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Le franchissement des 4.000 points reste envisageable en dépit d'un risque de consolidation à court terme

06/03/2004 00:00 - JDF

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PETER MILTON « Configuration positive au-dessus de 3.500 points »

Plutôt que d'avoir un a priori sur l'orientation de la tendance à la hausse ou à la baisse, je préfère observer les signaux qui me sont envoyés par le marché, c'est-à-dire les graphiques. Or je constate que nous sommes sortis du tunnel baissier dans lequel nous étions entrés en septembre 2000, à l'issue des excès de hausse commis à la fin des années quatre-vingt-dix. Après le vif rebond dont nous bénéficions depuis le mois de mars 2003, il est toutefois probable que nous allons connaître une correction ; mais rien n'indique que l'indice CAC 40 est prêt à quitter l'orientation haussière prise par le marché. A moyen terme, l'objectif reste les 4.700 points, correspondant au double sommet atteint début 2002. Pour y parvenir, nous devrons franchir plusieurs étapes intermédiaires, comme la zone des 3.860/3.900 points et celle des 4.200 points. Cet objectif de 4.700 points correspond par ailleurs à un retracement de 50 % de la baisse intervenue entre septembre 2000 et mars 2003. Compte tenu des risques de correction à court terme, une stratégie sélective s'impose. On allègera les positions en cas de rupture à 3.600 points correspondant à un début de phase de correction qui pourrait ramener le CAC 40 sur le support à moyen terme des 3.510 points.

FRANCK MOREL « Aucun signe d'essoufflement de la tendance sur le marché américain »

Les indicateurs que nous percevons sont dans l'ensemble positifs. Nous ne voyons aucun signe d'euphorie ni de panique parmi les investisseurs, alors que la volatilité a, ces derniers temps, fortement baissé. La tendance reste orientée à la hausse sur le moyen et le long terme, avec d'inévitables phases de consolidation. Notre premier objectif théorique reste donc placé à 4.240 points, avec deux signaux de vente stop en cas de baisse à moins de 3.560 points, puis un autre situé dans la zone des 3.360 points. Chacun sait que le marché français est très dépendant de la Bourse américaine. Or il faut savoir que l'indice Dow Jones n'est qu'à 10 % de son plus haut historique, avec une tendance haussière qui ne montre pour l'instant aucun signe d'essoufflement. Si les plus hauts sont franchis à New York, le mouvement haussier pourrait même s'accélérer, avec un fort effet d'entraînement sur les valeurs européennes, qui sont en retard par rapport aux actions américaines. Plutôt que de jouer l'indice, mieux vaut privilégier une stratégie d'investissement valeur par valeur, en jouant sur les rotations sectorielles ou l'évolution de la volatilité, avec les valeurs technologiques, par exemple.

ANDRÉ MALPEL « La hausse commence à montrer des signes d'affaiblissement »

Le rebond boursier intervenu depuis le mois de mars 2003 est suffisamment fort pour avoir sorti l'indice de référence de la Bourse de Paris du couloir baissier dans lequel il s'était engouffré en septembre 2000. La spirale baissière est donc cassée. Nous nous situons aujourd'hui dans une tendance haussière, mais il convient de remarquer que la puissance du mouvement tend à ralentir. La pente de la hausse étant de plus en plus faible, il n'est pas exclu que nous soyons proches d'un point de retournement à court terme, qui pourrait se situer autour de 3.800 points. L'ampleur de la correction est difficile à prévoir. En cas de fort reflux, nous pourrions revenir vers les 3.300 points, voire les 3.100 points, correspondant à un retracement de 50 % de la hausse réalisée à partir des 2.400 points de mars 2003. Il ne s'agit, selon nous, que d'une correction dans un cycle de rebond boursier durable, qui pourrait nous amener à plus de 4.700 points, voire, pourquoi pas, 5.000 points. En matière de gestion de portefeuille, l'essentiel est de garder à l'esprit l'horizon d'investissement dans lequel on se situe. Compte tenu des risques actuels de correction à court terme, mieux vaut éviter d'entrer massivement sur le marché aujourd'hui.

