Archives Journal des Finances

Le retour des OPA a donné un coup de fouet à la Bourse

03/01/2004 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

-

 

Il aura fallu attendre le 13 juillet, date du lancement d'une offre sur Pechiney par Alcan, pour que le marché parisien se remette à croire aux OPA.

Cette offensive à rebondissement, qui s'est finalement traduite par une belle plus-value pour les actionnaires du groupe d'aluminium français (+ 44 % par rapport au dernier cours avant l'annonce), a marqué le début d'une vague d'opérations dont l'issue n'a pas toujours été à la hauteur des attentes des minoritaires. Citons par exemple les cas de Grandvision qui n'a pas pu rejoindre le giron de PAI Partners, faute d'une prime suffisante, ou plus récemment de Groupe Gascogne, que la société EEM cherche à rafler à trop bon compte. L'offre du Crédit Foncier de France sur Entenial est à peine plus convaincante, même si elle se traduit par une prime instantanée de 12 %. Pour autant, le mouvement semble enclenché et a de bonnes raisons de se poursuivre si la croissance économique est de retour. Le contexte morose expliquait jusque-là la timidité des entreprises en mal de croissance externe. Mais de nombreuses velléités pourraient s'éveiller dans tous les secteurs. Dans les services informatiques, on a vu Cap Gemini Ernst & Youg s'emparer de Transiciel, tandis que dans l'immobilier, Sophia a fait l'objet d'une bataille acharnée entre la Société Foncière Lyonnaise et General Electric. La foncière française a fini par rendre les armes laissant la voire libre à l'investisseur américain qui pourra acquérir Sophia au prix fort (41 euros par action). La tendance récente est marquée par le dynamisme des fonds d'investissements qui profitent de leurs abondantes liquidités et de valorisations boursières encore raisonnables pour s'offrir de belles sociétés décotées (c'est ainsi que FPEE Industries et Mécatherm devraient bientôt quitter la cote). Cela explique la recrudescence des offres en numéraire, alors que, il y a trois ans, les échanges de titres étaient monnaie courante. Parmi les sociétés pouvant changer de contrôle au cours des prochains mois, citons GFI Informatique, Du Pareil Au Même, Club Méditerranée, Société Générale ou encore Vivendi Universal.

par BRUNO KUS