Les valeurs du bricolage vont profiter de la poursuite de la concentration du secteur

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BricoDeal, Bricorama, Kingfisher et Mr Bricolage représentent le secteur du bricolage à la Bourse de Paris. Les actions du quatuor ont fortement grimpé depuis l'année dernière. Car les Français ne cessent de bricoler. Plus de 65 % vivent aujourd'hui en maison individuelle, contre à peine plus de 60 % il y a cinq ans. Par ailleurs, l'« effet » 35 heures permet aux ménages de s'adonner à leur activité favorite un plus grand nombre de journées dans l'année. Enfin, avec la féminisation du bricolage, les surfaces spécialisées ont trouvé d'excellents relais de croissance. Depuis plus de cinq ans, leur part de marché ne cesse de croître dans le jardinage. Parallèlement, les surfaces de bricolage trouvent des débouchés dans la décoration d'intérieur (revêtements des murs et des sols, mais aussi luminaires). Cette activité représente aujourd'hui 25 % de leur chiffre d'affaires et plus de 30 % de leurs marges ! Ces gisements de croissance que représentent le jardinage ou la décoration sont indispensables. La concurrence est de plus en plus acharnée avec les grandes surfaces alimentaires. Ces dernières possèdent aujourd'hui 8,8 % du marché du bricolage et 18 % de celui du jardinage selon l'observatoire Cetelem. L'autre menace provient des Etats-Unis. Les américains Home Depot et Lowe's, respectivement numéros un et deux mondiaux du secteur, avec des chiffres d'affaires deux à quatre fois supérieurs à celui du numéro un européen, le britannique Kingfisher, propriétaire de l'enseigne Castorama en France, apparaissent comme des rivaux potentiels. Leur structure financière leur permettrait de ne faire qu'une bouchée de Kingfisher (lire ci-dessous). Devant la montée en puissance de la concurrence et un éventuel débarquement des prédateurs américains, le marché français s'est concentré depuis deux ans avec, comme dernière opération en date, la fusion fin 2002 de Mr Bricolage et de Tabur, qui a créé le numéro trois français du secteur.
Le quatuor de tête en France (Leroy Merlin, Castorama, Mr Bricolage et Bricomarché) détient ainsi 65 % du marché à l'heure actuelle. Mais cette consolidation n'est pas suffisante. Parmi les sociétés cotées, même le britannique Kingfisher ne possède pas encore une véritable taille européenne.
BricoDeal : un rendement de 5 %
> La première société du secteur du bricolage cotée à la Bourse de Paris est aussi la plus atypique. Société bordelaise dont le capital est contrôlé à près de 78 % par la famille Teisseire, BricoDeal est un grossiste en produits de quincaillerie et de petit outillage qui s'adresse uniquement aux artisans locaux et aux petites entreprises du BTP. Ses ventes continuent de grimper au rythme d'environ 5 % en moyenne chaque année. La tendance a été similaire en 2003, même si le chiffre d'affaires s'est inscrit en hausse globale de 14,3 %, à 110,35 millions d'euros l'an dernier, du fait de l'acquisition d'une petite société de négoce située dans la région lyonnaise. « La croissance du résultat net de l'exercice 2003 devrait être au moins égale, voire légèrement supérieure à celle du chiffre d'affaires », nous a confié Louis Teisseire, président de BricoDeal. Les résultats, qui devraient être communiqués « début avril », selon le dirigeant, devraient permettre de proposer aux actionnaires un dividende net en progression similaire. Selon nos estimations, il devrait ainsi atteindre 1,42 euro par action, ce qui portera le rendement global de l'action à 5,8 % sur la base de son cours actuel. Avec un endettement net faible (15 % des fonds propres, estimés à 45 millions d'euros à fin 2003), la société dispose d'une structure financière saine. Louis Teisseire a néanmoins précisé que « l'endettement sera ramené à moins de 10 % de nos fonds propres cette année, grâce à la vente de deux entrepôts ». La société connaît actuellement une hausse de ses ventes de l'ordre de 5 %, ce qui laisse augurer une année 2004 dans la lignée de l'exercice précédent. En Bourse, la société nous semble correctement valorisée, avec une capitalisation égale à sa situation nette. L'action ne dispose par ailleurs d'aucun attrait spéculatif, Louis Teisseire et sa famille, qui détiennent 86 % des droits de vote en assemblée, ne voyant pas « d'utilité à faire évoluer le tour de table ».
