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Les sociétés qui ont les moyens de verser un dividende exceptionnel à leurs actionnaires

14/08/2004 00:00 - JDF

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La morosité des marchés financiers, l'absence d'opportunité d'investissement et le redressement du bilan des sociétés cotées incitent les dirigeants à se montrer généreux à l'égard de leurs actionnaires, soit en versant des dividendes plus substantiels, soit en rachetant leurs propres actions en vue de les annuler, ce qui a pour effet d'améliorer le bénéfice net par action.

Depuis quelques semaines, la mode est donc au dividende exceptionnel. L'américain Microsoft a largement ouvert la voie, puisqu'il s'est engagé à reverser 75 milliards de dollars à ses actionnaires durant les quatre prochains exercices. Inspiré par cette heureuse initiative, son homologue le fabricant de microprocesseurs Intel prévoit de redistribuer une partie de sa trésorerie de 20 milliards de dollars sous forme de dividende exceptionnel. En France, le régime fiscal est devenu plus favorable à ce mode de distribution depuis 2002, mais il le sera encore plus dès le début de l'année 2005 après la suppression de l'avoir fiscal et du fameux « précompte » dont les sociétés devaient s'acquitter dans le cadre de ce type d'opération (cf. encadré).

Bouygues devrait ainsi prochainement obtenir l'accord de ses actionnaires pour le versement d'un dividende exceptionnel de 5 euros le 1er janvier 2005. D'autres sociétés cotées à la Bourse de Paris devraient lui emboîter le pas.

Cette soudaine générosité des sociétés à l'égard de leurs actionnaires traduit surtout les difficultés qu'elles rencontrent à trouver une bonne utilisation de leurs ressources excédentaires dans un contexte de faible croissance. De nombreux dirigeants avouent en effet ne disposer à court terme d'aucun projet de croissance externe. Nous avons donc passé la cote au peigne fin pour trouver les entreprises qui pourraient être amenées à verser un dividende exceptionnel à leurs actionnaires dès les prochains mois. Les vingt sociétés que nous avons sélectionnées, à travers quatre thèmes, disposent toutes d'une situation financière saine et d'une forte capacité d'autofinancement.

Absence de gros projets d'acquisition

> Déjà leaders dans leurs secteurs d'activité, de nombreuses sociétés ne trouvent pas de cible à la hauteur de leurs ambitions. D'autres préfèrent se développer par croissance interne. Elles disposent en outre de moyens suffisants pour autofinancer leurs éventuelles opérations de croissance. L'excès de trésorerie qu'elles dégagent pourrait alors revenir à leurs actionnaires.