En revanche, dans une optique de moyen terme, il n'y a pas lieu de procéder à des opérations massives de liquidation des portefeuilles, surtout si ceux-ci sont structurés dans une optique défensive. Il convient probablement d'être plus sélectifs, notamment sur les titres les plus exposés à une correction, qui sont, par définition, les plus volatiles.

OLIVIER DE DUCLA « La tendance à long terme reste baissière »

Nous avons franchi à Paris un point haut à 6.944,77 points en septembre 2000, qui a marqué le sommet d'une longue tendance haussière amorcée au début des années quatre-vingt. Depuis cette date, nous sommes entrés dans un marché baissier de grande ampleur et surtout de longue durée, comparable à ce que nous avons connu aux Etats-Unis entre 1966 et 1982. Le rebond intervenu en mars 2003 correspond à une remontée des cours après une chute extrêmement violente, mais il faut rester prudent, car il ne s'agit pas de l'amorce d'un nouveau grand cycle haussier. Le mouvement tend à s'essouffler et l'indice CAC 40 rencontrera probablement une forte résistante vers 3.820 points, puis 3.890 points, niveau à partir duquel les marchés pourraient se retourner.

Il est frappant d'observer que la proportion d'opérateurs haussiers par rapport aux baissiers est aujourd'hui plus importante qu'à la fin des années quatre-vingt-dix. Nous pourrions, par ailleurs, établir un parallèle inquiétant avec le marché japonais, sur lequel personne n'avait vu venir la longue baisse intervenue à la fin des années quatre-vingt. Nous sommes sans doute en train de répéter les mêmes erreurs qu'il y a trois ans. Prudence, donc, au-dessus des 3.800 points.

LE LEXIQUE

ANALYSE TECHNIQUE : ensemble des méthodes de prévision boursière utilisant l'historique des cours d'une action pour en déterminer l'avenir. On y retrouve principalement l'analyse chartiste, les indicateurs techniques et l'elliottisme.

BAR-CHARTS : graphiques représentant l'évolution des cours à l'aide de barres successives décrivant les plus hauts et plus bas de chaque séance, plutôt qu'à l'aide d'une ligne continue joignant simplement les cours de clôture.

BOLLINGER (BANDES DE) : moyennes mobiles spécifiques fonctionnant par paires, prenant en compte la volatilité d'une action, et donnant des signaux d'achat et de vente qui leur sont propres.

BOUGIES JAPONAISES : voir « chandeliers japonais ».

CANAL : deux droites parallèles (l'une tenant lieu de support et l'autre de résistance) que l'on peut tracer sur un graphique boursier et au sein desquelles les cours évoluent.

CASSURE : signal d'achat ou de vente donné par le fait que les cours sont parvenus à franchir une résistance ou un support.

CHANDELIERS JAPONAIS : mode très ancien de représentation d'un historique de cours qui permet un enrichissement de l'analyse chartiste à très court terme.

CYCLE : phase complète de hausse ou de baisse. Terme généralement utilisé pour de longues périodes.

DROITE DE TENDANCE : support ou résistance inclinée imprimant à une courbe boursière son orientation.

ELLIOTT (THÉORIE D'ELLIOTT, ELLIOTTISME) : méthode de prévision boursière appartenant à l'analyse technique fondée sur le principe qu'une courbe de Bourse suit toujours le même enchaînement de vagues, ce qui permet, en les décomptant sur un graphique, de prédire leur suite.

FIBONACCI (RATIOS DE) : suite de rapports mathématiques harmonieux. Elliott a montré que les ratios de Fibonacci décrivaient parfaitement les proportions entre deux vagues boursières successives.

GAP : dans un graphique en bar-charts, espace apparu entre deux barres qui délimite une fourchette de cotation au niveau de laquelle les cours de l'action ne sont jamais repassés.

INVALIDATION : un point ou un seuil d'invalidation est le niveau de cours à partir duquel un signal d'achat ou de vente chartiste, précédemment donné, sera considéré comme invalidé et à partir duquel un débouclage de la position alors adoptée sera justifié.

MOYENNES MOBILES : courbes lissant les fluctuations à court terme des cours de Bourse. Leur observation permet de déceler des signaux d'achat ou de vente.

OSCILLATEUR : indicateur technique borné, c'est-à-dire conçu mathématiquement de telle sorte qu'il ne puisse dépasser une limite supérieure et une limite inférieure entre lesquelles il va osciller. S'apparente aux indicateurs de surachat-survente. Les oscillateurs les plus connus sont le RSI et le stochastique.

