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Dix valeurs bien placées pour rebondir dans un marché atone

10/07/2004 00:00 - JDF

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La Bourse de Paris navigue à vue, les yeux rivés au-delà de l'Atlantique. Rien de vraiment nouveau si ce n'est que l'indice CAC 40 piétine depuis le mois de mars et se montre incapable de s'affranchir durablement des 3.700 points. Durant tout le printemps, les investisseurs ont focalisé leur attention sur l'éventualité d'un resserrement du loyer de l'argent aux Etats-Unis. En raison des craintes d'une résurgence de l'inflation, ils redoutaient alors une remontée de forte ampleur. Rassérénés par la décision de la Réserve fédérale américaine de relever son principal taux directeur de seulement un quart de point, les marchés s'interrogent désormais sur la vigueur de la croissance américaine et sur son possible essoufflement après l'élection présidentielle du mois de novembre. Dans ce contexte, la publication de prévisions encourageantes sur les perspectives de croissance des économies européennes ne rencontre aucun écho. Pour autant, il ne faut pas en conclure que ce marché hésitant n'offre pas d'opportunités. Il suffit de constater les gains enregistrés depuis le début de l'année par Spir Communication (+ 75 %), Géophysique (+ 55 %), Eiffage (+ 38 %) ou encore JC Decaux (+ 34 %) pour s'en convaincre. Mais que retenir de cette liste ? Sa principale caractéristique réside dans la disparité des noms évoqués. Les opérateurs ont jusqu'ici été uniquement guidés par les performances individuelles de chacune de ces sociétés, n'hésitant pas, à l'opposé, à lourdement sanctionner les déceptions. Dans un marché qui se cherche, la sélectivité reste le maître mot. Dans ce cadre, les choix de valeurs doivent reposer sur trois éléments : les perspectives bénéficiaires des entreprises, les niveaux de valorisation et les situations spéciales : entreprises en retournement ou celles susceptibles de faire l'objet d'une opération financière.

Le Journal des Finances a sélectionné dans cet esprit dix valeurs disposant d'un important potentiel d'appréciation à court terme. Depuis l'adoption par les sociétés foncières du régime de société immobilière d'investissement cotée (SIIC), leurs cours de Bourse se sont tous alignés sur la valeur des actifs nets réévalués. A l'exception d'une seule : Gecina. Cette situation ne devrait pas durer. Business Objects traverse, de son côté, une vraie crise de confiance. En raison notamment d'une mauvaise communication. L'éditeur de logiciels devrait rapidement prouver au marché le bien-fondé de l'acquisition de la société canadienne Crystal Decisions, et retrouver ses faveurs. Les perspectives prometteuses de Sopra ne sont pas encore inscrites dans le cours.

Parmi les valeurs financières, nous avons sélectionné le Crédit Agricole de la Brie. La valeur est décotée et offre un bon rendement. Un rapprochement avec la Caisse de la Somme est en projet. La Société Générale est pénalisée de manière exagérée par la crainte d'un relèvement des taux d'intérêt. De surcroît, elle est incontournable dans la recomposition du paysage bancaire français. Rendement, amélioration des fondamentaux et attrait spéculatif constituent les trois atouts des AGF. Plastic Omnium, dont les facturations progressent plus vite que le marché de l'automobile, est faiblement valorisé. Il en est de même pour Guyenne & Gascogne, qui permet d'acheter du Carrefour à bas prix. Enfin, le redressement de Radiall et le tournant stratégique de Stedim vers la fourniture d'équipements pour les entreprises de biotechnologie méritent d'être joués.

Le potentiel d'appréciation de nos autres valeurs préférées*

Le potentiel d'appréciation de nos autres valeurs préférées*

GECINA

> Misez sur une réduction de la décote

L'activité : Disputant à Unibail le titre de première foncière de la cote, Gecina gère près de 1.130.000 mètres carrés de surfaces tertiaires (bureaux et commerces) et 19.000 appartements, répartis à plus de 90 % à Paris et en région parisienne, le solde se situant à Lyon.

Le parcours boursier : L'adoption du nouveau régime fiscal par la plupart des sociétés foncières cotées a dopé leur performance boursière. Pour rappel, depuis le 1er septembre 2003, le statut de société immobilière d'investissement cotée (SIIC) les exonère d'impôt sur les bénéfices dès lors qu'elles distribuent 85 % du résultat courant dégagé chaque année. L'action Gecina s'est ainsi adjugé 30 % sur un an et près de 11 % depuis le début de l'année.

Pourquoi acheter :

- Gecina est la dernière foncière de la Bourse de Paris à afficher une décote (plus de 10 %) par rapport à son actif net réévalué, qui était estimé à la fin de l'année dernière à 71,64 euros par action, et qui, selon nos prévisions, devrait être porté à 76,65 euros à la fin du présent exercice. Plusieurs incertitudes ont pesé sur la valeur : la finalisation de la fusion avec Simco, la concrétisation des cessions d'actifs destinées au désendettement, et le retrait du tour de table de deux actionnaires, le Crédit Foncier de France (4,1 % du capital) et Axa (6,2 %). Elles sont désormais levées. Le réajustement pourrait en conséquence intervenir dans les semaines qui viennent.

- Grâce à des cessions d'actifs, essentiellement résidentiels, l'endettement net a été réduit de 1,5 milliard d'euros en 2003, et ramené à 35 % de la valeur du patrimoine, contre 43,5 % un an auparavant. Ce qui offre à la société immobilière une importante flexibilité financière pour réaliser des opérations de croissance externe. Elle a ainsi acquis depuis le début de l'année 230.000 mètres carrés de bureaux, pour 546,5 millions d'euros, représentant un montant de loyers en année pleine de 46 millions d'euros environ.

- Axant sa stratégie de développement dans l'immobilier tertiaire (bureaux et commerces) afin d'augmenter la rentabilité de son patrimoine, la société compte dégager chaque année une croissance de 5 à 10 % de la capacité d'autofinancement brute.