Bricorama : le président ne veut pas passer la main
> Sixième réseau français de magasins de bricolage, Bricorama fait de la résistance. Avec 161 points de vente entièrement détenus en propre (dont 40 situés en Belgique) pour une valeur d'actifs de 145 millions d'euros environ, le groupe tente de résister à la concurrence du quatuor de tête Leroy Merlin-Castorama-Mr Bricolage-Bricomarché. Sa seule arme : afficher les mêmes prix que ses riveaux, en comprimant au maximum les coûts structurels. Son président, Jean-Claude Bourrelier, n'hésite pas à utiliser ses propres employés pour animer les pages de son catalogue produits ! Le siège social de la société, avec mobilier en kit et faux plafond qui mériteraient un rafraîchissement, est à l'image de l'aménagement dépouillé des magasins. La recette est simple mais limitée. Bricorama affiche la plus faible rentabilité opérationnelle du secteur. Et ses magasins se font tailler des croupières par les surfaces modernes et agréables des concurrents. Ainsi, malgré des ventes globales en hausse de 3,8 % l'an dernier à 566,98 millions d'euros, Bricorama a enregistré un chiffre d'affaires en retrait de 0,7 % en France, soit trois points de moins que le marché français selon les données de la Banque de France ! Par ailleurs, avec un taux d'endettement net estimé à 50 % ses fonds propres à fin 2003, le groupe dispose d'une marge de manoeuvre limitée à 60 millions d'euros. Bricorama mériterait donc de s'entourer d'un partenaire financier pour se développer, mais Jean-Claude Bourrelier, qui contrôle directement et indirectement 87 % du capital de la société, s'y refuse. En Bourse, le cours de l'action de la société fait ressortir une valeur d'entreprise égale à 0,6 fois le chiffre d'affaires et le multiple de capitalisation (PER) s'établit à seulement 12 fois les résultats estimés pour 2004. Nous étions acheteurs sous 41 euros en octobre 2003, et avons conseillé de prendre ses bénéfices au-dessus de 48 euros, qui ont été atteints le 17 février.
Kingfisher : une cible idéale pour Home Depot
> Le recentrage du groupe britannique sur le bricolage, après la cession de But et de Darty l'an dernier, a été bénéfique. En se concentrant sur ses enseignes Castorama en France et B&Q au Royaume-Uni, avec un chiffre d'affaires total de 16,5 milliards d'euros, et en fermant les entités déficitaires ou en difficulté en Allemagne et au Canada, Kingfisher a vu son résultat d'exploitation grimper de 21 % au cours du troisième trimestre 2003/2004 à périmètre constant (exercice clos le 1er février). Les résultats annuels, qui seront publiés le 17 mars, devraient s'afficher en forte hausse (environ 20 % selon nos estimations). Le recentrage du groupe lui a également permis d'assainir sa structure financière en transférant une bonne partie de ses dettes à son ancienne filiale d'électrodomestique, Kesa Electricals. Selon un porte-parole de la société, l'endettement net devrait ainsi atteindre 850 millions de livres sterling, ce qui devrait ramener le taux d'endettement du groupe à 20 % des fonds propres estimés, à 4,26 milliards de livres (6,35 milliards d'euros). En Bourse, la valorisation de la société est correcte : le multiple de capitalisation, qui atteint 22,1 fois les résultats estimés pour 2004, intègre une véritable prime de leader européen. Malgré cette prime, Kingfisher est aujourd'hui une proie idéale pour tout prédateur qui souhaiterait lancer une OPA, compte tenu de l'absence d'actionnaires de référence dans son tour de table. Si Kingfisher ne souhaite pas « commenter les spéculations du marché », le numéro un mondial du secteur, l'américain Home Depot, est plus disert. « Malgré la faiblesse du dollar par rapport à l'euro, nous étudions la possibilité d'investir en Europe », nous a confié une source proche du dossier, même si Bob Nardelli, président de Home Depot, n'a pas souhaité apporter de commentaires sur le sujet.
