Notre sélection de valeurs pour jouer la reprise économique

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Après une année de rebond, quelle direction va prendre la Bourse ? Les indices CAC 40 et Dow Jones ont regagné respectivement 53 % et 41 % depuis leurs plus bas niveaux de mars 2003, mais ils ont désormais effacé les sous-valorisations les plus criantes et pourraient même légèrement consolider à court terme. Après trois années atypiques, les marchés boursiers semblent retrouver leur rythme de croissance de long terme (environ 7 % par an sur les cinquante dernières années), qui implique une alternance de phases de hausse et de phases de correction saines et normales.
Les indicateurs économiques, financiers et boursiers, très suivis par les opérateurs, vont dans le sens d'une poursuite de la hausse des marchés d'actions. Tout d'abord, les données macroéconomiques (croissance du PIB, inflation, chômage, consommation...) et microéconomiques (confiance des chefs d'entreprise, investissements, endettement des sociétés....) montrent que la croissance économique est de retour, tirée par les Etats-Unis et l'Asie, même si l'Europe est à la traîne. Deuxième enseignement : les entreprises ont assaini leurs bilans et sont en mesure d'améliorer leurs marges en 2003 et en 2004. Quant aux indicateurs boursiers, ils révèlent que les valorisations des actions restent raisonnables par rapport à leur moyenne historique. Enfin, l'analyse technique envisage une correction à court terme, mais reste positive à moyen terme (lire page suivante). Une éventuelle baisse des cours offrirait donc une occasion d'acquérir des actions en privilégiant les sociétés dont le potentiel de hausse des bénéfices reste élevé pour 2004. Mais il est aussi temps de revenir sur certaines valeurs défensives, délaissées en 2003, et qui ont entamé leur rattrapage.
La Bourse de Paris n'est pas surévaluée
Le principal outil de valorisation des marchés boursiers est le PER (de l'anglais price earning ratio) ou multiple de capitalisation des bénéfices. Il s'agit du rapport entre la capitalisation d'une valeur (ou d'un marché) et le bénéfice attendu pour une année donnée. Plus concrètement, il représente le nombre d'années qu'il faudrait attendre pour que les bénéfices dégagés (s'ils étaient entièrement redistribués aux actionnaires) remboursent l'achat du titre. Plus cette durée est longue, c'est-à-dire plus le PER est élevé, plus la valeur est considérée comme chère.
Actuellement, le PER de l'indice SBF 120 s'établit à 14,1 fois les estimations de bénéfices 2004, ce qui est inférieur à sa moyenne historique de 15 fois. Il est aussi inférieur aux multiples de capitalisation de l'indice américain S&P 500, qui capitalise 18,2 fois les bénéfices attendus en 2004 ce qui correspondant à sa moyenne historique. Toutefois, les PER ne suffisent pas à eux seuls à déterminer la valeur d'une action. Ainsi, certains secteurs se paient plus cher que d'autres, en raison de leur capacité à dégager de façon régulière une croissance de leurs bénéfices supérieure à la moyenne. C'est notamment le cas des valeurs technologiques de la pharmacie et des cosmétiques. Ainsi, L'Oréal, qui parvient à faire croître ses bénéfices à deux chiffres depuis plus de quinze ans, mérite une prime aux yeux du marché (PER 2004 de 30 fois). A l'inverse, des valeurs industrielles dont les profits, plus irréguliers, varient au rythme des cycles économiques, se paient moins de 10 fois leurs bénéfices.
Le rapport entre le PER et la croissance attendue du bénéfice net par action, aussi appelé PEG (price earning to growth), permet de mesurer si une valeur est chère ou non par rapport à la croissance attendue de ses résultats. Concrètement, un PEG supérieur à 1 signifie que la valeur est chère.
Pour 2004, les analystes financiers prévoient une croissance de l'ordre de 16 % des bénéfices par action des sociétés françaises, après un bond de 41 % attendu en 2003, faisant ressortir un PEG de 0,78 qui est loin d'être excessif.
Les PEG les moins élevés se trouvent actuellement dans les secteurs cycliques (industrie, médias, matières premières, technologie), ce qui n'est pas surprenant car ce sont eux qui profiteront le plus de la reprise économique.
La reprise se traduira par un redémarrage des investissements
Après deux années difficiles, l'économie
mondiale devrait retrouver son rythme
de croissance de long terme, de l'ordre
de 3,5 % par an.