BUSINESS OBJECTS

> Une dimension de leader mondial

L'activité : En acquérant la société canadienne Crystal Decisions l'année dernière pour 1,2 milliard de dollars, le groupe franco-américain Business Objects s'est hissé au premier rang mondial des éditeurs de logiciels d'aide à la décision, devant son grand rival canadien Cognos.

Le parcours boursier : La publication de résultats décevants au titre du premier trimestre, les doutes des marchés quant à la capacité de la société à intégrer Crystal Decisions et des prévisions inférieures aux attentes pour le deuxième trimestre ont fait plonger le titre qui a encore été chahuté cette semaine. Son repli s'élève à près de 40 % depuis le 1er janvier.

Pourquoi acheter :

- Bien qu'elle pèse à court terme sur la rentabilité du groupe, l'acquisition de Crystal Decisions reste stratégiquement pertinente. Elle devrait se traduire par un fort rebond des résultats en 2005. Selon nos estimations, les facturations de l'éditeur pourraient dépasser le milliard de dollars, la rentabilité opérationnelle atteindre au moins 15 %, et le résultat net progresser de 39 %, par rapport à 2004 à 100 millions de dollars.

- Les niveaux de valorisation sont redevenus très raisonnables. Le titre capitalise 22,7 fois nos estimations de bénéfices pour 2004 et 16,4 fois celles de 2005. De surcroît, il décote, en termes de ratio cours sur bénéfice estimé pour l'exercice prochain, de près de 18 % par rapport au secteur, et de 28 % par rapport à Cognos. Ce qui ne nous paraît pas justifié.

- Le secteur des éditeurs de logiciels est en pleine ébullition. Microsoft a ainsi révélé dernièrement avoir mené des discussions avec le groupe allemand SAP en vue de fusionner, et Oracle, qui tente d'acquérir PeopleSoft, a livré le nom de Business Objects comme une de ses cibles potentielles. La concentration du secteur devrait donc s'accélérer dans les mois qui viennent, et l'éditeur français devrait y participer, soit comme prédateur - la société n'est pas endettée -, soit comme proie - son tour de table est ouvert. Le pacte d'actionnaires conclu entre la fédération de fonds d'investissement (regroupée sous la structure New SAC + CB Cayman) et les cadres dirigeants devient en effet caduc en cas d'OPA.

SOCIETE GENERALE

> Des fondamentaux solides sur fond de rumeurs

L'activité : La Société Générale est la première banque de détail non mutualiste en France et dispose d'une expertise inégalée dans les dérivés actions.

Le parcours boursier : Pénalisées par les anticipations de relèvement des taux d'intérêt, les valeurs bancaires ont fait du surplace depuis le début de l'année. La Société Générale n'a pas échappé à la règle, et affiche un repli de 2,5 % sur cette période.

Pourquoi acheter :

- La banque semble en mesure, cette année, de dépasser le niveau record des bénéfices enregistré en 2000 grâce à un réseau national très performant, mais surtout au dynamisme de ses relais de croissance que sont la banque de détail à l'étranger, les services financiers spécialisés et la gestion d'actifs. Son résultat net devrait atteindre 2,75 milliards d'euros.

- Le dividende net distribué au titre de 2004 pourrait s'élever, selon nos estimations, à 2,82 euros par action. Ce qui fait ressortir un rendement net de 4,1 %.

- La banque décote par rapport à ses paires anglo-saxons. Le titre capitalise à peine 10,2 fois notre estimation de bénéfice pour 2004, contre 16,5 fois pour HSBC.

- La Société Générale constitue un acteur incontournable dans la recomposition du paysage bancaire en France, voire en Europe. Un rapprochement avec une banque mutualiste, comme les Banques Populaires ou le CIC, par exemple, serait créateur de valeur dans le domaine des services financiers. Le caractère défensif des activités de Dexia pourrait également intéresser la Générale.

- A contrario, sans actionnaire de référence, elle constitue une cible idéale pour une grande banque universelle. Le nom de la Citigroup revient régulièrement, mais JP Morgan Chase ou HSBC, qui dégagent également d'énormes capacités d'autofinancement, pourraient se montrer intéressés. On pourra alors compter sur la pugnacité du président de la Société Générale, Daniel Bouton, pour exiger un prix élevé.

SOPRA

> Révision en hausse des objectifs de croissance

L'activité : Très présente sur le marché national (70 % de son chiffre d'affaires), cette société de services informatiques réalise plus de 80 % de ses facturations dans les activités de conseil et d'intégration de systèmes d'information. Des activités réputées cycliques du fait de leur forte sensibilité aux investissements des entreprises.

Le parcours boursier : Le cours de Bourse de Sopra a doublé en 2003, à l'instar de l'ensemble des sociétés de services informatiques (SSII), le marché ayant anticipé une reprise des investissements et profité de la décote des valeurs technologiques. Depuis le début de l'année, il s'est encore adjugé 13 %, pour se hisser à 38 euros.

Pourquoi acheter :

- En dépit de son récent parcours boursier, la SSII semble toujours raisonnablement valorisée. La valeur d'entreprise (dettes financières nettes + capitalisation boursière) ne représente que 0,75 fois notre estimation de chiffre d'affaires pour 2004, contre une moyenne comprise entre 0,8 et 1 fois pour l'ensemble du secteur.