PIVOT : un point pivot est un niveau de cours constituant un niveau de sortie ou d'entrée selon que le niveau est ou n'est pas dépassé.

PULL-BACK : retour des cours sur une ancienne droite de résistance ou de support après l'avoir cassée.

RALLY : période de forte hausse d'une action.

RÉSISTANCE : droite que l'on peut tracer sur un graphique boursier, sous laquelle les cours ont buté plusieurs fois sans parvenir à la franchir à la hausse.

SOMMET : synonyme de « top », mais avec une connotation plus long terme. Son opposé est le mot « creux ».

SUPPORT : droite que l'on peut tracer sur un graphique boursier, et sur laquelle les cours ont rebondi plusieurs fois sans parvenir à la franchir à la baisse.

SURACHAT : situation où un oscillateur se trouve proche de sa borne supérieure.

SURVENTE : situation où un oscillateur se trouve proche de sa borne inférieure.

TOP : plus haut niveau atteint par les cours sur une période observée. Son opposé est le mot « bottom ».

Les techniques utilisées par les professionnels et leurs recettes d'intervention

Peter Milton

« Se fixer

un objectif et mettre en place des coupe-circuits »

En matière d'analyse graphique, mon pire ennemi, c'est moi-même. Plutôt que de vouloir deviner l'évolution des marchés ou chercher en Bourse des signes pouvant venir conforter nos propres convictions, il faut savoir observer les graphiques avec humilité, de façon à en tirer le maximum d'informations utiles à la mise en place d'une stratégie d'investissement. L'analyse technique, c'est en fait 95 % de pratique et 5 % de théorie. Pour observer le marché, il faut rechercher des figures simples et faciles à repérer. L'expérience est, dans ce domaine, la meilleure conseillère qui soit.

Parmi les techniques à utiliser, il faut tout d'abord observer les moyennes mobiles (20, 50, 100 et 200 jours), qui renseignent sur la direction d'un mouvement et constituent souvent des soutiens essentiels. Il faut ensuite savoir repérer des figures simples, horizontales, de type lignes de résistance, supports ou double et triple tops.

Ces figures présentent l'avantage de se répéter assez fréquemment, elles sont surtout faciles à repérer et se révèlent être des indicateurs assez fiables. Toujours garder à l'esprit la notion de « retracement » des courbes qui se répètent fréquemment et dont la probabilité de réalisation est élevée. Le retracement le plus fréquent est le renouvellement en sens inverse de 50 % d'un mouvement intervenu à la hausse ou à la baisse.

Il faut également éviter d'intervenir à contre-tendance ; l'analyse graphique tend au contraire à repérer un mouvement et à en profiter en l'accompagnant.

Enfin, il faut savoir se couper un bras si la stratégie mise en place se révèle mauvaise.

L'essentiel est en effet de se fixer des objectifs de cours et des coupe-circuits (stop loss) afin d'assurer ses gains et limiter ses pertes.

L'objectif est de parvenir à une performance régulière, et non pas de faire un coup ici ou là.

AndrE Malpel

« Toujours s'assurer qu'un mouvement repose sur

des volumes conséquents »

Il est essentiel de prendre du recul par rapport au marché afin d'en saisir la structure et de comprendre son sens d'orientation. Cela vous évitera de rentrer au plus mauvais moment. Un marché s'observe par le haut, c'est-à-dire en partant d'un graphique long terme, pour descendre vers le bas, c'est-à-dire la tendance court terme. Les graphiques mensuels renseignent sur l'orientation générale, les données hebdomadaires permettent de cadrer l'analyse, alors que l'observation des cours journaliers donne des signaux qui permettent d'intervenir en Bourse. S'agissant des valeurs prises individuellement, tous les mouvements observés doivent être validés par l'observation de l'évolution des volumes, qui est un indicateur essentiel.

En 2001 et 2002, il était par exemple frappant de constater que les baisses d'Alcatel étaient à chaque fois accompagnées de gros volumes de ventes, alors que les hausses intervenaient dans les volumes beaucoup plus faibles. D'une manière générale, l'analyse technique n'est jamais aussi efficiente que lorsque les volumes sont importants.

