ETABLISSEMENTS NICOLAS

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« La société n'est pas cotée en Bourse », explique un représentant de la célèbre enseigne spécialisée dans la distribution de vin et créée en 1822. Inscrite au Marché Libre de la Bourse de Paris (ex-Hors Cote des années soixante-dix), elle est effectivement dispensée de toutes les obligations d'information incombant aux sociétés cotées sur le marché officiel, mais publie des comptes réguliers, d'ailleurs très honorables. Avec un bénéfice net de plus de 8 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires stable de 204 millions d'euros, enregistrés en 2003, les performances des ETABLISSEMENTS NICOLAS passent plutôt inaperçues. Selon Jacques Duley, directeur général de NICOLAS, quatre nouveaux magasins auraient été ouverts en 2003, ce qui porte le nombre total de points de vente à 430 (50 % à Paris, 50 % en province), dont 410 magasins détenus en direct. « Il existe une vingtaine de franchises, que nous rachetons peu à peu dans les cas de transmission de bail, départ à la retraite ou cessation d'activité », a précisé le dirigeant.
Par ailleurs, avec un dividende net de 24,77 euros par action versé aux détenteurs d'actions le 15 juillet dernier pour le compte de l'exercice 2002, qui a porté le taux de distribution du résultat à plus de 92 %, le rendement global de cette valeur dépasse aujourd'hui 8 %. Il s'agit d'une véritable pépite, qu'il faut donc tenter de placer en portefeuille.
Mais l'exercice risque d'être très délicat à entreprendre. Détenu à 98 % par Castel Frères, holding familiale de la famille Castel (le premier groupe de distribution de vin en France et le troisième mondial du secteur avec plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires), qui a racheté les ETABLISSEMENTS NICOLAS en 1988 au groupe Rémy Martin, le capital de NICOLAS affiche en effet un flottant de moins de 2 % du capital. Avec des échanges quotidiens réduits à leur plus simple expression (seulement deux ou trois actions changent de mains chaque jour), les acheteurs devront prendre leur mal en patience avant de pouvoir posséder des titres. Parallèlement, ils devront composer avec l'extrême discrétion de la direction de la société, qui se contente du strict minimum légal en matière de communication financière. Elle a ainsi refusé de nous faire parvenir le rapport annuel de la société, arguant que le document selon Jacques Duley « est offert aux actionnaires qui se déplaceront à l'assemblée générale, prévue en mai-juin prochain, ou par courrier s'ils en font la demande ». La société est si opaque qu'elle ne publie pas au Balo (Bulletin des annonces légales obligatoires) ses comptes annuels. Elle n'y est pas contrainte, étant inscrite sur un marché non réglementé.
Pierre Castel, patriarche détenteur de la majorité des actions de Castel Frères, nous a toutefois apporté toutes les précisions souhaitées. Il s'est ainsi engagé à proposer à l'assemblée générale des actionnaires qui se réunira fin mai ou début juin prochain le versement de 92 % du résultat net obtenu sur l'exercice 2003, soit 30,6 euros par action. Au cours actuel, le rendement global de l'action sera ainsi porté à 9,2 %. La famille Castel tient tellement à sa discrétion qu'elle est en permanence prête à racheter des actions de la société NICOLAS afin de pouvoir à terme la retirer de la cote. Elle avait déjà tenté de racheter des actions il y a deux ans, mais l'opération n'avait pas obtenu le succès escompté. NICOLAS n'avait donc pu être retiré du Marché Libre. « Je m'engage à acheter les actions des porteurs qui en feraient la demande avec une prime significative, nous a déclaré Pierre Castel. Le prix d'acquisition est confidentiel. Toute négociation s'effectuera au cas par cas. » Selon nos estimations, la société, qui est valorisée aujourd'hui à 119,5 millions d'euros en Bourse, vaut au mois trois fois plus. D'une part, sa trésorerie nette a été supérieure à 22,5 millions d'euros en 2003 selon Pierre Castel, soit 93,7 euros par action. D'autre part, NICOLAS est propriétaire des pas-de-porte de ses 410 magasins, qui valent « entre 200.000 euros pour les plus mauvais jusqu'à parfois plus de 1 million d'euros » affirme Pierre Castel. Sur la base d'un prix moyen de 600.000 euros le pas- de-porte, le patrimoine commercial de NICOLAS peut être évalué à 246 millions d'euros. Selon nos estimations, des activités installées en plein centre des grandes villes françaises, ajoutées à une structure financière solide, sont généralement valorisées à une fois son chiffre d'affaires. Si l'on additionne la trésorerie et la valeur des pas-de-porte, NICOLAS vaut aujourd'hui un minimum de 300 millions d'euros, c'est-à-dire 1.250 euros par action, soit plus de deux fois le cours de Bourse actuel ! Interrogé sur cette évaluation, Pierre Castel nous a simplement déclaré que « toutes les actions proposées seront rachetées ». En conséquence, nous conseillons de tenter de placer des titres en portefeuille, même si l'exercice sera difficile compte tenu du peu d'échanges quotidiens constatés sur la valeur. Il faut, par la suite, ne pas hésiter à négocier au cas par cas la revente de ses actions directement auprès de la famille Castel. Dans cette attente, le rendement global 2003 estimé du titre, qui dépasse 9 %, assure des revenus confortables.
Marché ML ; code FR0004023687 (MLNIO) ; cotation Fixing ; cours au 26/01 497,5 #euro; (3.263 F) ; cours extrêmes sur un an 351-499 #euro; ; BNPA 2002, 2003 et 2004 estimés 26,96, 24,98 et 27,06 #euro; ; PER 2002, 2003 et 2004 estimés 18,4, 19,9 et 18,3 fois ; rendement global 8,1 % ; moyenne quotidienne des transactions NS ; capitalisation boursière 108 M#euro; ; activité principale Distribution de vin.