- Les perspectives de croissance et de rentabilité du groupe s'avèrent prometteuses. Lors de la dernière assemblée générale, au mois de juin, la direction a revu à la hausse ses objectifs. La croissance organique est désormais attendue à un niveau légèrement supérieur aux 5 % initialement prévus. Alors que, dans le même temps, le marché des services informatiques ne devrait croître que de 2 à 4 % cette année. De plus, grâce aux acquisitions des sociétés Valoris au premier semestre 2004 et Inforsud à la fin de l'année dernière (consolidée à partir du 1er janvier), la hausse totale des facturations de la SSII pourrait se situer entre 10 et 13 %. Les restructurations engagées l'an passé, qui ont consisté à arrêter certaines activités à l'international et à changer des dirigeants de filiales, devraient avoir dès cette année un impact positif sur la rentabilité. La marge d'exploitation pourrait atteindre 7 %, contre 6,1 % en 2003, et le résultat net 17,5 millions d'euros, contre 12,7 millions un an plus tôt.

CREDIT AGRICOLE DE LA BRIE

> Jouez la fusion avec le Crédit de la Somme

L'activité : Le Crédit Agricole de la Brie est une pure banque de proximité qui compte 1.285 collaborateurs et 87 agences. Cet établissement a gagné ces dernières années des parts de marché, grâce en particulier à un effort commercial sur les taux d'intérêt pour les crédits à l'habitat. Elle a ainsi ouvert 19.500 comptes en 2003, portant son nombre de clients à 405.000.

Le parcours boursier : Cette belle valeur a gagné 11 % depuis le début de l'année. Elle est en progression de 46 % depuis le 30 avril 2000 et semble bien partie pour dépasser son plus haut historique, touché en juin 2001, à 99 euros.

Pourquoi acheter :

- La Seine-et-Marne est le seul département d'Ile-de-France à enregistrer un solde migratoire positif. Avec la plus faible densité de population de la région, de vastes territoires restent à conquérir.

- L'exercice 2004 devrait être marqué par une croissance de 2,5 à 3 % du produit net bancaire et de 10 % du résultat net. La collecte pourrait progresser de 5 à 6 %, et la production de crédit encore de 6 à 7 %. La caisse régionale, qui contrôle un tiers des dépôts du département, compte aussi accroître le taux d'équipement de ses clients en assurance de biens et de personnes.

- La banque prévoit de fusionner l'année prochaine avec le Crédit Agricole de la Somme (68 points de vente, 826 salariés, 160.000 clients), ce qui aura un impact fort sur son bénéfice par action à partir de 2005. Nous tablons en effet sur une baisse de 10 % des frais généraux consolidés à la suite de ce rapprochement.

- Le titre, qui se traite à 10,1 fois seulement nos prévisions de bénéfices pour 2004, pourrait offrir un rendement net supérieur à 4 % en 2005.

Il présente une décote non justifiée de 12 % par rapport à l'actif net non réévalué, alors que le Crédit Agricole de la Somme affiche un multiple de 1,13 fois l'actif net. De plus, ce dernier, qui capitalise 14 fois ses profits anticipés pour 2004, a gagné 26 % depuis le 1er janvier. En bon arbitragiste, il convient de se renforcer sur le Crédit Agricole de la Brie.

AGF

> Bonne visibilité et rendement attrayant

L'activité : Les AGF sont la deuxième compagnie d'assurances française après le groupe Axa. Mais, à la différence de ce dernier, elles exercent l'essentiel de leur activité dans l'Hexagone et de façon plus marginale en Belgique et en Amérique latine. Le groupe a également choisi de réduire son exposition sur les grands risques industriels. Résultat, les AGF présentent un profil peu risqué qui s'est confirmé par leur capacité à délivrer des résultats de très bonne facture durant la crise qu'a traversé le secteur entre 2001 et 2003.

Le parcours boursier : En dépit de ses bonnes performances, l'action AGF a été durement touchée, avec un cours de Bourse divisé par trois entre le pic de la mi-2000 et le creux de mars 2003. Depuis, elle s'est redressée, mais elle a tout juste retrouvé ses niveaux de 1997, alors que le bénéfice par action a plus que doublé entre-temps.

Pourquoi acheter :

- La compagnie capitalise actuellement 1,4 fois le montant de ses fonds propres comptables et autour de 11 fois le bénéfice net attendu pour cette année. Des multiples faibles pour le secteur, surtout pour une société offrant une aussi bonne visibilité sur l'évolution de ses bénéfices. Le résultat net par action pourrait approcher cette année le record atteint en 2000.

- Les dirigeants de la société tiennent à affirmer le statut de valeur de rendement dont disposent les AGF. Afin de tenir compte de la disparition de l'avoir fiscal, le taux de distribution des bénéfices pourrait passer de 40 % en 2003 à un niveau plus proche de 50 %, ce qui permet d'espérer un rendement net de 4,3 % au titre du présent exercice.

- Avec 58,5 % du capital et au regard d'une valeur intrinsèque de 43,7 euros par action à la fin de 2003, très proche du cours de Bourse, le géant allemand Allianz pourrait être tenté de retirer sa filiale de la cote.

Une telle opération ne pourrait intervenir qu'au prix d'une forte prime par rapport au cours actuel, ce qui porterait le cours au-delà de notre premier objectif de 58 euros. Même si une OPA ne paraît pas imminente, cette éventualité participe au soutien du cours.

GUYENNE & GASCOGNE

> Un petit Carrefour décoté en Bourse

L'activité : Ce groupe, créé à Bayonne en 1913 à partir d'un réseau d'épiceries, est devenu en 1966 le premier franchisé de Carrefour au travers de la Sogara, une société commune détenue à parité avec le numéro deux mondial de la distribution. La Sogara gère aujourd'hui 13 hypermarchés sous enseigne Carrefour, qui contribuent à hauteur de 85,9 % au résultat d'exploitation de Guyennes & Gascogne.

La société possède également une participation de 8 % dans le capital de Centros Comerciales Carrefour, filiale espagnole de Carrefour.

La maison mère Guyenne & Gascogne exploite directement 6 hypermarchés sous enseigne Carrefour et 23 supermarchés sous la marque Champion.

Le parcours boursier : Le cours de l'action affiche une progression modeste de l'ordre de 1 % depuis le début de l'année, après avoir enregistré une hausse de 13,1 % en 2003.