Les lignes de résistance à la hausse et de support à la baisse, repérés par la succession de sommets ou de points bas au même niveau, constituent de bons indicateurs. Ils permettent de déterminer une zone d'intervention entre les prises de bénéfices et les opportunités d'achat, en prenant la précaution de passer des ordres de vente stop afin de se prémunir contre des retournements inattendus.

Mieux vaut se fier à des figures chartistes classiques et facilement repérables (doubles et triples tops, tête-épaules, etc.), qui permettent de se situer à l'intérieur d'un mouvement de marché.

L'utilisation des vagues d'Elliott, qui marquent un temps d'impulsion suivi de prises de bénéfices et de l'arrivée d'une autre phase de hausse alimentée par les achats du plus grand nombre, permet de se repérer, mais leur utilisation demande plus de technicité et de maturité.

Olivier de Ducla

« Les vagues d'Elliott traduisent la psychologie

du marché »

L'innovation majeure de Ralf Nelson Elliott (1871-1948) est d'avoir découvert le principe que la foule, c'est-à-dire la masse des opérateurs, se conduit toujours de la même manière. Les hommes obéissent tous aux mêmes sentiments d'enthousiasme, de peur et de cupidité. Il s'ensuit des tendances de marché qui se développent selon des configurations identifiables et récurrentes. Le mouvement des actions obéit ainsi à un rythme immuable de cinq vagues de hausse, suivies de trois vagues de baisse. Les vagues un, trois et cinq sont appelées vagues impulsives, les deux et quatre sont correctives. L'autre indicateur a été mis au point par William D. Grann. Son principe consiste à construire des angles rejoignant des sommets ou des points bas successifs. Si ces lignes de résistance ou de support sont franchies, on peu s'attendre à une poursuite du mouvement vers le haut ou vers le bas.

La combinaison des vagues d'Elliott et des angles de Grann permet de bien se situer dans le cycle d'évolution d'une action ou d'un indice.

Franck Morel

« Les trois règles de base qui permettent de minimiser le risque »

Plus les règles sont simples, plus elles sont efficaces. La première d'entre elles est d'éviter de se mettre à contre-tendance, car l'analyse graphique consiste à accompagner un mouvement clairement identifié. Il faut se fixer des objectifs qu'il vaut mieux placer avant une résistance majeure. L'objectif moyen doit correspondre à au moins 1,5 fois la mise initiale. Penser aussi à placer des ordres stop de préférence un peu au-dessus d'un support qui pourrait être enfoncé. Mieux vaut s'en tenir à des figures graphiques claires et facilement identifiables. Les instruments les plus simples sont encore les moyennes mobiles (20, 50 ou 100 jours), qui sont utilisées par la quasi-totalité des opérateurs. Elles définissent la tendance et font apparaître des points d'inflexion. L'observation des cours de clôture est essentielle à la Bourse de Paris, car les cours sont très influencés par le marché américain, qui ouvre à une heure correspondant au milieu de l'après-midi en Europe (15 h 30 actuellement).

Dernière règle essentielle : limiter les risques en répartissant ses ordres. Prendre par exemple dix positions égales dans un portefeuille. Se méfier des effets de levier, surtout sur les valeurs très volatiles, et penser à prendre ses bénéfices en cours de route.

LES FIGURES DE RETOURNEMENT

1 TETE-EPAULES - TETE-EPAULES

RENVERSEES

Description : la courbe effectue un premier aller-retour arrondi - que l'on appellera première épaule -, puis un deuxième aller-retour arrondi d'amplitude sensiblement plus importante, ce qui fait penser à une tête, et enfin un troisième aller-retour arrondi, d'amplitude quasi identique à la première épaule, ce qui fait penser à la seconde épaule... La droite qui relie les deux points d'appui de la figure s'appelle « ligne de cou ». Cette ligne de cou peut être légèrement inclinée. Dans ce cas, la pente des épaules devra être la même. Le signal de hausse ou de baisse se déclenche au moment où la ligne de cou est cassée par les cours.

Fréquence : rare.

Fiabilité : très bonne.

