Le gouvernement n'en finit pas de jouer petit bras

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Quand un gouvernement ou l'un de ses ministres a de bonnes idées en matière de fiscalité de l'épargne et/ou du patrimoine, il ne peut pas s'empêcher de se retenir et de limiter in fine la portée de sa mesure. Ainsi en est-il de la réforme des droits de succession qui figurera dans la prochaine loi de finances (voir notre analyse en détail page 7) : un abattement de 50.000 euros sur la valeur du patrimoine transmis, c'est bien, mais, eu égard à l'envolée des prix de l'immobilier, c'est très modeste puisque l'effet final sur l'impôt à payer est minime. Cette frilosité ne doit pas nous étonner. Derrière les effets de manche destinés à faire plaisir aux uns (les plus modestes) et à ne pas déplaire aux autres (les personnes plus aisées), il y a bel et bien une volonté de faire les choses en douceur, une forme de populisme de bon aloi visant à se faire bien voir sans choquer.
C'est la même tactique qui prévaut en matière d'ISF. A un détail près : on a atteint sur ce dossier le comble de la bêtise. Sous couvert de justice sociale, il faudrait ainsi persécuter celles et ceux qui disposent, souvent par leur travail, d'un patrimoine supérieur à 720.000 euros, en bloquant par exemple le barème comme c'est le cas depuis 1997. Mais où est donc la justice dans un tel acharnement politique de gauche comme de droite qui se traduit pour les personnes concernées par une véritable inquisition ? Dans un monde ouvert qui a profondément changé depuis les années 1980, date de création de l'ISF, il est absurde de vouloir persister à surtaxer des capitaux et des biens qui, faut-il le rappeler, concourent à la création de richesses et d'emplois, et peuvent (ils ne s'en privent pas) s'expatrier en toute légalité.
Maintenir l'ISF dans son état actuel, c'est vouloir entretenir une forme de lutte des classes, alors que l'enjeu aujourd'hui est ailleurs : il s'appelle « croissance » avec à la clé des emplois qui nous font tant défaut depuis plus de vingt ans.
Bien sûr, le gouvernement ne manque pas de dossiers chauds, tous aussi difficiles et urgents les uns que les autres. En voilà un, avec l'ISF, facile à traiter et rapidement contributif pour l'économie du pays s'il est associé à une réforme plus vaste de la fiscalité. Les détracteurs ne manqueront pas de faire obstacle en soulignant les problèmes de financement d'une telle mesure ; techniquement, ils n'ont pas tort mais, pratiquement, ils sous-estiment complètement l'impact psychologique et le retentissement international d'une réforme de l'ISF. Malheureusement, il manque le courage politique nécessaire : les tergiversations de cet été autour de la nomination du président d'EDF témoignent cruellement du flottement de nos dirigeants, souvent plus accaparés par leur carrière que par l'avenir du pays. L'état de la France n'est pas resplendissant, loin de là. Il y a urgence à réagir. Cessons de nous contenter d'une pseudo-croissance économique autour de 2,3-2,5 %, qui ne crée pas d'emplois.