Pourquoi acheter :

- La forte croissance des ventes enregistrée par Centros Comerciales Carrefour (+ 8 % environ à périmètre comparable depuis le début de l'année) devrait faire bondir les résultats de la filiale espagnole de Carrefour, et profiter ainsi à Guyenne & Gascogne en générant plus de 30 % de son bénéfice net en 2004.

- Le cours de Bourse actuel fait ressortir une décote de 35 % par rapport à l'actif net réévalué du groupe basque. Les marchés, qui s'inquiètent de l'impact des baisses de prix sur l'activité des hypermarchés français du groupe, ne prennent pas en compte la valeur de la participation dans Centros Comerciales Carrefour.

- Le multiple de capitalisation (PER) ressort à seulement 9,9 fois nos estimations de bénéfices pour l'exercice 2005, alors que celui de Carrefour plafonne à 13,4 fois.

- Un rachat de Guyenne & Gascogne par Carrefour est envisageable à moyen terme. Bertrand de Montesquiou, président du groupe basque, avait confié dans nos colonnes, le 27 septembre dernier, que « le groupe familial Beau, qui détient 20,92 % du capital, commencerait à étudier une vente de sa participation à partir de 130-140 euros par action ».

PLASTIC OMNIUM

> Une valorisation attrayante

L'activité :

Plastic Omnium est un équipementier automobile détenant des positions de leader en Europe et dans le monde sur les segments de l'équipement extérieur (pare-chocs, ailes, blocs avant) et des systèmes à carburants (réservoirs, pompes...). Il développe parallèlement une activité environnement (fabrication de conteneurs, prestations de services pour les collectivités).

Le parcours boursier :

L'action Plastic Omnium tire son épingle du jeu depuis deux ans. Le cours a bondi de 59 % en 2003 et s'est de nouveau apprécié de 11 % depuis le début de 2004. En dépit de ces performances, le titre présente toujours une valorisation attractive aujourd'hui.

Pourquoi acheter :

- Plastic Omnium affiche depuis plusieurs années une croissance supérieure à celle du marché automobile mondial, et tout porte à croire que cette tendance va se poursuivre. Durant le premier trimestre 2004, les ventes ont progressé de 8,3 % à périmètre constant et elles seront dopées au cours des prochains mois par l'intégration dans le périmètre de la coentreprise HBPO, créée avec les groupes allemands Hella et Behr.

- Côté rentabilité, le groupe a déjà profité des mesures prises dans le cadre du plan d'amélioration des performances baptisé PO Objectif 2003. Mais le potentiel d'amélioration des marges reste significatif puisque la division plastiques performants (3P) a encore perdu 6,5 millions d'euros l'an dernier et qu'elle est appelée à retrouver l'équilibre avant sans doute de quitter le périmètre du groupe. Les résultats 2004 devraient donc s'inscrire en progression sensible, d'autant que la cession de l'activité Plastic Omnium Médical, intervenue en avril, va générer une plus-value substantielle que nous estimons à plus de 15 millions d'euros. Elle devrait porter le bénéfice à près de 50 millions d'euros, contre 35,2 millions en 2003.

- Sans prendre en compte ce profit exceptionnel, le cours de Plastic Omnium capitalise moins de 8,5 fois le résultat net attendu en 2004, ce qui n'est pas très cher payé pour un équipementier aussi dynamique et structurellement rentable. La capitalisation boursière ne dépasse que de 7 % le montant des fonds propres et la valeur d'entreprise ne représente qu'un tiers du chiffre d'affaires attendu en 2004.

STEDIM

> En quête d'un nouveau statut boursier après une acquisition majeure

L'activité :

La société produit des poches en plastique pour les injections intraveineuses (21 % des ventes) et surtout pour la biotechnologie (80 %). Utilisées dans le processus industriel de la biotechnologie, ces poches remplacent les traditionnelles cuves en Inox.

Le parcours boursier :

Après la chute intervenue en 2002, Stedim a eu un parcours boursier un peu décevant, naviguant entre 40 et 60 euros. Mais le récent rachat de la société Integrated Biosystems (IBI) constitue un catalyseur important qui devrait lui permettre de sortir de ce couloir.

Pourquoi acheter :

- Le rachat de la société américaine Integrated Biosystems (IBI), leader mondial des machines de congélation-décongélation des protéines thérapeutiques, marque un tournant stratégique pour Stedim, créé en 1978. Après le développement dans les poches pour perfusions, puis les poches de biotech, la société veut devenir un équipementier global pour l'industrie de la biotechnologie. D'autres acquisitions devraient intervenir à l'avenir dans d'autres types d'équipements des laboratoires.

- L'acquisition d'IBI va coûter 28,5 millions de dollars (23,5 millions d'euros), un prix qui nous semble raisonnable. Le financement de l'opération par endettement n'est pas préoccupant. Une fois l'opération finalisée, les dettes nettes de Stedim ne devraient pas dépasser 76 % des fonds propres et elles pourraient même être remboursées rapidement dans les cinq ans qui viennent.

- Dans le compte de résultat, l'opération devrait avoir, selon la direction, un effet positif sur le résultat net par action dès la première année. Le groupe devrait dégager au cours de l'exercice présent un chiffre d'affaires de 67 millions d'euros, soit une progression de 63 %, et un bénéfice net de 5 millions (+ 63 %).

- Le marché devrait prendre en compte dans les semaines qui viennent le nouveau potentiel de la société, ainsi qu'un possible changement de statut lié à une image désormais plus technologique.

RADIALL

> En ordre de marche pour profiter d'un rebond du marché des connecteurs

L'activité :

Cette société est spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de connecteurs (composants électroniques) dédiés à l'industrie des télécoms (plus de 50 % des ventes), de l'aéronautique et de l'automobile.