Mr Bricolage : le modèle de franchiseur fait recette
> Ce réseau de 481 magasins sous franchise et 79 surfaces détenues en propre est devenu le numéro trois français du secteur après avoir fusionné avec Tabur en 2002. Son modèle de franchiseur, longtemps mal perçu par les marchés financiers, a su s'imposer en Bourse. Car sa rentabilité est devenue la plus forte du secteur : 8,4 % de marge opérationnelle estimée sur l'exercice 2003, pour un chiffre d'affaires de 480,1 millions d'euros l'an dernier, en hausse de 8,8 %. Mr Bricolage doit avant tout ses performances aux ventes réalisées par sa centrale d'achats, qui fournit les magasins sous franchise des enseignes Mr Bricolage et Catena (marque issue du rapprochement avec Tabur). Celles-ci ont grimpé de 34,7 % et représentent aujourd'hui 28,7 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe. Cette activité renferme notamment pour près de 60 % de ventes de produits réalisées avec marge, qui contribuent de manière significative à la constitution du résultat d'exploitation du groupe, le reste étant commercialisé sans marge auprès du réseau de magasins. Mr Bricolage a été parallèlement le seul acteur à faire évoluer son format de magasins, aujourd'hui centré sur la décoration d'intérieur, et à faire évoluer en douceur son identité visuelle pour mieux coller à l'air du temps. Avec un taux d'endettement net d'environ la moitié de ses fonds propres (145 millions d'euros estimés à fin 2003), le groupe ne dispose cependant pas à l'heure actuelle d'une marge de manoeuvre financière suffisante pour effectuer une nouvelle acquisition d'envergure. En Bourse, toutes les qualités de la société ont été prises en compte. Avec une valeur d'entreprise représentant 0,8 fois le chiffre d'affaires, la société est correctement valorisée avec, de surcroît, un multiple de capitalisation de 17,7 fois les résultats estimés pour 2004. La valeur ne comporte pas d'autre atout : le rendement global de l'action plafonne à 2,3 % sur la base de son cours actuel.
BricoDeal : un rendement de 5 %
> La première société du secteur du bricolage cotée à la Bourse de Paris est aussi la plus atypique. Société bordelaise dont le capital est contrôlé à près de 78 % par la famille Teisseire, BricoDeal est un grossiste en produits de quincaillerie et de petit outillage qui s'adresse uniquement aux artisans locaux et aux petites entreprises du BTP. Ses ventes continuent de grimper au rythme d'environ 5 % en moyenne chaque année. La tendance a été similaire en 2003, même si le chiffre d'affaires s'est inscrit en hausse globale de 14,3 %, à 110,35 millions d'euros l'an dernier, du fait de l'acquisition d'une petite société de négoce située dans la région lyonnaise. « La croissance du résultat net de l'exercice 2003 devrait être au moins égale, voire légèrement supérieure à celle du chiffre d'affaires », nous a confié Louis Teisseire, président de BricoDeal. Les résultats, qui devraient être communiqués « début avril », selon le dirigeant, devraient permettre de proposer aux actionnaires un dividende net en progression similaire. Selon nos estimations, il devrait ainsi atteindre 1,42 euro par action, ce qui portera le rendement global de l'action à 5,8 % sur la base de son cours actuel. Avec un endettement net faible (15 % des fonds propres, estimés à 45 millions d'euros à fin 2003), la société dispose d'une structure financière saine. Louis Teisseire a néanmoins précisé que « l'endettement sera ramené à moins de 10 % de nos fonds propres cette année, grâce à la vente de deux entrepôts ». La société connaît actuellement une hausse de ses ventes de l'ordre de 5 %, ce qui laisse augurer une année 2004 dans la lignée de l'exercice précédent. En Bourse, la société nous semble correctement valorisée, avec une capitalisation égale à sa situation nette. L'action ne dispose par ailleurs d'aucun attrait spéculatif, Louis Teisseire et sa famille, qui détiennent 86 % des droits de vote en assemblée, ne voyant pas « d'utilité à faire évoluer le tour de table ».
Bricorama : le président ne veut pas passer la main
> Sixième réseau français de magasins de bricolage, Bricorama fait de la résistance. Avec 161 points de vente entièrement détenus en propre (dont 40 situés en Belgique) pour une valeur d'actifs de 145 millions d'euros environ, le groupe tente de résister à la concurrence du quatuor de tête Leroy Merlin-Castorama-Mr Bricolage-Bricomarché. Sa seule arme : afficher les mêmes prix que ses riveaux, en comprimant au maximum les coûts structurels. Son président, Jean-Claude Bourrelier, n'hésite pas à utiliser ses propres employés pour animer les pages de son catalogue produits ! Le siège social de la société, avec mobilier en kit et faux plafond qui mériteraient un rafraîchissement, est à l'image de l'aménagement dépouillé des magasins. La recette est simple mais limitée. Bricorama affiche la plus faible rentabilité opérationnelle du secteur. Et ses magasins se font tailler des croupières par les surfaces modernes et agréables des concurrents. Ainsi, malgré des ventes globales en hausse de 3,8 % l'an dernier à 566,98 millions d'euros, Bricorama a enregistré un chiffre d'affaires en retrait de 0,7 % en France, soit trois points de moins que le marché français selon les données de la Banque de France ! Par ailleurs, avec un taux d'endettement net estimé à 50 % ses fonds propres à fin 2003, le groupe dispose d'une marge de manoeuvre limitée à 60 millions d'euros. Bricorama mériterait donc de s'entourer d'un partenaire financier pour se développer, mais Jean-Claude Bourrelier, qui contrôle directement et indirectement 87 % du capital de la société, s'y refuse. En Bourse, le cours de l'action de la société fait ressortir une valeur d'entreprise égale à 0,6 fois le chiffre d'affaires et le multiple de capitalisation (PER) s'établit à seulement 12 fois les résultats estimés pour 2004. Nous étions acheteurs sous 41 euros en octobre 2003, et avons conseillé de prendre ses bénéfices au-dessus de 48 euros, qui ont été atteints le 17 février.