Piège à éviter : ne pas reconnaître une figure en tête-épaules après une vague de baisse ou une figure en tête-épaules renversées après une vague de hausse. En effet, ces figures ne sont jamais des figures de consolidation ; tant que la ligne de cou n'est pas cassée, la figure ne peut pas être prise en compte.

2 FIGURE DE DOW

Description : pour une figure de Dow de retournement à la hausse : la courbe effectue un premier creux, puis un second, qui se situe au-dessus du premier. Le signal est donné lorsque les cours dépassent à la hausse le pic séparant les deux creux de la figure.

Pour une figure de Dow de retournement à la baisse : la courbe effectue un premier pic, puis un second, qui se situe au-dessous du premier. Le signal est donné lorsque les cours dépassent à la baisse le creux séparant les deux pics de la figure.

Les deux pics ou les deux creux concernés doivent être de proportions comparables.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : ne pas anticiper la réalisation de la figure tant que le signal n'est pas donné.

3 DOUBLE TOP, FIGURE EN W (double creux ou double bottom)

Description : même principe que pour la figure de Dow, sauf que les deux creux ou les deux pics concernés se retrouvent à même hauteur.

Contrainte : même contrainte que pour la figure de Dow.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : faible.

Piège à éviter : si c'est le seul signal de hausse ou de baisse que vous ayez, abstenez-vous de le suivre.

4 TRIPLE TOP, TRIPLE CREUX (ou triple bottom)

Description : même principe que pour le double top ou le double creux, sauf qu'il y a trois tops ou trois creux successifs de même hauteur... Le signal est donné lorsque la ligne reliant les deux creux intermédiaires (pour une figure en triple top) ou les deux pics intermédiaires (pour une figure en triple creux) est cassée par les cours.

Contrainte(s) : les trois tops ou les trois creux doivent être de mêmes amplitudes. La ligne servant de repère pour le déclenchement du signal doit être horizontale, comme les trois tops ou les trois creux.

Fréquence : moyenne.

Fiabilité : moyenne.

Piège à éviter : ne pas anticiper la réalisation de la figure tant que le signal n'est pas donné (lire encadré correspondant).

LES FIGURES DE CONSOLIDATION

5 BISEAUX

(ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : le biseau n'est rien d'autre qu'un petit triangle fermé.

Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du triangle opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du biseau et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : si la courbe sort de la figure du même côté que celui par lequel elle est entrée, la figure est invalidée.

6 DRAPEAUX (ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : le drapeau n'est qu'un petit canal. Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du drapeau opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du drapeau et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : si la courbe sort de la figure du même côté que celui par lequel elle est entrée, la figure est invalidée.

7 FANIONS (ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : un fanion est un petit drapeau, c'est-à-dire un minuscule canal. Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du fanion opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du fanion et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : assez bonne.

Piège à éviter : même situation que pour le drapeau.

LE LEXIQUE

ANALYSE TECHNIQUE : ensemble des méthodes de prévision boursière utilisant l'historique des cours d'une action pour en déterminer l'avenir. On y retrouve principalement l'analyse chartiste, les indicateurs techniques et l'elliottisme.

BAR-CHARTS : graphiques représentant l'évolution des cours à l'aide de barres successives décrivant les plus hauts et plus bas de chaque séance, plutôt qu'à l'aide d'une ligne continue joignant simplement les cours de clôture.

BOLLINGER (BANDES DE) : moyennes mobiles spécifiques fonctionnant par paires, prenant en compte la volatilité d'une action, et donnant des signaux d'achat et de vente qui leur sont propres.

BOUGIES JAPONAISES : voir « chandeliers japonais ».

CANAL : deux droites parallèles (l'une tenant lieu de support et l'autre de résistance) que l'on peut tracer sur un graphique boursier et au sein desquelles les cours évoluent.

CASSURE : signal d'achat ou de vente donné par le fait que les cours sont parvenus à franchir une résistance ou un support.

CHANDELIERS JAPONAIS : mode très ancien de représentation d'un historique de cours qui permet un enrichissement de l'analyse chartiste à très court terme.

CYCLE : phase complète de hausse ou de baisse. Terme généralement utilisé pour de longues périodes.

DROITE DE TENDANCE : support ou résistance inclinée imprimant à une courbe boursière son orientation.