Le parcours boursier :

Sur un an, grâce à une reprise globale du marché mondial des semi-conducteurs, la grande majorité des acteurs du secteur ont vu leurs cours de Bourse s'apprécier. Les groupes américains Intel et AM se sont ainsi respectivement adjugé 11 % et 111 %. Radiall, bien qu'étant un acteur de niche, a vu son titre grimper de 65 %, dont 16 % depuis le début de l'année.

Pourquoi acheter :

- Après un exercice 2003 transitoire - le chiffre d'affaires a baissé de 8,6 %, à 145 millions d'euros, et les pertes opérationnelles et nettes ont atteint respectivement 2,1 millions et 11,2 millions d'euros -, Radiall est aujourd'hui en ordre de marche et recalibré pour profiter pleinement de la reprise des investissements des opérateurs télécoms. Grâce à des efforts de restructuration importants, le groupe a abaissé son point mort à 140 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Soit une réduction de 30 % en trois ans.

- La société a traversé la crise de surcapacité mondiale que vient de connaître le secteur en conservant un bilan solide : 99,9 millions de fonds propres au 31 décembre 2003 et une trésorerie nette positive de 16,6 millions d'euros.

- Alors que le management était très prudent en début d'année sur ses objectifs 2004, Radiall a affiché des ventes au premier trimestre en hausse de 13 % (et de 21 % à taux de change constant), à 41,4 millions d'euros. Cette bonne orientation des facturations, tirées par les investissements en infrastructures de téléphonie mobile et en produits militaires, devrait permettre au groupe de renouer avec une rentabilité opérationnelle positive dès le premier semestre 2004. Et l'amélioration des marges devrait s'amplifier en 2005.

- La valeur d'entreprise (capitalisation boursière - trésorerie nette) représente à peine 0,8 fois le chiffre d'affaires estimé pour 2004. Ce qui apparaît relativement modeste.

Le potentiel d'appréciation de nos autres valeurs préférées*

Le potentiel d'appréciation de nos autres valeurs préférées*

GECINA

> Misez sur une réduction de la décote

L'activité : Disputant à Unibail le titre de première foncière de la cote, Gecina gère près de 1.130.000 mètres carrés de surfaces tertiaires (bureaux et commerces) et 19.000 appartements, répartis à plus de 90 % à Paris et en région parisienne, le solde se situant à Lyon.

Le parcours boursier : L'adoption du nouveau régime fiscal par la plupart des sociétés foncières cotées a dopé leur performance boursière. Pour rappel, depuis le 1er septembre 2003, le statut de société immobilière d'investissement cotée (SIIC) les exonère d'impôt sur les bénéfices dès lors qu'elles distribuent 85 % du résultat courant dégagé chaque année. L'action Gecina s'est ainsi adjugé 30 % sur un an et près de 11 % depuis le début de l'année.

Pourquoi acheter :

- Gecina est la dernière foncière de la Bourse de Paris à afficher une décote (plus de 10 %) par rapport à son actif net réévalué, qui était estimé à la fin de l'année dernière à 71,64 euros par action, et qui, selon nos prévisions, devrait être porté à 76,65 euros à la fin du présent exercice. Plusieurs incertitudes ont pesé sur la valeur : la finalisation de la fusion avec Simco, la concrétisation des cessions d'actifs destinées au désendettement, et le retrait du tour de table de deux actionnaires, le Crédit Foncier de France (4,1 % du capital) et Axa (6,2 %). Elles sont désormais levées. Le réajustement pourrait en conséquence intervenir dans les semaines qui viennent.

- Grâce à des cessions d'actifs, essentiellement résidentiels, l'endettement net a été réduit de 1,5 milliard d'euros en 2003, et ramené à 35 % de la valeur du patrimoine, contre 43,5 % un an auparavant. Ce qui offre à la société immobilière une importante flexibilité financière pour réaliser des opérations de croissance externe. Elle a ainsi acquis depuis le début de l'année 230.000 mètres carrés de bureaux, pour 546,5 millions d'euros, représentant un montant de loyers en année pleine de 46 millions d'euros environ.

- Axant sa stratégie de développement dans l'immobilier tertiaire (bureaux et commerces) afin d'augmenter la rentabilité de son patrimoine, la société compte dégager chaque année une croissance de 5 à 10 % de la capacité d'autofinancement brute.

BUSINESS OBJECTS

> Une dimension de leader mondial

L'activité : En acquérant la société canadienne Crystal Decisions l'année dernière pour 1,2 milliard de dollars, le groupe franco-américain Business Objects s'est hissé au premier rang mondial des éditeurs de logiciels d'aide à la décision, devant son grand rival canadien Cognos.

Le parcours boursier : La publication de résultats décevants au titre du premier trimestre, les doutes des marchés quant à la capacité de la société à intégrer Crystal Decisions et des prévisions inférieures aux attentes pour le deuxième trimestre ont fait plonger le titre qui a encore été chahuté cette semaine. Son repli s'élève à près de 40 % depuis le 1er janvier.

Pourquoi acheter :

- Bien qu'elle pèse à court terme sur la rentabilité du groupe, l'acquisition de Crystal Decisions reste stratégiquement pertinente. Elle devrait se traduire par un fort rebond des résultats en 2005. Selon nos estimations, les facturations de l'éditeur pourraient dépasser le milliard de dollars, la rentabilité opérationnelle atteindre au moins 15 %, et le résultat net progresser de 39 %, par rapport à 2004 à 100 millions de dollars.

- Les niveaux de valorisation sont redevenus très raisonnables. Le titre capitalise 22,7 fois nos estimations de bénéfices pour 2004 et 16,4 fois celles de 2005. De surcroît, il décote, en termes de ratio cours sur bénéfice estimé pour l'exercice prochain, de près de 18 % par rapport au secteur, et de 28 % par rapport à Cognos. Ce qui ne nous paraît pas justifié.

