groupe la possibilité de franchir le cap de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2008.

L'entrée de M6 dans le club des cent plus grandes capitalisations boursières pourrait lui permettre de bénéficier d'une meilleure perception auprès des investisseurs français et allemands, puisque son actionnaire majoritaire, RTL, est une filiale du groupe Bertelsmann. Cette promotion consacrerait la montée en puissance de la chaîne de télévision dans le paysage audiovisuel, ainsi que la croissance régulière de ses résultats au cours des six dernières années.

Enfin, parmi les sept valeurs du Second Marché qui pourraient profiter de la réforme de la cote figurent trois caisses régionales du Crédit Agricole, celle du Nord, qui a racheté le Crédit Agricole de Belgique, celle de l'Aquitaine et celle de l'Ile-de-France. Fortes de leur position de leader régional, ces trois caisses offrent une bonne visibilité sur la progression de leurs résultats. Ce qui devrait se traduire par ailleurs par une hausse régulière du dividende net versé aux actionnaires.

Les rescapés du Nouveau Marché sont les premiers bénéficiaires de la réforme

> Le Nouveau Marché, créé en 1996 pour aider les jeunes sociétés à se développer dans le domaine des nouvelles technologies, compte aujourd'hui plus de banqueroutes que de réussites boursières. Cette déroute a inévitablement jeté l'opprobre sur l'ensemble des valeurs cotées sur ce marché, y compris sur celles qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu depuis mars 2000. Parmi les rares rescapées, on peut citer le producteur de vodka Belvédère, le transporteur European Cargo Services, mais aussi Naturex, Prosodie et Pharmagest Interactive. D'autres sont parvenues à atteindre une capitalisation boursière supérieure à 150 millions et pourraient, à ce titre, figurer parmi les 160 valeurs moyennes de la catégorie 2 de la nouvelle cote, et de vaincre ainsi les réticences de nombreux investisseurs.

Sauf accident boursier d'ici à la fin de l'année, ce changement pourrait concerner Metrologic Group. Cet éditeur de logiciels de mesure en trois dimensions destinés à l'industrie automobile est positionné sur une niche d'activité à forte valeur ajoutée. De nombreuses opérations de croissance externe lui ont permis de se construire une part de marché significative et de dégager des marges sensiblement supérieures à la moyenne du marché. La hausse de 30 % du cours de Bourse depuis un an justifie de prendre quelques bénéfices.

Depuis son introduction en Bourse, à 17 euros, Linedata Services a plutôt bien résisté à la curée. Il est vrai que cet éditeur de logiciels de gestion de portefeuilles destinés aux banques affiche des résultats en progression constante depuis cinq ans. Si les perspectives du groupe à moyen terme sont intéressantes, il est trop tôt pour revenir sur le titre. La refonte de son organisation commerciale devrait en effet peser sur les marges en 2004, avec un risque de déception sur les bénéfices.

Rejoindre la catégorie des plus belles valeurs moyennes devrait renforcer la crédibilité du laboratoire d'analyses microbiologiques Eurofins Scientific. Surtout si ce changement de statut boursier s'accompagne d'une nouvelle phase de croissance. Le groupe breton, qui devrait confirmer son redressement en 2004, vise un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros à l'horizon 2008, contre 174 millions cette année. Bien que chère, l'action peut être mise en portefeuille à titre spéculatif.

Après deux exercices de transition durant lesquels les dirigeants ont concentré leurs efforts à l'adaptation de l'outil industriel à de nouvelles contraintes technologiques, Soitec offre désormais une meilleure visibilité sur l'évolution de son activité. Le fabricant de plaques de silicium sur isolants a levé récemment de nombreuses inquiétudes sur la pérennité de ses ventes. Pour le second semestre de son exercice 2004/2005, qui débutera au même moment que la mise en place de la nouvelle cote, le groupe anticipe un retour à l'équilibre opérationnel. La concrétisation de cet objectif devrait être bien accueillie par les marchés financiers, mais le dossier est très spéculatif.