ELLIOTT (THÉORIE D'ELLIOTT, ELLIOTTISME) : méthode de prévision boursière appartenant à l'analyse technique fondée sur le principe qu'une courbe de Bourse suit toujours le même enchaînement de vagues, ce qui permet, en les décomptant sur un graphique, de prédire leur suite.

FIBONACCI (RATIOS DE) : suite de rapports mathématiques harmonieux. Elliott a montré que les ratios de Fibonacci décrivaient parfaitement les proportions entre deux vagues boursières successives.

GAP : dans un graphique en bar-charts, espace apparu entre deux barres qui délimite une fourchette de cotation au niveau de laquelle les cours de l'action ne sont jamais repassés.

INVALIDATION : un point ou un seuil d'invalidation est le niveau de cours à partir duquel un signal d'achat ou de vente chartiste, précédemment donné, sera considéré comme invalidé et à partir duquel un débouclage de la position alors adoptée sera justifié.

MOYENNES MOBILES : courbes lissant les fluctuations à court terme des cours de Bourse. Leur observation permet de déceler des signaux d'achat ou de vente.

OSCILLATEUR : indicateur technique borné, c'est-à-dire conçu mathématiquement de telle sorte qu'il ne puisse dépasser une limite supérieure et une limite inférieure entre lesquelles il va osciller. S'apparente aux indicateurs de surachat-survente. Les oscillateurs les plus connus sont le RSI et le stochastique.

PIVOT : un point pivot est un niveau de cours constituant un niveau de sortie ou d'entrée selon que le niveau est ou n'est pas dépassé.

PULL-BACK : retour des cours sur une ancienne droite de résistance ou de support après l'avoir cassée.

RALLY : période de forte hausse d'une action.

RÉSISTANCE : droite que l'on peut tracer sur un graphique boursier, sous laquelle les cours ont buté plusieurs fois sans parvenir à la franchir à la hausse.

SOMMET : synonyme de « top », mais avec une connotation plus long terme. Son opposé est le mot « creux ».

SUPPORT : droite que l'on peut tracer sur un graphique boursier, et sur laquelle les cours ont rebondi plusieurs fois sans parvenir à la franchir à la baisse.

SURACHAT : situation où un oscillateur se trouve proche de sa borne supérieure.

SURVENTE : situation où un oscillateur se trouve proche de sa borne inférieure.

TOP : plus haut niveau atteint par les cours sur une période observée. Son opposé est le mot « bottom ».

Les techniques utilisées par les professionnels et leurs recettes d'intervention

Peter Milton

« Se fixer

un objectif et mettre en place des coupe-circuits »

En matière d'analyse graphique, mon pire ennemi, c'est moi-même. Plutôt que de vouloir deviner l'évolution des marchés ou chercher en Bourse des signes pouvant venir conforter nos propres convictions, il faut savoir observer les graphiques avec humilité, de façon à en tirer le maximum d'informations utiles à la mise en place d'une stratégie d'investissement. L'analyse technique, c'est en fait 95 % de pratique et 5 % de théorie. Pour observer le marché, il faut rechercher des figures simples et faciles à repérer. L'expérience est, dans ce domaine, la meilleure conseillère qui soit.

Parmi les techniques à utiliser, il faut tout d'abord observer les moyennes mobiles (20, 50, 100 et 200 jours), qui renseignent sur la direction d'un mouvement et constituent souvent des soutiens essentiels. Il faut ensuite savoir repérer des figures simples, horizontales, de type lignes de résistance, supports ou double et triple tops.

Ces figures présentent l'avantage de se répéter assez fréquemment, elles sont surtout faciles à repérer et se révèlent être des indicateurs assez fiables. Toujours garder à l'esprit la notion de « retracement » des courbes qui se répètent fréquemment et dont la probabilité de réalisation est élevée. Le retracement le plus fréquent est le renouvellement en sens inverse de 50 % d'un mouvement intervenu à la hausse ou à la baisse.

Il faut également éviter d'intervenir à contre-tendance ; l'analyse graphique tend au contraire à repérer un mouvement et à en profiter en l'accompagnant.

Enfin, il faut savoir se couper un bras si la stratégie mise en place se révèle mauvaise.

L'essentiel est en effet de se fixer des objectifs de cours et des coupe-circuits (stop loss) afin d'assurer ses gains et limiter ses pertes.