- Le secteur des éditeurs de logiciels est en pleine ébullition. Microsoft a ainsi révélé dernièrement avoir mené des discussions avec le groupe allemand SAP en vue de fusionner, et Oracle, qui tente d'acquérir PeopleSoft, a livré le nom de Business Objects comme une de ses cibles potentielles. La concentration du secteur devrait donc s'accélérer dans les mois qui viennent, et l'éditeur français devrait y participer, soit comme prédateur - la société n'est pas endettée -, soit comme proie - son tour de table est ouvert. Le pacte d'actionnaires conclu entre la fédération de fonds d'investissement (regroupée sous la structure New SAC + CB Cayman) et les cadres dirigeants devient en effet caduc en cas d'OPA.

SOCIETE GENERALE

> Des fondamentaux solides sur fond de rumeurs

L'activité : La Société Générale est la première banque de détail non mutualiste en France et dispose d'une expertise inégalée dans les dérivés actions.

Le parcours boursier : Pénalisées par les anticipations de relèvement des taux d'intérêt, les valeurs bancaires ont fait du surplace depuis le début de l'année. La Société Générale n'a pas échappé à la règle, et affiche un repli de 2,5 % sur cette période.

Pourquoi acheter :

- La banque semble en mesure, cette année, de dépasser le niveau record des bénéfices enregistré en 2000 grâce à un réseau national très performant, mais surtout au dynamisme de ses relais de croissance que sont la banque de détail à l'étranger, les services financiers spécialisés et la gestion d'actifs. Son résultat net devrait atteindre 2,75 milliards d'euros.

- Le dividende net distribué au titre de 2004 pourrait s'élever, selon nos estimations, à 2,82 euros par action. Ce qui fait ressortir un rendement net de 4,1 %.

- La banque décote par rapport à ses paires anglo-saxons. Le titre capitalise à peine 10,2 fois notre estimation de bénéfice pour 2004, contre 16,5 fois pour HSBC.

- La Société Générale constitue un acteur incontournable dans la recomposition du paysage bancaire en France, voire en Europe. Un rapprochement avec une banque mutualiste, comme les Banques Populaires ou le CIC, par exemple, serait créateur de valeur dans le domaine des services financiers. Le caractère défensif des activités de Dexia pourrait également intéresser la Générale.

- A contrario, sans actionnaire de référence, elle constitue une cible idéale pour une grande banque universelle. Le nom de la Citigroup revient régulièrement, mais JP Morgan Chase ou HSBC, qui dégagent également d'énormes capacités d'autofinancement, pourraient se montrer intéressés. On pourra alors compter sur la pugnacité du président de la Société Générale, Daniel Bouton, pour exiger un prix élevé.

SOPRA

> Révision en hausse des objectifs de croissance

L'activité : Très présente sur le marché national (70 % de son chiffre d'affaires), cette société de services informatiques réalise plus de 80 % de ses facturations dans les activités de conseil et d'intégration de systèmes d'information. Des activités réputées cycliques du fait de leur forte sensibilité aux investissements des entreprises.

Le parcours boursier : Le cours de Bourse de Sopra a doublé en 2003, à l'instar de l'ensemble des sociétés de services informatiques (SSII), le marché ayant anticipé une reprise des investissements et profité de la décote des valeurs technologiques. Depuis le début de l'année, il s'est encore adjugé 13 %, pour se hisser à 38 euros.

Pourquoi acheter :

- En dépit de son récent parcours boursier, la SSII semble toujours raisonnablement valorisée. La valeur d'entreprise (dettes financières nettes + capitalisation boursière) ne représente que 0,75 fois notre estimation de chiffre d'affaires pour 2004, contre une moyenne comprise entre 0,8 et 1 fois pour l'ensemble du secteur.

- Les perspectives de croissance et de rentabilité du groupe s'avèrent prometteuses. Lors de la dernière assemblée générale, au mois de juin, la direction a revu à la hausse ses objectifs. La croissance organique est désormais attendue à un niveau légèrement supérieur aux 5 % initialement prévus. Alors que, dans le même temps, le marché des services informatiques ne devrait croître que de 2 à 4 % cette année. De plus, grâce aux acquisitions des sociétés Valoris au premier semestre 2004 et Inforsud à la fin de l'année dernière (consolidée à partir du 1er janvier), la hausse totale des facturations de la SSII pourrait se situer entre 10 et 13 %. Les restructurations engagées l'an passé, qui ont consisté à arrêter certaines activités à l'international et à changer des dirigeants de filiales, devraient avoir dès cette année un impact positif sur la rentabilité. La marge d'exploitation pourrait atteindre 7 %, contre 6,1 % en 2003, et le résultat net 17,5 millions d'euros, contre 12,7 millions un an plus tôt.

CREDIT AGRICOLE DE LA BRIE

> Jouez la fusion avec le Crédit de la Somme

L'activité : Le Crédit Agricole de la Brie est une pure banque de proximité qui compte 1.285 collaborateurs et 87 agences. Cet établissement a gagné ces dernières années des parts de marché, grâce en particulier à un effort commercial sur les taux d'intérêt pour les crédits à l'habitat. Elle a ainsi ouvert 19.500 comptes en 2003, portant son nombre de clients à 405.000.

Le parcours boursier : Cette belle valeur a gagné 11 % depuis le début de l'année. Elle est en progression de 46 % depuis le 30 avril 2000 et semble bien partie pour dépasser son plus haut historique, touché en juin 2001, à 99 euros.

Pourquoi acheter :

- La Seine-et-Marne est le seul département d'Ile-de-France à enregistrer un solde migratoire positif. Avec la plus faible densité de population de la région, de vastes territoires restent à conquérir.

- L'exercice 2004 devrait être marqué par une croissance de 2,5 à 3 % du produit net bancaire et de 10 % du résultat net. La collecte pourrait progresser de 5 à 6 %, et la production de crédit encore de 6 à 7 %. La caisse régionale, qui contrôle un tiers des dépôts du département, compte aussi accroître le taux d'équipement de ses clients en assurance de biens et de personnes.