Les solides fondamentaux de GL Trade n'ont, certes, pas échappé aux investisseurs, mais la disparition de son étiquette « Nouveau Marché » devrait en convaincre d'autres de s'intéresser aux perspectives attrayantes de cette société. Leader sur le marché des logiciels boursiers, GL Trade vise une hausse de 15 à 20 % de son chiffre d'affaires en 2004 et une marge nette de 12 à 13 %.

Enfin, plus grande capitalisation boursière des valeurs françaises cotées sur le Nouveau Marché, Boursorama devrait dégager ses premiers résultats bénéficiaires en 2004. Une deuxième année consécutive de bénéfices pourrait inciter les dirigeants à verser à leurs actionnaires un dividende, à partir de 2005, ce qui renforce l'attrait de ce titre, au demeurant spéculatif.

Sept sociétés du Second Marché dans la cour des grandes

> Créé en 1983 pour permettre aux petites et moyennes entreprises de lever en Bourse les capitaux nécessaires au financement de leur croissance, le Second Marché compte aujourd'hui près de 300 valeurs de tailles très différentes.

Sept d'entre elles, qui disposent, au cours actuel, d'une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard d'euros, devraient donc rejoindre en janvier prochain la catégorie des cent plus grandes capitalisations françaises.

C'est le cas notamment d'Hermès, qui, avec une capitalisation boursière supérieure à 5 milliards d'euros, aurait dû figurer depuis longtemps au Premier Marché.

Ce changement de catégorie ne devrait pas changer la façon de communiquer de cette société toujours très discrète, mais il devrait officialiser le statut d'Hermès au rang de deuxième valeur française du luxe, derrière LVMH.

Depuis dix ans, Hermès améliore de façon régulière ses résultats et dégage des marges élevées. L'action souffre toutefois d'un handicap lié à la faiblesse du flottant, qui se situe autour de 10 %. Cette situation pourrait d'ailleurs être amenée à évoluer à terme.

Dans le domaine de la distribution, le changement de statut boursier de Rallye peut lui permettre de mieux se faire connaître des actionnaires individuels. D'autant que la valeur offre un rendement net élevé, attendu autour de 4,7 % pour 2004, ce qui constitue un critère attrayant pour de nombreux portefeuilles boursiers.

A l'instar d'Hermès, la société, dont le principal actif reste sa participation de 51 % dans le capital dans Casino, est assez discrète. Dans un secteur de la distribution, très attaqué récemment, Casino bénéficie d'un atout majeur que constitue sa bonne implantation dans le hard discount avec les marques Leader Price et Franprix.

Eligible au SRD, le constructeur de bateaux Bénéteau fait partie des valeurs moyennes qui font l'objet d'un suivi régulier de la part des analystes financiers.

Son accès dans la catégorie des plus grandes capitalisations de la cote, si le cours se maintient, est donc plutôt symbolique, mais il pourrait coïncider avec une éventuelle acquisition majeure dans le secteur des bateaux à moteur, aujourd'hui en forte croissance, qui offrirait au groupe la possibilité de franchir le cap de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2008.

L'entrée de M6 dans le club des cent plus grandes capitalisations boursières pourrait lui permettre de bénéficier d'une meilleure perception auprès des investisseurs français et allemands, puisque son actionnaire majoritaire, RTL, est une filiale du groupe Bertelsmann. Cette promotion consacrerait la montée en puissance de la chaîne de télévision dans le paysage audiovisuel, ainsi que la croissance régulière de ses résultats au cours des six dernières années.

Enfin, parmi les sept valeurs du Second Marché qui pourraient profiter de la réforme de la cote figurent trois caisses régionales du Crédit Agricole, celle du Nord, qui a racheté le Crédit Agricole de Belgique, celle de l'Aquitaine et celle de l'Ile-de-France. Fortes de leur position de leader régional, ces trois caisses offrent une bonne visibilité sur la progression de leurs résultats. Ce qui devrait se traduire par ailleurs par une hausse régulière du dividende net versé aux actionnaires.