C'est notamment le cas du groupe de luxe Hermès, qui capitalise sur sa marque. Les rares acquisitions réalisées par le groupe sont des sociétés de taille moyenne et ont été autofinancées. Dans ce contexte, l'excédent de trésorerie de 555 millions d'euros pourrait être reversé en partie aux actionnaires. L'Oréal présente aussi un bilan solide caractérisé par 360 millions d'euros de trésorerie et plus de 8 milliards d'euros de capitaux propres.. Récemment, Lindsay Owen-Jones, le président du numéro un mondial de la cosmétique, a déclaré que la croissance interne restait sa priorité. Contrairement à Procter & Gamble, qui a racheté l'allemand Wella l'an dernier, L'Oréal se contente d'avaler des sociétés de taille bien plus modeste. La trésorerie nette de Peugeot est passée de 563 millions à 1 milliard d'euros en l'espace de six mois. Le constructeur automobile français n'est pas à l'affût de grosses opérations de croissance externe et a les moyens de financer ses investissements. Dans ce contexte, une redistribution de ses ressources aux actionnaires paraît plausible. Peter Brabeck, le patron de Nestlé a déclaré que les grosses acquisitions n'étaient pas à l'ordre du jour, écartant par la même occasion les rumeurs de rachat de Danone. Le groupe aux 8.000 marques est seulement endetté à hauteur de 39 % de ses fonds propres, qui s'élèvent à 23,4 milliards d'euros. En outre, ses participations dans L'Oréal et dans la société pharmaceutique Alcon valent 22 milliards d'euros en Bourse. Avec un taux de distribution des bénéfices passé de 38 % à 43 % entre 2002 et 2003, Nestlé peut difficilement aller au-delà. Un dividende exceptionnel serait alors une solution. Les dirigeants de Total ont indiqué qu'ils n'envisageaient pas pour le moment de réaliser des acquisitions en raison du prix élevé du pétrole. En revanche, le groupe pétrolier a promis de reverser 6 milliards d'euros à ses actionnaires cette année sous forme de rachat d'actions mais également d'un acompte sur dividende d'un montant égal à la moitié de celui versé en 2004. Par ailleurs, Total prévoit de céder à moyen terme sa participation de 13 % dans Sanofi-Synthélabo-Aventis, qui est valorisée à 10 milliards d'euros. Le fruit de cette vente est également destiné en partie aux actionnaires. Après l'échec de la fusion avec Legrand, Schneider Electric, fort d'une trésorerie proche de 4 milliards d'euros, a racheté de nombreuses sociétés de petites et moyennes tailles. Aujourd'hui, le taux d'endettement net correspond à environ 6 % des capitaux propres. En l'absence de grosse opération et compte tenu de sa capacité d'autofinancement élevée, les dirigeants du groupe pourraient décider de distribuer une partie du trésor de guerre aux actionnaires de la société.

Remontée de liquidités entre filiales et maisons mères

> La disparition du précompte est très avantageuse pour les sociétés qui ont laissé s'accumuler des liquidités dans les comptes de leurs filiales.

Lorsque celles-ci disposent d'une situation financière assainie et qu'elles ne nourrissent aucun projet d'expansion, rien ne s'oppose à faire remonter une partie de leurs liquidités par le biais de la distribution d'un dividende exceptionnel. C'est notamment le cas de la Sucrerie de Pithiviers-le-Viel, qui recèle une trésorerie de 190 millions d'euros, soit presque autant que sa société mère, la Vermandoise de Sucreries (56,5 % du capital), elle-même détenue majoritairement par la famille Delloye.

En raison de son appartenance au groupe Allianz (50,5 % du capital), les AGF ont des ambitions internationales plutôt limitées. Par ailleurs, l'assureur enregistre des résultats élevés (820 millions d'euros attendus pour 2004) et dégage une bonne rentabilité de ses capitaux propres (13 %). En prise à des difficultés avec sa filiale bancaire, la Deutsche Bank, on peut imaginer qu'Allianz pèsera de tout son poids pour faire remonter les liquidités des AGF.

L'Etat est majoritaire dans le groupe nucléaire Areva via CEA (Commissariat à l'énergie atomique). Il pourrait renflouer ses caisses grâce aux dividendes perçus par sa filiale, qui, en raison de l'échec d'un rapprochement avec Alstom, dispose finalement de peu d'opportunités de croissance externe dans son secteur.

La vente de sa participation dans Géodis, actuellement à l'étude, permettrait à Salvepar d'empocher jusqu'à 113 millions d'euros. L'une des possibilités pour la holding, qui disposerait alors d'une trésorerie nette de 141 millions d'euros, serait d'utiliser cette manne financière pour rémunérer ses actionnaires, dont la Société Générale est le principal d'entre eux, avec 51,41 % du capital.

La société Electricité de Strasbourg applique d'ores et déjà une politique très généreuse en matière de distribution de dividende (rendement proche de 5 %). Le groupe puise même dans ses réserves pour maintenir un niveau de rémunération élevé pour son actionnaire principal, EDF (74,2 % du capital). Après avoir versé un dividende exceptionnel en 2002, la société pourrait encore réserver de bonnes surprises à ses actionnaires.

