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Schneider Electric va profiter de la reprise de l'investissement industriel

27/03/2004 00:00 - JDF

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NOTRE CONSEIL

ACHAT SPECULATIF

Depuis le recentrage de l'ancien groupe des Maîtres de Forges du Creusot sur le matériel électrique à la fin du XXe siècle, le développement de Schneider Electric a été principalement réalisé par le biais de la croissance externe. Les opérations les plus significatives ont été celles de Crouzet en 2000 et Télémécanique en 1988.

Après l'échec du rapprochement avec Legrand en 2002 (une transaction de 7,2 milliards d'euros) à la suite de l'interdiction donnée par l'Union européenne pour des raisons de concurrence, Henri Lachmann avait prévu de réaliser des achats pour l'équivalent de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ces opérations entrent dans la stratégie d'expansion géographique vers les zones à forte croissance comme la Chine (+ 22 % en 2003), l'Inde mais aussi l'Europe de l'Est (+ 14 %). L'autre objectif poursuivi consiste à élargir l'offre de produits en rachetant des sociétés leaders dans leur activité. L'activité de conception d'automates de contrôle des machines, qui ne représente encore que 30 % du chiffre d'affaires, constitue le segment dont les perspectives sont les plus attrayantes, en raison d'une hausse de la demande.

En 2002 et 2003, Schneider Electric a racheté quatre sociétés réalisant un chiffre d'affaires total de 1,3 milliard d'euros : il s'agit de Digital Electronics au Japon, de TAC en Suède et de Clipsal en Asie. Le groupe français a aussi trouvé un accord avec les actionnaires principaux de la société britannique MGE UPS, dont il détenait 30 % du capital, afin de racheter leurs participations. Le renforcement dans le capital de cette affaire en position de leader européen des onduleurs (équipements servant à protéger des coupures d'électricité) sera réalisé en deux temps en 2004 et 2006. Après accord des autorités de la concurrence, Schneider Electric reprendra en 2004 la participation de 52,6 % détenue par des investisseurs institutionnels pour 298 millions d'euros. Le solde de 15,1 % sera vendu au groupe en janvier 2006 à un prix qui sera fonction du résultat d'exploitation dégagé en 2005.

Par ailleurs, en deux semaines, trois sociétés de taille plus modeste sont passées dans le giron de Schneider Electric. Le rachat de Kavlico en Californie, qui n'est pas endetté et qui réalise en année pleine un chiffre d'affaires de 156 millions de dollars, se fait sur une base de transaction inférieure aux dernières opérations, à 1,28 fois le chiffre d'affaires 2002/2003 et 12 fois le résultat d'exploitation.

Les acquisitions réalisées depuis 2002 ont toutes été autofinancées et présentent globalement une rentabilité opérationnelle en ligne avec la moyenne du groupe.

A titre d'exemple, MGE UPS réalise en année pleine un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros, pour une marge d'exploitation de 12,4 %, contre 11,5 % pour Schneider Electric.

Pour l'exercice en cours, les acquisitions devraient apporter un chiffre d'affaires additionnel de 900 millions d'euros.

par CHORERE AINEJIAN