Les rescapés du Nouveau Marché sont les premiers bénéficiaires de la réforme

> Le Nouveau Marché, créé en 1996 pour aider les jeunes sociétés à se développer dans le domaine des nouvelles technologies, compte aujourd'hui plus de banqueroutes que de réussites boursières. Cette déroute a inévitablement jeté l'opprobre sur l'ensemble des valeurs cotées sur ce marché, y compris sur celles qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu depuis mars 2000. Parmi les rares rescapées, on peut citer le producteur de vodka Belvédère, le transporteur European Cargo Services, mais aussi Naturex, Prosodie et Pharmagest Interactive. D'autres sont parvenues à atteindre une capitalisation boursière supérieure à 150 millions et pourraient, à ce titre, figurer parmi les 160 valeurs moyennes de la catégorie 2 de la nouvelle cote, et de vaincre ainsi les réticences de nombreux investisseurs.

Sauf accident boursier d'ici à la fin de l'année, ce changement pourrait concerner Metrologic Group. Cet éditeur de logiciels de mesure en trois dimensions destinés à l'industrie automobile est positionné sur une niche d'activité à forte valeur ajoutée. De nombreuses opérations de croissance externe lui ont permis de se construire une part de marché significative et de dégager des marges sensiblement supérieures à la moyenne du marché. La hausse de 30 % du cours de Bourse depuis un an justifie de prendre quelques bénéfices.

Depuis son introduction en Bourse, à 17 euros, Linedata Services a plutôt bien résisté à la curée. Il est vrai que cet éditeur de logiciels de gestion de portefeuilles destinés aux banques affiche des résultats en progression constante depuis cinq ans. Si les perspectives du groupe à moyen terme sont intéressantes, il est trop tôt pour revenir sur le titre. La refonte de son organisation commerciale devrait en effet peser sur les marges en 2004, avec un risque de déception sur les bénéfices.

Rejoindre la catégorie des plus belles valeurs moyennes devrait renforcer la crédibilité du laboratoire d'analyses microbiologiques Eurofins Scientific. Surtout si ce changement de statut boursier s'accompagne d'une nouvelle phase de croissance. Le groupe breton, qui devrait confirmer son redressement en 2004, vise un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros à l'horizon 2008, contre 174 millions cette année. Bien que chère, l'action peut être mise en portefeuille à titre spéculatif.

Après deux exercices de transition durant lesquels les dirigeants ont concentré leurs efforts à l'adaptation de l'outil industriel à de nouvelles contraintes technologiques, Soitec offre désormais une meilleure visibilité sur l'évolution de son activité. Le fabricant de plaques de silicium sur isolants a levé récemment de nombreuses inquiétudes sur la pérennité de ses ventes. Pour le second semestre de son exercice 2004/2005, qui débutera au même moment que la mise en place de la nouvelle cote, le groupe anticipe un retour à l'équilibre opérationnel. La concrétisation de cet objectif devrait être bien accueillie par les marchés financiers, mais le dossier est très spéculatif.

Les solides fondamentaux de GL Trade n'ont, certes, pas échappé aux investisseurs, mais la disparition de son étiquette « Nouveau Marché » devrait en convaincre d'autres de s'intéresser aux perspectives attrayantes de cette société. Leader sur le marché des logiciels boursiers, GL Trade vise une hausse de 15 à 20 % de son chiffre d'affaires en 2004 et une marge nette de 12 à 13 %.

Enfin, plus grande capitalisation boursière des valeurs françaises cotées sur le Nouveau Marché, Boursorama devrait dégager ses premiers résultats bénéficiaires en 2004. Une deuxième année consécutive de bénéfices pourrait inciter les dirigeants à verser à leurs actionnaires un dividende, à partir de 2005, ce qui renforce l'attrait de ce titre, au demeurant spéculatif.

par CATHERINE REKIK