Rendements insuffisants des investissements dans l'immobilier

> Dans un contexte marqué par la flambée des prix de l'immobilier qui limite les niveaux de rentabilité à 6,5 % dans le bureau et à 4,5 % dans l'habitation, les sociétés foncières vont devoir se montrer très vigilantes dans leur développement. Surtout si les taux d'intérêt à long terme continuent de croître. La direction d'Unibail a ainsi annoncé que les ressources excédentaires issues de la vente de 51 % de Coeur Défense seraient reversées aux actionnaires. Sans modifier le ratio d'endettement net sur valeur du patrimoine de 40 %, cette enveloppe pourrait atteindre 726 millions d'euros. Elle pourrait être redistribuée pour moitié sous forme de dividende exceptionnel, ce qui correspondrait à 9 euros. Selon nos sources, les dirigeants de Gecina auraient essuyé un refus de la part de Groupama pour racheter sa filiale Silic. En l'absence d'autres cibles, le groupe pourrait également reverser une partie de sa trésorerie à ses actionnaires. Lors de l'assemblée générale statuant sur les comptes de 2003, le président d'Eiffage avait déclaré que si la société ne parvenait pas à saisir des opportunités de croissance externe intéressante d'ici à la fin de l'année 2005, voire début 2006, il reconsidérerait sa politique de distribution. Malgré l'enveloppe de 330 millions d'euros consacrée aux investissements, le bilan du groupe reste caractérisé par une trésorerie nette de 83 millions d'euros, tandis que les capitaux propres avoisinent 1 milliard d'euros.

Volonté de soutenir les cours de Bourse

> Depuis le début de l'année, l'action Business Objects a dévissé de 50 %, pour tomber à moins de 15 euros. Cette chute s'explique par une dégradation des résultats de l'éditeur de logiciels, qui est par ailleurs accusé par la SEC de ne pas avoir respecté le devoir d'information au niveau de la comptabilisation de son carnet de commandes. Forte d'une trésorerie nette de 175 millions d'euros (1,85 euro par action), la société pourrait reprendre le versement d'un dividende (aucun depuis cinq ans) pour redonner du baume au coeur à ses actionnaires.

Depuis son plus haut de 10,5 euros atteint en 2000, le cours de Viel & Cie a chuté de plus de 65 %, si bien que la valeur se négocie à moins de 4 euros. Aux bons résultats du courtier et au rendement élevé de ses fonds propres s'ajoute une situation financière des plus saines. Sa trésorerie, qui avoisine 90 millions d'euros, pourrait servir à soutenir le titre.

L'action Thomson, qui s'échangeait à un plus haut de 81,5 euros en août 2000, n'a pas dépassé la barre de 20 euros depuis le début de l'année 2003. Bien que la perte nette du premier semestre 2004 du groupe électronique ait atteint 189 millions d'euros, sa situation financière demeure saine. L'endettement net, de 664 millions d'euros, ne représente que 20 % des fonds propres au 30 juin. La direction a déjà prévu un programme de rachat d'actions portant sur 400 millions d'euros. Une distribution de dividende peut être là aussi envisagée. Enfin, la Cnim est également en mesure de verser un dividende exceptionnel à ses actionnaires. Bien que la valeur se soit adjugé près de 20 % depuis le début de l'année, les perspectives bénéficiaires du groupe ne sont pas intégrées. La trésorerie s'élevait à 36,2 millions d'euros au 31 décembre, soit 11,95 euros par titre.

La disparition du précompte devrait favoriser la distribution de dividendes plus élevés

> Aujourd'hui, une entreprise qui verse un dividende bénéficiant de l'avoir fiscal doit s'acquitter d'un précompte égal au montant de l'avoir fiscal (50 % du dividende net) si la somme distribuée est prélevée sur des bénéfices mis en réserve depuis plus de cinq ans ou qui n'ont pas été taxés au taux normal de l'impôt sur les sociétés.

Ce précompte peut donc amputer sensiblement le montant des sommes distribuables aux actionnaires.