L'objectif est de parvenir à une performance régulière, et non pas de faire un coup ici ou là.

AndrE Malpel

« Toujours s'assurer qu'un mouvement repose sur

des volumes conséquents »

Il est essentiel de prendre du recul par rapport au marché afin d'en saisir la structure et de comprendre son sens d'orientation. Cela vous évitera de rentrer au plus mauvais moment. Un marché s'observe par le haut, c'est-à-dire en partant d'un graphique long terme, pour descendre vers le bas, c'est-à-dire la tendance court terme. Les graphiques mensuels renseignent sur l'orientation générale, les données hebdomadaires permettent de cadrer l'analyse, alors que l'observation des cours journaliers donne des signaux qui permettent d'intervenir en Bourse. S'agissant des valeurs prises individuellement, tous les mouvements observés doivent être validés par l'observation de l'évolution des volumes, qui est un indicateur essentiel.

En 2001 et 2002, il était par exemple frappant de constater que les baisses d'Alcatel étaient à chaque fois accompagnées de gros volumes de ventes, alors que les hausses intervenaient dans les volumes beaucoup plus faibles. D'une manière générale, l'analyse technique n'est jamais aussi efficiente que lorsque les volumes sont importants.

Les lignes de résistance à la hausse et de support à la baisse, repérés par la succession de sommets ou de points bas au même niveau, constituent de bons indicateurs. Ils permettent de déterminer une zone d'intervention entre les prises de bénéfices et les opportunités d'achat, en prenant la précaution de passer des ordres de vente stop afin de se prémunir contre des retournements inattendus.

Mieux vaut se fier à des figures chartistes classiques et facilement repérables (doubles et triples tops, tête-épaules, etc.), qui permettent de se situer à l'intérieur d'un mouvement de marché.

L'utilisation des vagues d'Elliott, qui marquent un temps d'impulsion suivi de prises de bénéfices et de l'arrivée d'une autre phase de hausse alimentée par les achats du plus grand nombre, permet de se repérer, mais leur utilisation demande plus de technicité et de maturité.

Olivier de Ducla

« Les vagues d'Elliott traduisent la psychologie

du marché »

L'innovation majeure de Ralf Nelson Elliott (1871-1948) est d'avoir découvert le principe que la foule, c'est-à-dire la masse des opérateurs, se conduit toujours de la même manière. Les hommes obéissent tous aux mêmes sentiments d'enthousiasme, de peur et de cupidité. Il s'ensuit des tendances de marché qui se développent selon des configurations identifiables et récurrentes. Le mouvement des actions obéit ainsi à un rythme immuable de cinq vagues de hausse, suivies de trois vagues de baisse. Les vagues un, trois et cinq sont appelées vagues impulsives, les deux et quatre sont correctives. L'autre indicateur a été mis au point par William D. Grann. Son principe consiste à construire des angles rejoignant des sommets ou des points bas successifs. Si ces lignes de résistance ou de support sont franchies, on peu s'attendre à une poursuite du mouvement vers le haut ou vers le bas.

La combinaison des vagues d'Elliott et des angles de Grann permet de bien se situer dans le cycle d'évolution d'une action ou d'un indice.

Franck Morel

« Les trois règles de base qui permettent de minimiser le risque »

Plus les règles sont simples, plus elles sont efficaces. La première d'entre elles est d'éviter de se mettre à contre-tendance, car l'analyse graphique consiste à accompagner un mouvement clairement identifié. Il faut se fixer des objectifs qu'il vaut mieux placer avant une résistance majeure. L'objectif moyen doit correspondre à au moins 1,5 fois la mise initiale. Penser aussi à placer des ordres stop de préférence un peu au-dessus d'un support qui pourrait être enfoncé. Mieux vaut s'en tenir à des figures graphiques claires et facilement identifiables. Les instruments les plus simples sont encore les moyennes mobiles (20, 50 ou 100 jours), qui sont utilisées par la quasi-totalité des opérateurs. Elles définissent la tendance et font apparaître des points d'inflexion. L'observation des cours de clôture est essentielle à la Bourse de Paris, car les cours sont très influencés par le marché américain, qui ouvre à une heure correspondant au milieu de l'après-midi en Europe (15 h 30 actuellement).