Toutefois, l'Europe, handicapée par
des facteurs structurels et la force de l'euro,
restera en retard
en 2004.
Les experts attendent
une croissance
du PIB de l'ordre
de 1,8 % dans la zone euro (après 0,4 %
en 2003), contre 4,5
à 5 % pour les
Etats-Unis.
En France,
la hausse du PIB
devrait passer de 0,2 %
en 2003 à 1,7 %-2 %
en 2004, selon
les prévisionnistes. Désendettées
et restructurées
depuis deux ans,
les entreprises françaises devraient reprendre
leurs investissements, profitant du maintien
de taux d'intérêt attrayants.
Les investissements devraient croître
de 5 % en 2004,
après une baisse de 3 % en 2003 et de 13 %
en 2002, selon l'Insee. Quant aux ménages, leur consommation progressera mais
à un rythme modéré,
en raison de la persistance d'un taux
de chômage élevé.
Privilégiez les valeurs dont la croissance bénéficiaire va s'accélérer
Nous conseillons une stratégie active, mais néanmoins sélective, fondée sur l'achat de valeurs liées au redémarrage des investissements des entreprises, qui devraient être plus dynamiques que la consommation des ménages.
Ainsi, le fabricant de câbles Nexans devrait particulièrement profiter de la reprise des investissements, notamment des opérateurs télécoms. Ses bénéfices devraient atteindre 30 millions d'euros en 2004, contre seulement 1 million en 2003. Nous conseillons également le groupe parapétrolier Schlumberger, dont les bénéfices devraient être multipliés par trois en 2004, et le distributeur de matériel électrique Rexel, dont nous attendons une hausse de 131 % du bénéfice net. Dans les médias, nous privilégions M6, TF1 et Vivendi Universal, ce dernier étant devenu une cible probable pour le britannique Vodafone.
De son côté, LVMH, le leader mondial du luxe, devrait être en mesure d'améliorer sensiblement son résultat opérationnel en 2004 (après une hausse de 7 % en 2003) malgré les risques, réels, liés à l'évolution du dollar et du yen.
La sélectivité est de mise sur les valeurs technologiques : le secteur qui a affiché les meilleures performances en 2003 paraît désormais cher, avec des PER 2004 proches de 25 fois. Toutefois, Unilog, Atos Origin ou Alten peuvent encore être mis en portefeuille. Sans oublier Alcatel et Ingenico, dont les restructurations vont porter pleinement leurs fruits en 2004. Dans le secteur automobile, nous conseillons Renault et Peugeot, dont les multiples de capitalisation sont inférieurs à 7 fois nos estimations de bénéfices pour 2004, malgré des perspectives attrayantes à moyen terme.
Le retour de la croissance risquant d'être progressif et en dents de scie, il serait judicieux de revenir sur certaines belles valeurs défensives comme France Télécom, qui poursuit son désendettement et se restructure en rachetant 100 % du capital de ses filiales Orange et Wanadoo (et sans doute Equant, à terme). Le groupe de BTP et de communication Bouygues, le concessionnaire autoroutier Vinci et les groupes de services aux collectivités Veolia Environnement et Suez disposent encore d'un potentiel de hausse. Enfin, le leader mondial des produits cosmétiques, L'Oréal, dont le bénéfice net a progressé de 16,7 % en 2003 malgré la baisse du dollar, reste une valeur qui allie forte croissance et sécurité.
Vous retrouverez dans notre Guide des actions (cahier central) nos conseils complets, les ratios boursiers, l'analyse technique et nos objectifs de cours pour l'ensemble de ces valeurs.
L'hypothèque du dollar pèse sur les marchés
En 2003, les chiffres d'affaires des sociétés européennes ont été amputés de 5 % à 10 % par l'effet comptable de conversion de leurs ventes réalisées en dollars. Les dégâts sur les bénéfices ont toutefois été moins importants, grâce à des couvertures de change efficaces, à une production réalisée en partie en zone dollar et à des efforts de réductions de coûts.
Jusqu'ici, la baisse du billet vert n'a pas empêché la Bourse de s'apprécier, l'indice CAC 40 montrant, sur le long terme, une plus forte corrélation avec le Dow Jones qu'avec le dollar (voir graphique). Le très beau parcours depuis un an de valeurs dollars telles que LVMH (+ 63,5 %) ou EADS (+ 120 %) montre que les décisions d'investissements ne peuvent être prises que sur ce seul critère. Toutefois, au-delà de 1,3 dollar pour un euro, la force de la monnaie européenne pénaliserait gravement la compétitivité de nos entreprises.