La suppression de l'avoir fiscal à compter du 1er janvier 2005 constitue à cet égard une bonne nouvelle.

Déjà, depuis 2002, les dividendes exceptionnels, proposés lors d'une assemblée autre que celle statuant sur les comptes annuels, étaient déjà dispensés de précompte.

La disparition de l'avoir fiscal dès le 1er janvier de l'année 2005 change encore la donne. Mécaniquement, l'enveloppe destinée aux actionnaires serait augmentée du montant du précompte précédemment versé dans le cas de distribution de bénéfices mis en réserve depuis plus de cinq ans ou non assujettis au taux normal de l'impôt sur les sociétés.

Cette mesure favorise notamment les sociétés mères, qui pourront prélever les trésoreriesentassées dans les comptes de leurs filiales, ainsi que les entreprises qui contrôlent des filiales hors de France.

La suppression du précompte pourrait également inciter les sociétés à préférer la distribution d'un dividende aux programmes de rachats d'actions, puisque les deux types d'opérations seront désormais neutres d'un point de vue fiscal.

Absence de gros projets d'acquisition

> Déjà leaders dans leurs secteurs d'activité, de nombreuses sociétés ne trouvent pas de cible à la hauteur de leurs ambitions. D'autres préfèrent se développer par croissance interne. Elles disposent en outre de moyens suffisants pour autofinancer leurs éventuelles opérations de croissance. L'excès de trésorerie qu'elles dégagent pourrait alors revenir à leurs actionnaires.

C'est notamment le cas du groupe de luxe Hermès, qui capitalise sur sa marque. Les rares acquisitions réalisées par le groupe sont des sociétés de taille moyenne et ont été autofinancées. Dans ce contexte, l'excédent de trésorerie de 555 millions d'euros pourrait être reversé en partie aux actionnaires. L'Oréal présente aussi un bilan solide caractérisé par 360 millions d'euros de trésorerie et plus de 8 milliards d'euros de capitaux propres.. Récemment, Lindsay Owen-Jones, le président du numéro un mondial de la cosmétique, a déclaré que la croissance interne restait sa priorité. Contrairement à Procter & Gamble, qui a racheté l'allemand Wella l'an dernier, L'Oréal se contente d'avaler des sociétés de taille bien plus modeste. La trésorerie nette de Peugeot est passée de 563 millions à 1 milliard d'euros en l'espace de six mois. Le constructeur automobile français n'est pas à l'affût de grosses opérations de croissance externe et a les moyens de financer ses investissements. Dans ce contexte, une redistribution de ses ressources aux actionnaires paraît plausible. Peter Brabeck, le patron de Nestlé a déclaré que les grosses acquisitions n'étaient pas à l'ordre du jour, écartant par la même occasion les rumeurs de rachat de Danone. Le groupe aux 8.000 marques est seulement endetté à hauteur de 39 % de ses fonds propres, qui s'élèvent à 23,4 milliards d'euros. En outre, ses participations dans L'Oréal et dans la société pharmaceutique Alcon valent 22 milliards d'euros en Bourse. Avec un taux de distribution des bénéfices passé de 38 % à 43 % entre 2002 et 2003, Nestlé peut difficilement aller au-delà. Un dividende exceptionnel serait alors une solution. Les dirigeants de Total ont indiqué qu'ils n'envisageaient pas pour le moment de réaliser des acquisitions en raison du prix élevé du pétrole. En revanche, le groupe pétrolier a promis de reverser 6 milliards d'euros à ses actionnaires cette année sous forme de rachat d'actions mais également d'un acompte sur dividende d'un montant égal à la moitié de celui versé en 2004. Par ailleurs, Total prévoit de céder à moyen terme sa participation de 13 % dans Sanofi-Synthélabo-Aventis, qui est valorisée à 10 milliards d'euros. Le fruit de cette vente est également destiné en partie aux actionnaires. Après l'échec de la fusion avec Legrand, Schneider Electric, fort d'une trésorerie proche de 4 milliards d'euros, a racheté de nombreuses sociétés de petites et moyennes tailles. Aujourd'hui, le taux d'endettement net correspond à environ 6 % des capitaux propres. En l'absence de grosse opération et compte tenu de sa capacité d'autofinancement élevée, les dirigeants du groupe pourraient décider de distribuer une partie du trésor de guerre aux actionnaires de la société.