Dernière règle essentielle : limiter les risques en répartissant ses ordres. Prendre par exemple dix positions égales dans un portefeuille. Se méfier des effets de levier, surtout sur les valeurs très volatiles, et penser à prendre ses bénéfices en cours de route.

LES FIGURES DE RETOURNEMENT

1 TETE-EPAULES - TETE-EPAULES

RENVERSEES

Description : la courbe effectue un premier aller-retour arrondi - que l'on appellera première épaule -, puis un deuxième aller-retour arrondi d'amplitude sensiblement plus importante, ce qui fait penser à une tête, et enfin un troisième aller-retour arrondi, d'amplitude quasi identique à la première épaule, ce qui fait penser à la seconde épaule... La droite qui relie les deux points d'appui de la figure s'appelle « ligne de cou ». Cette ligne de cou peut être légèrement inclinée. Dans ce cas, la pente des épaules devra être la même. Le signal de hausse ou de baisse se déclenche au moment où la ligne de cou est cassée par les cours.

Fréquence : rare.

Fiabilité : très bonne.

Piège à éviter : ne pas reconnaître une figure en tête-épaules après une vague de baisse ou une figure en tête-épaules renversées après une vague de hausse. En effet, ces figures ne sont jamais des figures de consolidation ; tant que la ligne de cou n'est pas cassée, la figure ne peut pas être prise en compte.

2 FIGURE DE DOW

Description : pour une figure de Dow de retournement à la hausse : la courbe effectue un premier creux, puis un second, qui se situe au-dessus du premier. Le signal est donné lorsque les cours dépassent à la hausse le pic séparant les deux creux de la figure.

Pour une figure de Dow de retournement à la baisse : la courbe effectue un premier pic, puis un second, qui se situe au-dessous du premier. Le signal est donné lorsque les cours dépassent à la baisse le creux séparant les deux pics de la figure.

Les deux pics ou les deux creux concernés doivent être de proportions comparables.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : ne pas anticiper la réalisation de la figure tant que le signal n'est pas donné.

3 DOUBLE TOP, FIGURE EN W (double creux ou double bottom)

Description : même principe que pour la figure de Dow, sauf que les deux creux ou les deux pics concernés se retrouvent à même hauteur.

Contrainte : même contrainte que pour la figure de Dow.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : faible.

Piège à éviter : si c'est le seul signal de hausse ou de baisse que vous ayez, abstenez-vous de le suivre.

4 TRIPLE TOP, TRIPLE CREUX (ou triple bottom)

Description : même principe que pour le double top ou le double creux, sauf qu'il y a trois tops ou trois creux successifs de même hauteur... Le signal est donné lorsque la ligne reliant les deux creux intermédiaires (pour une figure en triple top) ou les deux pics intermédiaires (pour une figure en triple creux) est cassée par les cours.

Contrainte(s) : les trois tops ou les trois creux doivent être de mêmes amplitudes. La ligne servant de repère pour le déclenchement du signal doit être horizontale, comme les trois tops ou les trois creux.

Fréquence : moyenne.

Fiabilité : moyenne.

Piège à éviter : ne pas anticiper la réalisation de la figure tant que le signal n'est pas donné (lire encadré correspondant).

LES FIGURES DE CONSOLIDATION

5 BISEAUX

(ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : le biseau n'est rien d'autre qu'un petit triangle fermé.

Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du triangle opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du biseau et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : si la courbe sort de la figure du même côté que celui par lequel elle est entrée, la figure est invalidée.

6 DRAPEAUX (ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : le drapeau n'est qu'un petit canal. Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du drapeau opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du drapeau et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : bonne.

Piège à éviter : si la courbe sort de la figure du même côté que celui par lequel elle est entrée, la figure est invalidée.

7 FANIONS (ASCENDANT, DESCENDANT)

Description : un fanion est un petit drapeau, c'est-à-dire un minuscule canal. Le signal de hausse ou de baisse est donné lorsque les cours cassent le côté du fanion opposé à celui par lequel la courbe est entrée.

La courbe doit toucher au moins trois fois la partie supérieure du fanion et au moins trois fois sa partie inférieure pour être valide.

Fréquence : élevée.

Fiabilité : assez bonne.

Piège à éviter : même situation que pour le drapeau.

par ROLAND LASKINE