Les Etats-Unis, qui ont orchestré ce mouvement, profitent de la faiblesse du billet vert pour combler le déficit abyssal de 500 milliards de dollars de leur balance commerciale.
A court terme, l'euro semble avoir marqué une pause dans son ascension : après avoir testé deux fois la résistance des 1,3 dollar en deux mois, il est revenu vers 1,26 dollar, après la réunion du G7 de Boca Raton, qui a dénoncé, le 7 février, la « volatilité excessive » des taux de change. Selon les analystes techniques d'AG-Presse, « la résistance des 1,3 dollar constitue un solide rempart » à court terme, l'euro évoluant dans un canal compris entre 1,23 et 1,3 dollar. Mais, à moyen terme, une nouvelle hausse jusqu'à 1,37 dollar reste possible.
La Bourse de Paris n'est pas surévaluée
Le principal outil de valorisation des marchés boursiers est le PER (de l'anglais price earning ratio) ou multiple de capitalisation des bénéfices. Il s'agit du rapport entre la capitalisation d'une valeur (ou d'un marché) et le bénéfice attendu pour une année donnée. Plus concrètement, il représente le nombre d'années qu'il faudrait attendre pour que les bénéfices dégagés (s'ils étaient entièrement redistribués aux actionnaires) remboursent l'achat du titre. Plus cette durée est longue, c'est-à-dire plus le PER est élevé, plus la valeur est considérée comme chère.
Actuellement, le PER de l'indice SBF 120 s'établit à 14,1 fois les estimations de bénéfices 2004, ce qui est inférieur à sa moyenne historique de 15 fois. Il est aussi inférieur aux multiples de capitalisation de l'indice américain S&P 500, qui capitalise 18,2 fois les bénéfices attendus en 2004 ce qui correspondant à sa moyenne historique. Toutefois, les PER ne suffisent pas à eux seuls à déterminer la valeur d'une action. Ainsi, certains secteurs se paient plus cher que d'autres, en raison de leur capacité à dégager de façon régulière une croissance de leurs bénéfices supérieure à la moyenne. C'est notamment le cas des valeurs technologiques de la pharmacie et des cosmétiques. Ainsi, L'Oréal, qui parvient à faire croître ses bénéfices à deux chiffres depuis plus de quinze ans, mérite une prime aux yeux du marché (PER 2004 de 30 fois). A l'inverse, des valeurs industrielles dont les profits, plus irréguliers, varient au rythme des cycles économiques, se paient moins de 10 fois leurs bénéfices.
Le rapport entre le PER et la croissance attendue du bénéfice net par action, aussi appelé PEG (price earning to growth), permet de mesurer si une valeur est chère ou non par rapport à la croissance attendue de ses résultats. Concrètement, un PEG supérieur à 1 signifie que la valeur est chère.
Pour 2004, les analystes financiers prévoient une croissance de l'ordre de 16 % des bénéfices par action des sociétés françaises, après un bond de 41 % attendu en 2003, faisant ressortir un PEG de 0,78 qui est loin d'être excessif.
Les PEG les moins élevés se trouvent actuellement dans les secteurs cycliques (industrie, médias, matières premières, technologie), ce qui n'est pas surprenant car ce sont eux qui profiteront le plus de la reprise économique.
La reprise se traduira par un redémarrage des investissements
Après deux années difficiles, l'économie
mondiale devrait retrouver son rythme
de croissance de long terme, de l'ordre
de 3,5 % par an.
Toutefois, l'Europe, handicapée par
des facteurs structurels et la force de l'euro,
restera en retard
en 2004.
Les experts attendent
une croissance
du PIB de l'ordre
de 1,8 % dans la zone euro (après 0,4 %
en 2003), contre 4,5
à 5 % pour les
Etats-Unis.
En France,
la hausse du PIB
devrait passer de 0,2 %
en 2003 à 1,7 %-2 %
en 2004, selon
les prévisionnistes. Désendettées
et restructurées
depuis deux ans,
les entreprises françaises devraient reprendre
leurs investissements, profitant du maintien
de taux d'intérêt attrayants.
Les investissements devraient croître
de 5 % en 2004,
après une baisse de 3 % en 2003 et de 13 %
en 2002, selon l'Insee. Quant aux ménages, leur consommation progressera mais
à un rythme modéré,
en raison de la persistance d'un taux
de chômage élevé.