Kingfisher : une cible idéale pour Home Depot
> Le recentrage du groupe britannique sur le bricolage, après la cession de But et de Darty l'an dernier, a été bénéfique. En se concentrant sur ses enseignes Castorama en France et B&Q au Royaume-Uni, avec un chiffre d'affaires total de 16,5 milliards d'euros, et en fermant les entités déficitaires ou en difficulté en Allemagne et au Canada, Kingfisher a vu son résultat d'exploitation grimper de 21 % au cours du troisième trimestre 2003/2004 à périmètre constant (exercice clos le 1er février). Les résultats annuels, qui seront publiés le 17 mars, devraient s'afficher en forte hausse (environ 20 % selon nos estimations). Le recentrage du groupe lui a également permis d'assainir sa structure financière en transférant une bonne partie de ses dettes à son ancienne filiale d'électrodomestique, Kesa Electricals. Selon un porte-parole de la société, l'endettement net devrait ainsi atteindre 850 millions de livres sterling, ce qui devrait ramener le taux d'endettement du groupe à 20 % des fonds propres estimés, à 4,26 milliards de livres (6,35 milliards d'euros). En Bourse, la valorisation de la société est correcte : le multiple de capitalisation, qui atteint 22,1 fois les résultats estimés pour 2004, intègre une véritable prime de leader européen. Malgré cette prime, Kingfisher est aujourd'hui une proie idéale pour tout prédateur qui souhaiterait lancer une OPA, compte tenu de l'absence d'actionnaires de référence dans son tour de table. Si Kingfisher ne souhaite pas « commenter les spéculations du marché », le numéro un mondial du secteur, l'américain Home Depot, est plus disert. « Malgré la faiblesse du dollar par rapport à l'euro, nous étudions la possibilité d'investir en Europe », nous a confié une source proche du dossier, même si Bob Nardelli, président de Home Depot, n'a pas souhaité apporter de commentaires sur le sujet.
Mr Bricolage : le modèle de franchiseur fait recette
> Ce réseau de 481 magasins sous franchise et 79 surfaces détenues en propre est devenu le numéro trois français du secteur après avoir fusionné avec Tabur en 2002. Son modèle de franchiseur, longtemps mal perçu par les marchés financiers, a su s'imposer en Bourse. Car sa rentabilité est devenue la plus forte du secteur : 8,4 % de marge opérationnelle estimée sur l'exercice 2003, pour un chiffre d'affaires de 480,1 millions d'euros l'an dernier, en hausse de 8,8 %. Mr Bricolage doit avant tout ses performances aux ventes réalisées par sa centrale d'achats, qui fournit les magasins sous franchise des enseignes Mr Bricolage et Catena (marque issue du rapprochement avec Tabur). Celles-ci ont grimpé de 34,7 % et représentent aujourd'hui 28,7 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe. Cette activité renferme notamment pour près de 60 % de ventes de produits réalisées avec marge, qui contribuent de manière significative à la constitution du résultat d'exploitation du groupe, le reste étant commercialisé sans marge auprès du réseau de magasins. Mr Bricolage a été parallèlement le seul acteur à faire évoluer son format de magasins, aujourd'hui centré sur la décoration d'intérieur, et à faire évoluer en douceur son identité visuelle pour mieux coller à l'air du temps. Avec un taux d'endettement net d'environ la moitié de ses fonds propres (145 millions d'euros estimés à fin 2003), le groupe ne dispose cependant pas à l'heure actuelle d'une marge de manoeuvre financière suffisante pour effectuer une nouvelle acquisition d'envergure. En Bourse, toutes les qualités de la société ont été prises en compte. Avec une valeur d'entreprise représentant 0,8 fois le chiffre d'affaires, la société est correctement valorisée avec, de surcroît, un multiple de capitalisation de 17,7 fois les résultats estimés pour 2004. La valeur ne comporte pas d'autre atout : le rendement global de l'action plafonne à 2,3 % sur la base de son cours actuel.