Remontée de liquidités entre filiales et maisons mères

> La disparition du précompte est très avantageuse pour les sociétés qui ont laissé s'accumuler des liquidités dans les comptes de leurs filiales.

Lorsque celles-ci disposent d'une situation financière assainie et qu'elles ne nourrissent aucun projet d'expansion, rien ne s'oppose à faire remonter une partie de leurs liquidités par le biais de la distribution d'un dividende exceptionnel. C'est notamment le cas de la Sucrerie de Pithiviers-le-Viel, qui recèle une trésorerie de 190 millions d'euros, soit presque autant que sa société mère, la Vermandoise de Sucreries (56,5 % du capital), elle-même détenue majoritairement par la famille Delloye.

En raison de son appartenance au groupe Allianz (50,5 % du capital), les AGF ont des ambitions internationales plutôt limitées. Par ailleurs, l'assureur enregistre des résultats élevés (820 millions d'euros attendus pour 2004) et dégage une bonne rentabilité de ses capitaux propres (13 %). En prise à des difficultés avec sa filiale bancaire, la Deutsche Bank, on peut imaginer qu'Allianz pèsera de tout son poids pour faire remonter les liquidités des AGF.

L'Etat est majoritaire dans le groupe nucléaire Areva via CEA (Commissariat à l'énergie atomique). Il pourrait renflouer ses caisses grâce aux dividendes perçus par sa filiale, qui, en raison de l'échec d'un rapprochement avec Alstom, dispose finalement de peu d'opportunités de croissance externe dans son secteur.

La vente de sa participation dans Géodis, actuellement à l'étude, permettrait à Salvepar d'empocher jusqu'à 113 millions d'euros. L'une des possibilités pour la holding, qui disposerait alors d'une trésorerie nette de 141 millions d'euros, serait d'utiliser cette manne financière pour rémunérer ses actionnaires, dont la Société Générale est le principal d'entre eux, avec 51,41 % du capital.

La société Electricité de Strasbourg applique d'ores et déjà une politique très généreuse en matière de distribution de dividende (rendement proche de 5 %). Le groupe puise même dans ses réserves pour maintenir un niveau de rémunération élevé pour son actionnaire principal, EDF (74,2 % du capital). Après avoir versé un dividende exceptionnel en 2002, la société pourrait encore réserver de bonnes surprises à ses actionnaires.

Rendements insuffisants des investissements dans l'immobilier

> Dans un contexte marqué par la flambée des prix de l'immobilier qui limite les niveaux de rentabilité à 6,5 % dans le bureau et à 4,5 % dans l'habitation, les sociétés foncières vont devoir se montrer très vigilantes dans leur développement. Surtout si les taux d'intérêt à long terme continuent de croître. La direction d'Unibail a ainsi annoncé que les ressources excédentaires issues de la vente de 51 % de Coeur Défense seraient reversées aux actionnaires. Sans modifier le ratio d'endettement net sur valeur du patrimoine de 40 %, cette enveloppe pourrait atteindre 726 millions d'euros. Elle pourrait être redistribuée pour moitié sous forme de dividende exceptionnel, ce qui correspondrait à 9 euros. Selon nos sources, les dirigeants de Gecina auraient essuyé un refus de la part de Groupama pour racheter sa filiale Silic. En l'absence d'autres cibles, le groupe pourrait également reverser une partie de sa trésorerie à ses actionnaires. Lors de l'assemblée générale statuant sur les comptes de 2003, le président d'Eiffage avait déclaré que si la société ne parvenait pas à saisir des opportunités de croissance externe intéressante d'ici à la fin de l'année 2005, voire début 2006, il reconsidérerait sa politique de distribution. Malgré l'enveloppe de 330 millions d'euros consacrée aux investissements, le bilan du groupe reste caractérisé par une trésorerie nette de 83 millions d'euros, tandis que les capitaux propres avoisinent 1 milliard d'euros.