- La banque prévoit de fusionner l'année prochaine avec le Crédit Agricole de la Somme (68 points de vente, 826 salariés, 160.000 clients), ce qui aura un impact fort sur son bénéfice par action à partir de 2005. Nous tablons en effet sur une baisse de 10 % des frais généraux consolidés à la suite de ce rapprochement.

- Le titre, qui se traite à 10,1 fois seulement nos prévisions de bénéfices pour 2004, pourrait offrir un rendement net supérieur à 4 % en 2005.

Il présente une décote non justifiée de 12 % par rapport à l'actif net non réévalué, alors que le Crédit Agricole de la Somme affiche un multiple de 1,13 fois l'actif net. De plus, ce dernier, qui capitalise 14 fois ses profits anticipés pour 2004, a gagné 26 % depuis le 1er janvier. En bon arbitragiste, il convient de se renforcer sur le Crédit Agricole de la Brie.

AGF

> Bonne visibilité et rendement attrayant

L'activité : Les AGF sont la deuxième compagnie d'assurances française après le groupe Axa. Mais, à la différence de ce dernier, elles exercent l'essentiel de leur activité dans l'Hexagone et de façon plus marginale en Belgique et en Amérique latine. Le groupe a également choisi de réduire son exposition sur les grands risques industriels. Résultat, les AGF présentent un profil peu risqué qui s'est confirmé par leur capacité à délivrer des résultats de très bonne facture durant la crise qu'a traversé le secteur entre 2001 et 2003.

Le parcours boursier : En dépit de ses bonnes performances, l'action AGF a été durement touchée, avec un cours de Bourse divisé par trois entre le pic de la mi-2000 et le creux de mars 2003. Depuis, elle s'est redressée, mais elle a tout juste retrouvé ses niveaux de 1997, alors que le bénéfice par action a plus que doublé entre-temps.

Pourquoi acheter :

- La compagnie capitalise actuellement 1,4 fois le montant de ses fonds propres comptables et autour de 11 fois le bénéfice net attendu pour cette année. Des multiples faibles pour le secteur, surtout pour une société offrant une aussi bonne visibilité sur l'évolution de ses bénéfices. Le résultat net par action pourrait approcher cette année le record atteint en 2000.

- Les dirigeants de la société tiennent à affirmer le statut de valeur de rendement dont disposent les AGF. Afin de tenir compte de la disparition de l'avoir fiscal, le taux de distribution des bénéfices pourrait passer de 40 % en 2003 à un niveau plus proche de 50 %, ce qui permet d'espérer un rendement net de 4,3 % au titre du présent exercice.

- Avec 58,5 % du capital et au regard d'une valeur intrinsèque de 43,7 euros par action à la fin de 2003, très proche du cours de Bourse, le géant allemand Allianz pourrait être tenté de retirer sa filiale de la cote.

Une telle opération ne pourrait intervenir qu'au prix d'une forte prime par rapport au cours actuel, ce qui porterait le cours au-delà de notre premier objectif de 58 euros. Même si une OPA ne paraît pas imminente, cette éventualité participe au soutien du cours.

GUYENNE & GASCOGNE

> Un petit Carrefour décoté en Bourse

L'activité : Ce groupe, créé à Bayonne en 1913 à partir d'un réseau d'épiceries, est devenu en 1966 le premier franchisé de Carrefour au travers de la Sogara, une société commune détenue à parité avec le numéro deux mondial de la distribution. La Sogara gère aujourd'hui 13 hypermarchés sous enseigne Carrefour, qui contribuent à hauteur de 85,9 % au résultat d'exploitation de Guyennes & Gascogne.

La société possède également une participation de 8 % dans le capital de Centros Comerciales Carrefour, filiale espagnole de Carrefour.

La maison mère Guyenne & Gascogne exploite directement 6 hypermarchés sous enseigne Carrefour et 23 supermarchés sous la marque Champion.

Le parcours boursier : Le cours de l'action affiche une progression modeste de l'ordre de 1 % depuis le début de l'année, après avoir enregistré une hausse de 13,1 % en 2003.

Pourquoi acheter :

- La forte croissance des ventes enregistrée par Centros Comerciales Carrefour (+ 8 % environ à périmètre comparable depuis le début de l'année) devrait faire bondir les résultats de la filiale espagnole de Carrefour, et profiter ainsi à Guyenne & Gascogne en générant plus de 30 % de son bénéfice net en 2004.

- Le cours de Bourse actuel fait ressortir une décote de 35 % par rapport à l'actif net réévalué du groupe basque. Les marchés, qui s'inquiètent de l'impact des baisses de prix sur l'activité des hypermarchés français du groupe, ne prennent pas en compte la valeur de la participation dans Centros Comerciales Carrefour.

- Le multiple de capitalisation (PER) ressort à seulement 9,9 fois nos estimations de bénéfices pour l'exercice 2005, alors que celui de Carrefour plafonne à 13,4 fois.

- Un rachat de Guyenne & Gascogne par Carrefour est envisageable à moyen terme. Bertrand de Montesquiou, président du groupe basque, avait confié dans nos colonnes, le 27 septembre dernier, que « le groupe familial Beau, qui détient 20,92 % du capital, commencerait à étudier une vente de sa participation à partir de 130-140 euros par action ».

PLASTIC OMNIUM

> Une valorisation attrayante

L'activité :

Plastic Omnium est un équipementier automobile détenant des positions de leader en Europe et dans le monde sur les segments de l'équipement extérieur (pare-chocs, ailes, blocs avant) et des systèmes à carburants (réservoirs, pompes...). Il développe parallèlement une activité environnement (fabrication de conteneurs, prestations de services pour les collectivités).

Le parcours boursier :

L'action Plastic Omnium tire son épingle du jeu depuis deux ans. Le cours a bondi de 59 % en 2003 et s'est de nouveau apprécié de 11 % depuis le début de 2004. En dépit de ces performances, le titre présente toujours une valorisation attractive aujourd'hui.