Privilégiez les valeurs dont la croissance bénéficiaire va s'accélérer
Nous conseillons une stratégie active, mais néanmoins sélective, fondée sur l'achat de valeurs liées au redémarrage des investissements des entreprises, qui devraient être plus dynamiques que la consommation des ménages.
Ainsi, le fabricant de câbles Nexans devrait particulièrement profiter de la reprise des investissements, notamment des opérateurs télécoms. Ses bénéfices devraient atteindre 30 millions d'euros en 2004, contre seulement 1 million en 2003. Nous conseillons également le groupe parapétrolier Schlumberger, dont les bénéfices devraient être multipliés par trois en 2004, et le distributeur de matériel électrique Rexel, dont nous attendons une hausse de 131 % du bénéfice net. Dans les médias, nous privilégions M6, TF1 et Vivendi Universal, ce dernier étant devenu une cible probable pour le britannique Vodafone.
De son côté, LVMH, le leader mondial du luxe, devrait être en mesure d'améliorer sensiblement son résultat opérationnel en 2004 (après une hausse de 7 % en 2003) malgré les risques, réels, liés à l'évolution du dollar et du yen.
La sélectivité est de mise sur les valeurs technologiques : le secteur qui a affiché les meilleures performances en 2003 paraît désormais cher, avec des PER 2004 proches de 25 fois. Toutefois, Unilog, Atos Origin ou Alten peuvent encore être mis en portefeuille. Sans oublier Alcatel et Ingenico, dont les restructurations vont porter pleinement leurs fruits en 2004. Dans le secteur automobile, nous conseillons Renault et Peugeot, dont les multiples de capitalisation sont inférieurs à 7 fois nos estimations de bénéfices pour 2004, malgré des perspectives attrayantes à moyen terme.
Le retour de la croissance risquant d'être progressif et en dents de scie, il serait judicieux de revenir sur certaines belles valeurs défensives comme France Télécom, qui poursuit son désendettement et se restructure en rachetant 100 % du capital de ses filiales Orange et Wanadoo (et sans doute Equant, à terme). Le groupe de BTP et de communication Bouygues, le concessionnaire autoroutier Vinci et les groupes de services aux collectivités Veolia Environnement et Suez disposent encore d'un potentiel de hausse. Enfin, le leader mondial des produits cosmétiques, L'Oréal, dont le bénéfice net a progressé de 16,7 % en 2003 malgré la baisse du dollar, reste une valeur qui allie forte croissance et sécurité.
Vous retrouverez dans notre Guide des actions (cahier central) nos conseils complets, les ratios boursiers, l'analyse technique et nos objectifs de cours pour l'ensemble de ces valeurs.
L'hypothèque du dollar pèse sur les marchés
En 2003, les chiffres d'affaires des sociétés européennes ont été amputés de 5 % à 10 % par l'effet comptable de conversion de leurs ventes réalisées en dollars. Les dégâts sur les bénéfices ont toutefois été moins importants, grâce à des couvertures de change efficaces, à une production réalisée en partie en zone dollar et à des efforts de réductions de coûts.
Jusqu'ici, la baisse du billet vert n'a pas empêché la Bourse de s'apprécier, l'indice CAC 40 montrant, sur le long terme, une plus forte corrélation avec le Dow Jones qu'avec le dollar (voir graphique). Le très beau parcours depuis un an de valeurs dollars telles que LVMH (+ 63,5 %) ou EADS (+ 120 %) montre que les décisions d'investissements ne peuvent être prises que sur ce seul critère. Toutefois, au-delà de 1,3 dollar pour un euro, la force de la monnaie européenne pénaliserait gravement la compétitivité de nos entreprises.
Les Etats-Unis, qui ont orchestré ce mouvement, profitent de la faiblesse du billet vert pour combler le déficit abyssal de 500 milliards de dollars de leur balance commerciale.
A court terme, l'euro semble avoir marqué une pause dans son ascension : après avoir testé deux fois la résistance des 1,3 dollar en deux mois, il est revenu vers 1,26 dollar, après la réunion du G7 de Boca Raton, qui a dénoncé, le 7 février, la « volatilité excessive » des taux de change. Selon les analystes techniques d'AG-Presse, « la résistance des 1,3 dollar constitue un solide rempart » à court terme, l'euro évoluant dans un canal compris entre 1,23 et 1,3 dollar. Mais, à moyen terme, une nouvelle hausse jusqu'à 1,37 dollar reste possible.