Volonté de soutenir les cours de Bourse

> Depuis le début de l'année, l'action Business Objects a dévissé de 50 %, pour tomber à moins de 15 euros. Cette chute s'explique par une dégradation des résultats de l'éditeur de logiciels, qui est par ailleurs accusé par la SEC de ne pas avoir respecté le devoir d'information au niveau de la comptabilisation de son carnet de commandes. Forte d'une trésorerie nette de 175 millions d'euros (1,85 euro par action), la société pourrait reprendre le versement d'un dividende (aucun depuis cinq ans) pour redonner du baume au coeur à ses actionnaires.

Depuis son plus haut de 10,5 euros atteint en 2000, le cours de Viel & Cie a chuté de plus de 65 %, si bien que la valeur se négocie à moins de 4 euros. Aux bons résultats du courtier et au rendement élevé de ses fonds propres s'ajoute une situation financière des plus saines. Sa trésorerie, qui avoisine 90 millions d'euros, pourrait servir à soutenir le titre.

L'action Thomson, qui s'échangeait à un plus haut de 81,5 euros en août 2000, n'a pas dépassé la barre de 20 euros depuis le début de l'année 2003. Bien que la perte nette du premier semestre 2004 du groupe électronique ait atteint 189 millions d'euros, sa situation financière demeure saine. L'endettement net, de 664 millions d'euros, ne représente que 20 % des fonds propres au 30 juin. La direction a déjà prévu un programme de rachat d'actions portant sur 400 millions d'euros. Une distribution de dividende peut être là aussi envisagée. Enfin, la Cnim est également en mesure de verser un dividende exceptionnel à ses actionnaires. Bien que la valeur se soit adjugé près de 20 % depuis le début de l'année, les perspectives bénéficiaires du groupe ne sont pas intégrées. La trésorerie s'élevait à 36,2 millions d'euros au 31 décembre, soit 11,95 euros par titre.

La disparition du précompte devrait favoriser la distribution de dividendes plus élevés

> Aujourd'hui, une entreprise qui verse un dividende bénéficiant de l'avoir fiscal doit s'acquitter d'un précompte égal au montant de l'avoir fiscal (50 % du dividende net) si la somme distribuée est prélevée sur des bénéfices mis en réserve depuis plus de cinq ans ou qui n'ont pas été taxés au taux normal de l'impôt sur les sociétés.

Ce précompte peut donc amputer sensiblement le montant des sommes distribuables aux actionnaires.

La suppression de l'avoir fiscal à compter du 1er janvier 2005 constitue à cet égard une bonne nouvelle.

Déjà, depuis 2002, les dividendes exceptionnels, proposés lors d'une assemblée autre que celle statuant sur les comptes annuels, étaient déjà dispensés de précompte.

La disparition de l'avoir fiscal dès le 1er janvier de l'année 2005 change encore la donne. Mécaniquement, l'enveloppe destinée aux actionnaires serait augmentée du montant du précompte précédemment versé dans le cas de distribution de bénéfices mis en réserve depuis plus de cinq ans ou non assujettis au taux normal de l'impôt sur les sociétés.

Cette mesure favorise notamment les sociétés mères, qui pourront prélever les trésoreriesentassées dans les comptes de leurs filiales, ainsi que les entreprises qui contrôlent des filiales hors de France.

La suppression du précompte pourrait également inciter les sociétés à préférer la distribution d'un dividende aux programmes de rachats d'actions, puisque les deux types d'opérations seront désormais neutres d'un point de vue fiscal.

par CHORERE AINEJIAN