Pourquoi acheter :

- Plastic Omnium affiche depuis plusieurs années une croissance supérieure à celle du marché automobile mondial, et tout porte à croire que cette tendance va se poursuivre. Durant le premier trimestre 2004, les ventes ont progressé de 8,3 % à périmètre constant et elles seront dopées au cours des prochains mois par l'intégration dans le périmètre de la coentreprise HBPO, créée avec les groupes allemands Hella et Behr.

- Côté rentabilité, le groupe a déjà profité des mesures prises dans le cadre du plan d'amélioration des performances baptisé PO Objectif 2003. Mais le potentiel d'amélioration des marges reste significatif puisque la division plastiques performants (3P) a encore perdu 6,5 millions d'euros l'an dernier et qu'elle est appelée à retrouver l'équilibre avant sans doute de quitter le périmètre du groupe. Les résultats 2004 devraient donc s'inscrire en progression sensible, d'autant que la cession de l'activité Plastic Omnium Médical, intervenue en avril, va générer une plus-value substantielle que nous estimons à plus de 15 millions d'euros. Elle devrait porter le bénéfice à près de 50 millions d'euros, contre 35,2 millions en 2003.

- Sans prendre en compte ce profit exceptionnel, le cours de Plastic Omnium capitalise moins de 8,5 fois le résultat net attendu en 2004, ce qui n'est pas très cher payé pour un équipementier aussi dynamique et structurellement rentable. La capitalisation boursière ne dépasse que de 7 % le montant des fonds propres et la valeur d'entreprise ne représente qu'un tiers du chiffre d'affaires attendu en 2004.

STEDIM

> En quête d'un nouveau statut boursier après une acquisition majeure

L'activité :

La société produit des poches en plastique pour les injections intraveineuses (21 % des ventes) et surtout pour la biotechnologie (80 %). Utilisées dans le processus industriel de la biotechnologie, ces poches remplacent les traditionnelles cuves en Inox.

Le parcours boursier :

Après la chute intervenue en 2002, Stedim a eu un parcours boursier un peu décevant, naviguant entre 40 et 60 euros. Mais le récent rachat de la société Integrated Biosystems (IBI) constitue un catalyseur important qui devrait lui permettre de sortir de ce couloir.

Pourquoi acheter :

- Le rachat de la société américaine Integrated Biosystems (IBI), leader mondial des machines de congélation-décongélation des protéines thérapeutiques, marque un tournant stratégique pour Stedim, créé en 1978. Après le développement dans les poches pour perfusions, puis les poches de biotech, la société veut devenir un équipementier global pour l'industrie de la biotechnologie. D'autres acquisitions devraient intervenir à l'avenir dans d'autres types d'équipements des laboratoires.

- L'acquisition d'IBI va coûter 28,5 millions de dollars (23,5 millions d'euros), un prix qui nous semble raisonnable. Le financement de l'opération par endettement n'est pas préoccupant. Une fois l'opération finalisée, les dettes nettes de Stedim ne devraient pas dépasser 76 % des fonds propres et elles pourraient même être remboursées rapidement dans les cinq ans qui viennent.

- Dans le compte de résultat, l'opération devrait avoir, selon la direction, un effet positif sur le résultat net par action dès la première année. Le groupe devrait dégager au cours de l'exercice présent un chiffre d'affaires de 67 millions d'euros, soit une progression de 63 %, et un bénéfice net de 5 millions (+ 63 %).

- Le marché devrait prendre en compte dans les semaines qui viennent le nouveau potentiel de la société, ainsi qu'un possible changement de statut lié à une image désormais plus technologique.

RADIALL

> En ordre de marche pour profiter d'un rebond du marché des connecteurs

L'activité :

Cette société est spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de connecteurs (composants électroniques) dédiés à l'industrie des télécoms (plus de 50 % des ventes), de l'aéronautique et de l'automobile.

Le parcours boursier :

Sur un an, grâce à une reprise globale du marché mondial des semi-conducteurs, la grande majorité des acteurs du secteur ont vu leurs cours de Bourse s'apprécier. Les groupes américains Intel et AM se sont ainsi respectivement adjugé 11 % et 111 %. Radiall, bien qu'étant un acteur de niche, a vu son titre grimper de 65 %, dont 16 % depuis le début de l'année.

Pourquoi acheter :

- Après un exercice 2003 transitoire - le chiffre d'affaires a baissé de 8,6 %, à 145 millions d'euros, et les pertes opérationnelles et nettes ont atteint respectivement 2,1 millions et 11,2 millions d'euros -, Radiall est aujourd'hui en ordre de marche et recalibré pour profiter pleinement de la reprise des investissements des opérateurs télécoms. Grâce à des efforts de restructuration importants, le groupe a abaissé son point mort à 140 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Soit une réduction de 30 % en trois ans.

- La société a traversé la crise de surcapacité mondiale que vient de connaître le secteur en conservant un bilan solide : 99,9 millions de fonds propres au 31 décembre 2003 et une trésorerie nette positive de 16,6 millions d'euros.

- Alors que le management était très prudent en début d'année sur ses objectifs 2004, Radiall a affiché des ventes au premier trimestre en hausse de 13 % (et de 21 % à taux de change constant), à 41,4 millions d'euros. Cette bonne orientation des facturations, tirées par les investissements en infrastructures de téléphonie mobile et en produits militaires, devrait permettre au groupe de renouer avec une rentabilité opérationnelle positive dès le premier semestre 2004. Et l'amélioration des marges devrait s'amplifier en 2005.

- La valeur d'entreprise (capitalisation boursière - trésorerie nette) représente à peine 0,8 fois le chiffre d'affaires estimé pour 2004. Ce qui apparaît relativement modeste.

par CHRISTOPHE SOUBIRAN et LA REDACTION